Une équipe de l'Inrap, l'Institut national de recherches archéologiques préventives, a réalisé une découverte inédite à Auxerre, dans l'Yonne, selon Franceinfo - Culture. Des fouilles préventives sur un chantier ont permis de mettre au jour une nécropole datant des 2e et 3e siècles avec 260 sépultures appartenant à des bébés voire des fœtus.
Cette découverte a été présentée mardi 3 novembre par l'Inrap. Les corps de ces très jeunes enfants, en excellent état de conservation, permettent d'analyser des gestes funéraires anciens. Dans ces aires funéraires, « des espaces peuvent être dédiés aux très jeunes enfants, les mort-nés et individus âgés de quelques mois, dont le taux de mortalité est élevé à cette période », précise l'Inrap.
Ce qu'il faut retenir
- 260 sépultures de bébés ont été découvertes à Auxerre.
- Les sépultures datent des 2e et 3e siècles.
- Les corps sont en excellent état de conservation.
- Les gestes funéraires anciens peuvent être analysés grâce à cette découverte.
Le contexte de la découverte
En France, quand on démarre un chantier, la loi oblige à vérifier par des fouilles préventives rapides qu'il n'y a pas de vestiges d'intérêt dans le sol. À Auxerre, c'est à côté de la tour de l'Horloge et de l'Hôtel de Ville, que cette découverte a eu lieu sur une place qui a subi des travaux pour être végétalisée. Il s'agit d'un site unique de l'Empire romain, sur une toute petite surface, 45 m2.
Les fouilles ont permis de découvrir des tombes élaborées pour les bébés, avec des pots en céramique, des cercueils de bois et même des fleurs dans les tombes. « On les traite soigneusement, on va vraiment en prendre soin pour construire des tombes élaborées dans certains cas », a déclaré Carole Fossurier, archéo-anthropologue à l'Inrap.
Les implications de la découverte
Les chercheurs se sont posé la question de savoir ce qu'il y avait dans les pots vides. « Dans certains cas, on a pu mettre en évidence des traces d'ADN ancien humain et qui laissent penser que ces céramiques avaient contenu ou des bébés nés trop précocement ou alors d'autres tissus de type placenta », a expliqué Céline Bon, spécialiste de paléo-génomique au muséum national d'histoire naturelle.
Les résultats de l'analyse de l'ADN ancien ont révélé la présence dans la céramique de bactéries susceptibles d'entraîner des fausses couches. Le « très bon état de conservation » de ces sépultures « offre aux archéologues une occasion rarissime d'observer les gestes funéraires destinés à cette population singulière », affirme l'Inrap.
La découverte de ces 260 sépultures de bébés à Auxerre est une avancée majeure dans la compréhension de l'histoire de l'Empire romain et des pratiques funéraires anciennes. Les prochaines étapes de la recherche seront cruciales pour élucider les mystères entourant cette découverte.