« C’est zéro de chiffre d’affaires, personne ne va nous indemniser », s’indigne Thierry Marx, président de l’UMIH Île-de-France, face aux conséquences économiques des débordements liés aux célébrations du titre du PSG en Ligue des champions. Selon BFM - Faits Divers, cette situation met en lumière l’absence de mesures d’accompagnement pour les professionnels de la restauration, particulièrement exposés lors des rassemblements festifs.

Ce qu'il faut retenir

  • Thierry Marx, président de l’UMIH Île-de-France, dénonce l’absence d’indemnisation pour les restaurateurs après les débordements des célébrations du PSG.
  • Les débordements ont entraîné des pertes financières « massives » pour les commerces de la région parisienne, selon les professionnels du secteur.
  • Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a confirmé que 71 communes ont été touchées par des rassemblements festifs ayant causé des incidents.
  • Près de 100 000 personnes étaient attendues sur les Champs-de-Mars pour la parade victorieuse du PSG.
  • Le dispositif de sécurité mis en place a conduit à 312 gardes à vue, dont 87 mineurs, selon le parquet de Paris.

Les célébrations consécutives à la victoire du PSG en Ligue des champions, samedi 30 mai 2026, ont laissé des traces bien au-delà des images de liesse. Pour les professionnels de la restauration en Île-de-France, l’heure est aux comptes d’apothicaire, mais surtout à l’amertume. Thierry Marx, chef étoilé et figure médiatique du secteur, a vivement réagi ce lundi 1er juin sur les antennes de BFM - Faits Divers, évoquant un bilan économique désastreux pour une profession déjà fragilisée par la crise sanitaire et l’inflation. « Nos commerces ont été pris pour cible par des groupes organisés qui ont tout saccagé. Résultat : des pertes colossales et aucun soutien à l’horizon », a-t-il déploré, précisant que les assurances refusent souvent de couvrir ce type de dommages en raison de l’absence de « risques avérés ».

La situation est d’autant plus critique que les restaurateurs franciliens n’ont bénéficié d’aucun dispositif d’indemnisation spécifique, contrairement à d’autres secteurs touchés par des crises ponctuelles. « On nous demande de faire preuve de résilience, mais comment tenir quand on part de zéro ? », s’interroge le président de l’UMIH Île-de-France. Ce syndicat, qui représente près de 25 000 établissements en Île-de-France, avait pourtant alerté les autorités locales et nationales en amont des célébrations. Une mise en garde restée sans écho, si ce n’est des mesures sécuritaires classiques, jugées insuffisantes a posteriori.

Des pertes estimées à plusieurs millions d’euros

Si Thierry Marx n’a pas communiqué de chiffres précis, plusieurs restaurateurs interrogés par BFM - Faits Divers évoquent des pertes journalières comprises entre 5 000 et 20 000 euros pour les établissements situés à proximité des Champs-de-Mars ou des Champs-Élysées. Les vitrines brisées, les terrasses vandalisées et les interruptions de service prolongées ont eu un impact immédiat sur le chiffre d’affaires. « Certains collègues ont dû fermer pendant 48 heures pour nettoyer et réparer. Sans clients ni indemnités, comment survivre ? », s’interroge un gérant du 8e arrondissement parisien, sous couvert d’anonymat.

Les professionnels pointent également du doigt l’absence de coordination entre les forces de l’ordre et les commerçants. « On a vu des groupes de casseurs passer sans être inquiétés, alors que nos propres caméras de surveillance enregistraient leurs actions. À qui la faute ? », s’insurge un membre de l’UMIH. Les images des débordements, largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent des scènes de pillages et d’affrontements avec les forces de l’ordre, notamment dans le quartier des Champs-Élysées. Selon les autorités, ces incidents ont mobilisé plus de 10 000 policiers et gendarmes sur l’ensemble du territoire francilien.

Un ministre de l’Intérieur sous le feu des critiques

Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a reconnu l’ampleur des débordements lors d’une conférence de presse tenue dimanche soir. « Dans 71 communes, les rassemblements festifs ont entraîné un certain nombre de débordements », a-t-il indiqué, sans évoquer explicitement les indemnisations. Interpellé par la presse sur la gestion de ces événements, il a défendu le dispositif sécuritaire mis en place, tout en reconnaissant des « failles » dans la coordination entre les différentes forces de l’ordre. « Nous répondrons avec la même fermeté lors de la parade sur les Champs-de-Mars », a-t-il assuré, en référence à l’événement prévu ce mardi 2 juin pour célébrer le titre du PSG.

Cette parade, attendue par près de 100 000 supporters selon la préfecture de police, s’annonce comme un nouveau défi logistique et sécuritaire. Les autorités ont d’ores et déjà annoncé un renforcement des effectifs, avec des barrages préventifs et des restrictions d’accès aux principaux axes parisiens. « Empêcher l’accès aux Champs-Élysées, c’est une fausse bonne idée », a réagi la maire du 8e arrondissement, Anne Hidalgo, soulignant que cela risquait de concentrer les festivités sur d’autres zones déjà saturées. Une critique que le ministre de l’Intérieur a balayée d’un revers de main, insistant sur la nécessité de « canaliser les flux pour éviter de nouveaux débordements ».

Et maintenant ?

La question des indemnisations pourrait revenir sur le devant de la scène dans les prochaines semaines. L’UMIH Île-de-France a annoncé qu’elle allait déposer un recours auprès de la préfecture pour demander une reconnaissance de l’état de catastrophe économique locale. Une démarche qui, si elle aboutit, pourrait ouvrir la voie à des aides exceptionnelles. Par ailleurs, une commission parlementaire devrait être créée dans les prochains jours pour évaluer la gestion des grands événements festifs en France, avec un rapport attendu pour l’automne 2026. Enfin, les restaurateurs de la capitale appellent à une réunion d’urgence avec la mairie de Paris et la région Île-de-France dès ce jeudi 4 juin, afin de discuter des mesures concrètes de soutien.

Alors que la fête du football continue de faire vibrer les supporters, ses retombées économiques et sociales interrogent. Pour Thierry Marx et ses collègues, une chose est sûre : « Le PSG a gagné un titre, mais ce sont les commerçants qui paient la facture. »

Pour être indemnisé, un commerçant doit généralement prouver que les dommages sont couverts par une assurance « catastrophes naturelles » ou « événements exceptionnels ». Cependant, la plupart des contrats excluent les pertes liées à des émeutes ou des actes de vandalisme spontanés. L’UMIH Île-de-France travaille actuellement à la création d’un fonds de solidarité spécifique, mais aucune solution n’a encore été validée par les autorités.

La mairie de Paris n’a pas encore communiqué de mesures spécifiques pour les commerces touchés par les débordements. Une réunion est prévue jeudi 4 juin avec les représentants des restaurateurs et des commerçants, mais aucun détail n’a filtré pour l’instant. Les élus locaux devraient évoquer des aides ponctuelles, comme des reports de charges ou des subventions de nettoyage, mais rien n’est confirmé.