À 38 ans, Amanda Molenaar incarne une génération de Français ayant construit leur vie à l’étranger. Selon Courrier International, cette ancienne diplomate a passé près de deux décennies entre Buenos Aires, Brasilia, Rio de Janeiro et Londres, où elle a vécu des expériences professionnelles, personnelles et des épreuves qui ont façonné son parcours. Aujourd’hui reconvertie en coach de vie spécialisée pour les expatriés, elle partage une vision pragmatique de l’appartenance et de l’ancrage dans un monde globalisé.

Son histoire, racontée au Business Insider, illustre les défis et les opportunités de l’expatriation. Entre burn-out, évolutions de carrière, rencontres amoureuses, pandémie et pertes personnelles, elle a appris à naviguer entre des vies qui lui ressemblent, transformant cette expérience en une expertise au service des autres.

Ce qu'il faut retenir

  • Amanda Molenaar, 38 ans, a vécu dans quatre villes étrangères (Buenos Aires, Brasilia, Rio et Londres) avant de se reconvertir en coach pour expatriés.
  • Son parcours inclut un burn-out, une évolution professionnelle, des ruptures amoureuses, la pandémie de Covid-19 et le décès d’un ami, selon Courrier International.
  • Elle a travaillé comme diplomate avant de se lancer dans le coaching de vie, un métier qu’elle exerce aujourd’hui pour accompagner les expatriés.
  • Son approche repose sur l’idée que l’appartenance ne se limite pas à un lieu, mais se construit à travers des choix de vie multiples.
  • Elle conseille aux expatriés de devenir leur « propre point d’ancrage » pour garder le cap dans un monde globalisé.

Un parcours marqué par le déracinement et la résilience

À seulement 19 ans, Amanda Molenaar quitte la France pour s’installer en Amérique du Sud, une décision qui va définir son existence. « Cela a impliqué beaucoup de changements – et un certain déracinement permanent – durant les années qui ont façonné ma vie d’adulte », confie-t-elle aujourd’hui à Courrier International. Son installation successive à Buenos Aires, Brasilia, Rio de Janeiro et Londres n’a pas été un simple parcours professionnel ou académique, mais une succession de transformations personnelles.

Entre ses études et sa carrière de diplomate, elle a traversé des épreuves majeures : un burn-out, des ruptures amoureuses, la perte d’un ami proche, et bien sûr, les bouleversements induits par la pandémie de Covid-19. Autant dire que son expérience n’a rien eu de linéaire. Pourtant, c’est précisément cette accumulation de défis qui a forgé sa vision de l’expatriation. « Tous les lieux visités et habités ont façonné l’identité d’Amanda Molenaar », souligne l’article, mettant en lumière l’impact durable des déplacements géographiques sur la construction de soi.

L’expatriation, une remise en question permanente

Pour Amanda Molenaar, l’expatriation n’est pas qu’une question de distance physique avec son pays d’origine. C’est aussi, et surtout, une remise en question permanente de ce qui définit notre place dans le monde. « J’ai compris que pour moi la question n’est pas ‘où est ma place ?’ mais plutôt : ‘comment choisir entre des vies qui me ressemblent toutes ?’ », explique-t-elle. Une interrogation qu’elle a maintes fois entendue chez les expatriés qu’elle accompagne aujourd’hui.

Son parcours montre que l’expatriation modifie profondément la conception de l’appartenance. Le mal du pays, souvent évoqué, n’est pas toujours le principal défi. « Pour beaucoup, le défi n’est pas tant le mal du pays que l’apprentissage d’une vie qui ne se déroule plus dans un seul lieu », précise-t-elle. Cette vision s’oppose aux représentations traditionnelles de l’expatriation, où l’on cherche à recréer un chez-soi à l’identique dans un nouvel environnement. Pour elle, il s’agit plutôt d’accepter une existence plurielle, où chaque lieu contribue à façonner une identité complexe et mouvante.

Du service diplomatique au coaching : une reconversion naturelle

Après une carrière au sein de la diplomatie, Amanda Molenaar a choisi de mettre son expérience au service des autres, en devenant coach de vie spécialisée pour les expatriés. Cette transition reflète une prise de conscience : son parcours, bien que semé d’embûches, lui a permis de développer des outils pour aider ceux qui vivent des situations similaires. Son approche ? Aider les expatriés à trouver leur propre équilibre dans un monde où les frontières géographiques s’estompent.

Son conseil central est simple : « être son propre point d’ancrage ». Une formule qui résume sa philosophie : plutôt que de chercher à reproduire un environnement familier à l’étranger, il s’agit d’apprendre à se fier à ses propres ressources intérieures pour naviguer dans l’incertitude. Cette idée trouve un écho particulier à une époque où la mobilité internationale s’accélère, et où de plus en plus de professionnels vivent entre plusieurs pays.

Et maintenant ?

Alors que l’expatriation devient une norme pour de nombreux actifs, des initiatives comme celle d’Amanda Molenaar pourraient gagner en visibilité. Le Courrier Expat, lancé en avril 2016, illustre cette tendance en offrant aux Français à l’étranger des ressources adaptées à leur mode de vie. Ce média, qui combine informations pratiques et dimension communautaire, pourrait voir son audience croître avec l’augmentation des candidats à l’expatriation.

Pour les prochains mois, on peut s’attendre à ce que les questions liées à la santé mentale des expatriés, déjà mises en avant par la pandémie, restent au cœur des débats. Des formations comme celles proposées par Amanda Molenaar pourraient ainsi devenir un complément essentiel aux dispositifs traditionnels d’accompagnement.

Si son parcours personnel a été marqué par des épreuves, Amanda Molenaar en a tiré une expertise qui répond à un besoin croissant. Son message aux expatriés est clair : l’adaptation est un processus continu, mais c’est aussi une source d’enrichissement. À l’heure où les frontières s’effacent, son histoire rappelle que l’appartenance peut se construire bien au-delà des territoires.

Selon Amanda Molenaar, les défis ne se limitent pas au mal du pays. Ils incluent l’adaptation à un nouveau mode de vie, la gestion de la distance avec ses proches, et surtout, la construction d’une identité qui intègre plusieurs cultures et lieux de vie. La pandémie a également ajouté une couche de complexité en imposant des restrictions de déplacement et en isolant davantage les expatriés.