Deux nouveaux ouvrages viennent enrichir le paysage littéraire français ce printemps. Selon Franceinfo – Culture, David Foenkinos publie *Je suis drôle* chez Gallimard, tandis qu’Adèle Fugère signe *Mimi en bois*, aux éditions Buchet-Chastel. Ces deux récits, aux tonalités distinctes, interrogent des émotions universelles à travers des destins personnels.
Ce qu'il faut retenir
- Le nouveau roman de David Foenkinos, *Je suis drôle*, explore l’obsession contemporaine de l’humour et du rire comme phénomène social.
- L’auteur explique s’être inspiré de l’énergie collective autour des réseaux sociaux et des vidéos drôles pour écrire ce texte.
- Dans *Mimi en bois*, Adèle Fugère aborde la perte d’un proche avec délicatesse, à travers le regard d’un adolescent de 13 ans.
- L’ouvrage d’Adèle Fugère met en scène le deuil silencieux d’un enfant confronté à la disparition de sa grand-mère.
- Ces deux publications s’inscrivent dans la continuité des thèmes chers aux auteurs : fragilité des existences pour Foenkinos, et transmission pour Fugère.
Un roman sur l’humour comme miroir d’une société
Pour David Foenkinos, *Je suis drôle* est né d’une observation : celle d’une époque où le rire et l’envie de divertir semblent omniprésents. Comme il l’explique à Franceinfo – Culture, le livre s’ancre dans ce « constat de voir à quel point on est dans une époque soumise au risible, au rire, à l’envie d’être drôle ». Avec ce texte, l’écrivain prolonge sa réflexion sur les destins fragiles, déjà explorée dans ses précédents travaux. L’humour y devient à la fois un langage et un refuge.
L’auteur précise que son inspiration puise dans les dynamiques collectives actuelles : « On voit tous les jeunes qui postent sur les réseaux des vidéos drôles. Actuellement, c’est vraiment une énergie collective de vouloir monter sur scène, de vouloir créer une émotion chez l’autre. » Pour Foenkinos, l’écriture de ce roman répondait donc à une envie ancienne, celle de décrypter ce phénomène social par la fiction.
« À l'origine de mon livre, il y a ce constat de voir à quel point on est dans une époque soumise au risible, au rire, à l'envie d'être drôle. »
Le deuil vu à travers les yeux d’un adolescent
De son côté, Adèle Fugère publie *Mimi en bois*, un récit qui aborde la mort avec une grande pudeur. Le roman s’ouvre sur une scène aussi simple que poignante : la disparition d’une grand-mère, « Mémé », un mercredi, alors qu’elle laisse une tarte aux pommes inachevée. Cette dernière, « vedette » de ses desserts grâce à une touche de rhubarbe, incarne une présence chaleureuse et rassurante. Son absence crée un « séisme silencieux » dans la vie du narrateur, un garçon de 13 ans.
L’autrice dépeint avec tendresse le bouleversement qui s’ensuit, notamment chez le grand-père, « Pépé », dont l’équilibre vacille comme si une moitié de lui-même avait disparu avec Mémé. Le récit évite toute brutalité : la mort y est évoquée avec poésie et délicatesse, à hauteur d’enfant. Pour Franceinfo – Culture, ce texte « parle de la mort, mais sans aucune brutalité, avec beaucoup de pudeur, de tendresse et de poésie ».
Deux visions complémentaires de l’émotion humaine
Si les deux romans diffèrent par leur sujet, ils partagent une même volonté de saisir l’humain dans sa complexité. David Foenkinos, connu pour ses explorations des trajectoires contrariées, s’empare ici d’un thème contemporain, celui de la quête de reconnaissance par le rire. À l’inverse, Adèle Fugère se tourne vers un registre plus intime, celui du deuil et de la résilience familiale.
Pour autant, ces œuvres ne se contentent pas de décrire des émotions : elles les incarnent à travers des personnages attachants et des situations concrètes. Foenkinos, à travers l’humour, interroge les mécanismes de la société, tandis que Fugère, par la fiction, offre une médiation sur la perte et le souvenir. Deux approches qui, chacune à leur manière, rappellent la puissance de la littérature pour éclairer le monde.
Ces deux œuvres s’inscrivent dans un paysage littéraire où la diversité des voix et des récits continue de s’imposer. Alors que Foenkinos confirme son statut d’auteur incontournable de la scène française, Fugère, avec *Mimi en bois*, affirme son talent pour croquer l’émotion pure. Deux livres, deux regards, une même ambition : celle de toucher le lecteur par la justesse de leur ton.
David Foenkinos a souvent exploré des thèmes comme la fragilité des existences, les trajectoires contrariées ou encore la quête de sens à travers des personnages en marge de la société. Ses romans, souvent marqués par une écriture fluide et des intrigues centrées sur des destins individuels, mêlent humour et mélancolie.
Oui, Adèle Fugère a publié plusieurs romans, notamment *Les Lendemains*, qui avait été salué par la critique pour sa sensibilité et son style poétique. Elle s’impose progressivement comme une voix importante de la littérature contemporaine française.