L’édile historique d’Issy-les-Moulineaux, André Santini, s’est éteint dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 85 ans, selon Le Figaro – Politique. Surnommé le « maire bâtisseur », il avait dirigé la commune depuis 1980, en y imprimant une transformation urbaine et sociale majeure, devenant ainsi l’un des élus locaux les plus influents des Hauts-de-Seine.

Ce qu'il faut retenir

  • André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 46 ans (1980-2026), est décédé à 85 ans dans la nuit du 1er au 2 juin 2026.
  • Il était connu pour son humour politique, décrochant plusieurs prix de l’humour, mais aussi pour son engagement sans faille envers sa ville.
  • Né le 20 octobre 1940 en Corse, il a métamorphosé Issy-les-Moulineaux en une ville moderne et dynamique.
  • Malgré une santé déclinante, il avait annoncé sa candidature pour un neuvième mandat en début d’année, démontrant son attachement viscéral à la commune.

Un mandat de près d’un demi-siècle

André Santini avait pris les rênes de la mairie d’Issy-les-Moulineaux en 1980, à 39 ans, et ne les avait plus quittées depuis. Son nom reste indissociable de la transformation radicale de cette ville limitrophe de Paris. Sous son impulsion, Issy-les-Moulineaux est passée d’une cité industrielle en déclin à une commune résidentielle et tertiaire, marquée par des projets urbains ambitieux comme les docks d’Issy ou le développement des activités high-tech. « Il a fait d’Issy-les-Moulineaux une vitrine de la modernité en Île-de-France », souligne un élu local cité par Le Figaro – Politique.

Son engagement était tel qu’il refusait de s’éloigner de la ville, même pendant les vacances estivales. « Même en été, il ne quittait pas Issy », rapporte un proche interrogé par le quotidien. Cette fidélité s’étendait à son exigence envers lui-même comme envers les autres, faisant de lui un maire à la fois respecté et redouté pour son intransigeance.

Humour et sérieux : le double visage d’un élu atypique

Si André Santini était connu du grand public pour ses bons mots et son humour corse, son image publique occultait souvent l’ampleur de son travail d’élu. Il avait notamment reçu à plusieurs reprises le prix de l’humour politique, récompensant ses saillies cinglantes. En 1989, il avait par exemple déclaré : « Saint Louis rendait la justice sous un chêne, Pierre Arpaillange la rend comme un gland », visant le garde des Sceaux de François Mitterrand, Pierre Arpaillange.

Pourtant, derrière cette façade comique se cachait un homme profondément sérieux, investi corps et âme dans sa mission. « Peu d’élus ont exercé leur mandat avec un tel sérieux », note Le Figaro – Politique. Son parcours illustre cette dualité : un tempérament de bateleur, mais une rigueur administrative et une vision politique qui ont marqué plusieurs générations d’Isséens.

Un dernier engagement teinté de passion

Alors que sa santé s’était dégradée ces derniers mois, entraînant de longues hospitalisations, André Santini avait surpris ses proches en annonçant, début 2026, sa candidature pour un neuvième mandat. Une décision qui interrogeait : caprice, coquetterie, ou ultime preuve d’amour pour la ville qui avait structuré sa vie ?

Pour lui, il n’y avait pas de mystère : « Issy-les-Moulineaux, c’est ma vie », avait-il confié à quelques intimes. Selon ses proches, cette candidature était avant tout un acte de défiance face à la maladie, une manière de réaffirmer son attachement indéfectible à la commune. Il souhaitait même, selon ses dernières volontés, que ses obsèques se déroulent « ceint de son écharpe de maire » et au bord de la Seine, symbole de son attachement à la ville.

Et maintenant ?

La disparition d’André Santini laisse un vide politique à Issy-les-Moulineaux, où son héritage reste immense. La prochaine échéance électorale, les municipales de 2026, pourrait voir s’affronter plusieurs candidats pour lui succéder. Les proches du défunt évoquent déjà des noms, mais aucun successeur naturel ne semble se détacher clairement. La question de la transmission de son héritage politique et urbain reste entière.

Un héritage qui dépasse les frontières d’Issy

André Santini était également une figure reconnue au-delà des limites de sa commune. Son influence s’étendait aux Hauts-de-Seine, où il était considéré comme l’un des maires les plus expérimentés et respectés. Son nom était régulièrement cité dans les débats sur la gestion des villes françaises, notamment pour ses méthodes innovantes en matière de rénovation urbaine et de développement économique local.

Ses détracteurs lui reprochaient parfois un style autoritaire ou un manque de concertation, mais ses partisans saluaient une vision claire et une capacité à mener des projets d’envergure. « Il avait cette capacité rare à voir loin et à agir sans attendre », explique un urbaniste ayant travaillé avec lui dans les années 1990.

Les hommages s’enchaînent

Dès l’annonce de son décès, les hommages ont afflué. Les responsables politiques locaux et nationaux ont salué la mémoire d’un homme qui avait marqué plusieurs décennies de vie publique. Le président de la République, dont André Santini avait soutenu la candidature en 2022, a exprimé sa « profonde tristesse » et salué « un grand serviteur de l’État et des collectivités locales ».

Du côté des Hauts-de-Seine, le président du département, Patrick Devedjian, a rendu hommage à « un maire visionnaire qui a su faire d’Issy-les-Moulineaux un modèle de dynamisme ». Même les opposants politiques locaux ont reconnu son bilan, tout en soulignant les désaccords passés. « On peut ne pas partager ses méthodes, mais force est de reconnaître qu’il a changé la ville », a déclaré un conseiller municipal d’opposition.

À ce stade, aucun successeur n’a été officiellement désigné. Plusieurs noms circulent, notamment parmi les adjoints actuels ou d’anciens collaborateurs de Santini, mais aucune candidature n’a encore été officialisée pour les élections municipales de 2026.

Parmi les réalisations les plus emblématiques figurent la reconversion des docks d’Issy en écoquartier, le développement du parc des expositions Paris Expo Porte de Versailles à proximité, et la création d’un pôle high-tech avec l’implantation de nombreuses start-up et sièges sociaux d’entreprises.

André Santini laisse derrière lui une ville profondément transformée et une génération d’élus locaux qui, pour beaucoup, ont été formés à son école. Son décès marque la fin d’une époque, mais aussi le début d’une nouvelle phase pour Issy-les-Moulineaux, où l’ombre de son « bâtisseur » planera encore longtemps.