La Banque de France a recensé 70 077 défaillances d’entreprises sur les douze derniers mois à la fin mai 2026, selon BFM Business. Un chiffre en légère baisse par rapport au mois précédent, mais qui reste à un niveau « élevé » en raison d’une conjoncture économique dégradée, marquée par des chocs successifs et des incertitudes accrues. À fin mai, ce total représente une hausse de 4,4 % par rapport à la même période un an plus tôt, où 67 130 défaillances avaient été enregistrées.
Ce léger repli en mai intervient après plusieurs mois de hausse continue, mais ne suffit pas à inverser la tendance générale. La Banque de France souligne que cette situation s’inscrit dans un contexte où le tissu entrepreneurial français continue de croître, avec plus de 1,2 million d’entreprises créées sur les douze derniers mois, soit une progression de 10 % en un an, d’après les chiffres de l’Insee cités dans le rapport.
Ce qu'il faut retenir
- 70 077 défaillances enregistrées sur les douze derniers mois à fin mai 2026, en baisse de 0,3 % par rapport à avril, mais en hausse de 4,4 % sur un an.
- Le nombre de défaillances reste « élevé » en raison d’une conjoncture économique dégradée, avec des chocs successifs et des incertitudes persistantes.
- La construction est le seul grand secteur à afficher un recul (-3,2 %), tandis que l’agriculture et les services aux ménages enregistrent les plus fortes hausses.
- 70 010 PME ont fait l’objet d’une défaillance sur un an (+4,3 %), contre 67 pour les ETI et grandes entreprises (+15,5 %).
- Le nombre de créations d’entreprises atteint 1,2 million sur un an, soit une progression de 10 %.
Un léger repli en mai, mais un niveau toujours préoccupant
Après plusieurs mois de hausse, le nombre de défaillances d’entreprises en France a connu une légère baisse en mai 2026. Selon la Banque de France, 70 077 défaillances ont été recensées sur les douze derniers mois, contre 70 257 fin avril. Ce chiffre, bien qu’en recul, reste supérieur de 4,4 % à celui enregistré fin mai 2025, où 67 130 défaillances avaient été comptabilisées.
« Le nombre de défaillances est globalement stable dans la plupart des secteurs, à l’exception de ceux particulièrement touchés par la conjoncture », a indiqué l’institution. La baisse enregistrée en mai s’explique principalement par un recul dans la construction et un ralentissement dans les transports et l’entreposage. Côté taille d’entreprise, la diminution des défaillances concerne surtout les microentreprises, tandis que les autres catégories restent stables.
Des disparités sectorielles marquées
Les chiffres publiés par la Banque de France révèlent des écarts importants entre les secteurs. Le seul grand domaine à afficher un recul est la construction, avec 14 368 défaillances à fin mai, soit une baisse de 3,2 % sur un an. Dans les transports et l’entreposage, le rythme des défaillances ralentit également, passant de +8,5 % à +4,0 % en un mois, avec 3 227 entreprises concernées.
En revanche, certains secteurs enregistrent des hausses significatives. L’agriculture, la sylviculture et la pêche affichent une progression de 19,6 % sur un an, avec 1 792 défaillances. De même, les domaines de l’enseignement, de la santé, de l’action sociale et des services aux ménages voient leurs défaillances augmenter de 15,8 %, portant le total à 7 168 entreprises. « Les chocs successifs et les incertitudes accrues ont fragilisé la situation financière de certaines entreprises », explique la Banque de France.
Des PME particulièrement touchées, les ETI et grandes entreprises en hausse
Sur les douze derniers mois, 70 010 PME ont fait l’objet d’une défaillance, soit une augmentation de 4,3 % par rapport à mai 2025. Ce chiffre illustre la vulnérabilité des petites structures face à un environnement économique difficile. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les grandes entreprises, bien que moins nombreuses, voient leurs défaillances progresser de manière plus marquée : 67 entreprises concernées, en hausse de 15,5 % sur un an.
« Cette situation intervient alors que le tissu entrepreneurial continue de croître », rappelle la Banque de France. Plus de 1,2 million d’entreprises ont été créées sur les douze mois achevés fin mai, un niveau record qui contraste avec le nombre élevé de défaillances. Selon l’Insee, cette dynamique reflète une volonté persistante d’entreprendre, malgré un contexte économique incertain.
Un contexte économique toujours incertain
La persistance d’un niveau élevé de défaillances s’explique par une conjoncture économique toujours fragile. La Banque de France évoque « des chocs successifs et des incertitudes accrues » qui pèsent sur la santé financière des entreprises. Ces facteurs incluent notamment les tensions sur les coûts de production, les difficultés d’approvisionnement et un environnement réglementaire complexe.
« Les entreprises sont soumises à des pressions multiples, entre inflation, hausse des taux d’intérêt et ralentissement de la demande », analyse un économiste. Dans ce contexte, la capacité des entreprises à absorber ces chocs dépend largement de leur taille et de leur secteur d’activité. Les PME, souvent moins armées pour faire face à ces défis, restent les plus exposées.
Cette situation rappelle l’importance d’un accompagnement ciblé pour les structures les plus fragiles, notamment les PME, afin d’éviter une aggravation du nombre de défaillances dans les mois à venir. Les pouvoirs publics et les acteurs économiques devront rester vigilants face à un contexte qui, pour l’heure, ne montre pas de signes clairs de reprise durable.
Les secteurs les plus touchés sont l’agriculture, la sylviculture et la pêche (+19,6 % de défaillances sur un an), ainsi que l’enseignement, la santé, l’action sociale et les services aux ménages (+15,8 %). La construction est le seul grand secteur à afficher un recul (-3,2 %).
Cette baisse s’explique principalement par un recul des défaillances dans la construction et un ralentissement dans les transports et l’entreposage. Côté taille d’entreprise, la diminution concerne surtout les microentreprises.