Un couple âgé de 32 ans a été placé en garde à vue ce mercredi 29 juillet à Orange (Vaucluse), après la découverte d’ossements pouvant appartenir à cinq nourrissons dans leur appartement, selon BFM - Faits Divers. Les faits se sont produits dans un passage discret du centre historique de la ville, à quelques centaines de mètres seulement du Théâtre antique, un lieu pourtant réputé pour sa tranquillité. La découverte, réalisée lundi 27 juillet en fin de journée, a plongé le voisinage dans un profond désarroi, alors que le couple était jusqu’alors perçu comme une famille ordinaire.
Ce qu'il faut retenir
- Des ossements pouvant être ceux de cinq nourrissons ont été retrouvés dans un appartement d’Orange (Vaucluse) le lundi 27 juillet 2026.
- Un couple de 32 ans a été placé en garde à vue pour « meurtre sur mineurs de moins de 15 ans ».
- La jeune femme, hospitalisée après avoir accouché inopinément d’un garçon dimanche 26 juillet, était jusqu’alors inconnue des services sociaux.
- Le conjoint a alerté les autorités après avoir découvert des restes humains entreposés dans des cartons.
- Les riverains décrivent le couple comme des voisins « normaux » et souriants, sans signe apparent de maltraitance.
- Cette affaire rappelle celle d’Aurélie S. à Bédoin (Vaucluse), condamnée en mars 2026 à 25 ans de prison pour la mort de deux nourrissons.
Une découverte qui bouleverse un quartier paisible
Orange, ville du Vaucluse connue pour son patrimoine historique, est souvent décrite par ses habitants comme un « grand village ». C’est dans l’un de ses passages centraux, à deux pas du Théâtre antique, que la vie des riverains a basculé lundi dernier. Sans signe avant-coureur, une présence policière inhabituelle a attiré l’attention des voisins. « Je me suis demandé ce qu’il se passait. J’ai vu un cordon de la police scientifique et j’ai compris que quelque chose de grave venait de se produire », a témoigné Florent Jean, un riverain résidant dans le même immeuble que le couple mis en cause.
Les habitants du quartier, où « il ne se passe jamais rien d’exceptionnel », sont sous le choc. Une retraitée de 70 ans, installée depuis trente ans dans le secteur, confie n’avoir « jamais rien entendu » de particulier. Pourtant, lundi en fin d’après-midi, les véhicules de police ont envahi la rue, révélant une réalité insoutenable. « Tout le monde est en état de choc. Ça semble tellement invraisemblable… C’est monstrueux », confie une septuagénaire au micro de BFM - Faits Divers.
Un couple perçu comme « normal », des questions sans réponses
Jusqu’à cette découverte, le couple était décrit par leur entourage comme des voisins « agréables », toujours souriants. « On se disait bonjour, on échangeait quelques mots. Ils avaient l’air d’une famille comme les autres », explique Florent Jean. Depuis environ trois ans, le père partait travailler chaque matin tandis que la mère accompagnait leurs deux fils, âgés de 8 et 9 ans, à l’école. « Elle avait toujours le sourire, les enfants aussi. On n’a jamais rien remarqué d’anormal », ajoute-t-il, soulignant l’absence de signes de maltraitance.
Pourtant, dimanche 26 juillet, une scène inhabituelle s’est déroulée sous les yeux des riverains : la jeune femme, alors hospitalisée, a été prise en charge par les pompiers avec un nouveau-né dans les bras. « Je l’ai croisée il y a une semaine, elle était plate, plate, plate. C’est une fille comme ça », s’étonne Florent Jean en levant son auriculaire. Comment une grossesse aussi tardive a-t-elle pu passer inaperçue ? Comment des restes humains ont-ils pu être entreposés dans des cartons au sein d’un foyer avec deux enfants ? Autant de questions qui laissent les voisins sans réponse.
Une enquête ouverte pour « meurtre sur mineurs de moins de 15 ans »
Selon le communiqué du parquet de Carpentras, c’est le compagnon de la jeune femme qui a donné l’alerte après avoir découvert, lundi 27 juillet, des restes humains dissimulés dans des cartons. Un médecin légiste a ensuite confirmé qu’il pourrait s’agir d’un corps et d’ossements pouvant appartenir à cinq nourrissons. La jeune femme, hospitalisée depuis l’accouchement inopiné de son troisième enfant dimanche, a été entendue par les enquêteurs. Son conjoint, placé en garde à vue quelques heures après elle, affirme n’avoir eu connaissance d’aucune grossesse précédente.
L’enquête, ouverte pour « meurtre sur mineurs de moins de 15 ans », vise à déterminer les circonstances exactes de ces décès et le rôle joué par chacun des parents. Les deux enfants du couple, âgés de 8 et 9 ans, ont été confiés à des proches dans l’attente des conclusions de l’enquête. Florent Jean, bouleversé par la tournure des événements, espère que « les petits garçons et le bébé né dimanche seront correctement pris en charge ».
« Dans le centre-ville, c’est vraiment très, très calme. On a du mal à réaliser ce qui vient de se passer. »
— Florent Jean, riverain
Un passé proche marqué par des affaires similaires
Le Vaucluse n’est malheureusement pas étranger aux drames impliquant des nourrissons. En mars 2026, Aurélie S., une ancienne militaire devenue mère au foyer à Bédoin, a été condamnée à 25 ans de réclusion criminelle pour la mort de deux bébés nés en 2018 et 2019. Les corps des nouveau-nés avaient été retrouvés dans son congélateur après qu’elle ait privé les nourrissons de soins médicaux. Un verdict dont elle a fait appel, laissant planer un doute sur l’issue définitive de cette affaire.
Ces événements rappellent également l’affaire Dominique Cottrez, condamnée en 2015 à neuf ans de prison pour le meurtre de huit nouveau-nés, dont les corps avaient été enterrés dans le jardin de ses parents ou dissimulés dans son garage. Ces précédents soulignent une tendance inquiétante de néonaticides en France, souvent liés à des grossesses cachées et à un isolement extrême des mères.
Cette découverte rappelle avec force la nécessité de mieux détecter les situations de détresse psychologique, notamment chez les femmes enceintes isolées. Dans un département comme le Vaucluse, où les affaires de ce type se multiplient, les questions sur le suivi médical et social des grossesses non désirées ou cachées restent plus que jamais d’actualité.
Le couple est visé par une enquête pour « meurtre sur mineurs de moins de 15 ans », selon le communiqué du parquet de Carpentras. Cette qualification implique que les ossements retrouvés pourraient correspondre à des nourrissons décédés.