Selon Euronews FR, l’Union européenne accélère ses investissements dans la défense maritime pour contrer les risques pesant sur ses infrastructures critiques. Ports, câbles sous-marins et plateformes offshore deviennent des cibles potentielles, tandis que les tensions géopolitiques, notamment avec la Russie, s’intensifient.

Ce qu'il faut retenir

  • 90 % des échanges commerciaux, des approvisionnements énergétiques et des flux de données de l’UE transitent par voie maritime.
  • En 2024, les dépenses de défense des États membres ont atteint 343 milliards d’euros, soit une hausse de 19 % sur un an.
  • En 2025, les dépenses ont bondi à 392 milliards d’euros, dont 150 milliards via le fonds SAFE dans le cadre de la feuille de route Readiness 2030.
  • La production de navires militaires a atteint 13,7 milliards d’euros en 2025, dont deux tiers de navires de haute mer.
  • La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne représentent 82 % de cette production, avec des acteurs comme Naval Group ou Fincantieri en tête des contrats à l’exportation.

Des infrastructures maritimes sous haute tension

Les routes maritimes européennes concentrent 90 % des échanges commerciaux, des livraisons d’énergie et des données numériques du continent. Autant dire que la sécurité de ces axes est devenue un enjeu stratégique. « Les menaces se multiplient », souligne Euronews FR, « allant des cyberattaques aux sabotages d’infrastructures, en passant par les tensions aux frontières et les attaques hybrides ».

La Russie, en particulier, est pointée du doigt pour ses activités de déstabilisation, notamment dans les mers Baltique et Noire. En mars 2023, Bruxelles a actualisé sa stratégie de sécurité maritime pour y répondre. Résultat : un renforcement des financements et des équipements dédiés.

Des budgets records pour une réponse musclée

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2024, les dépenses totales de défense des Vingt-Sept ont atteint 343 milliards d’euros, marquant une progression de 19 % par rapport à l’année précédente. L’achat d’équipements militaires a, quant à lui, grimpé de 39 %, signe d’une accélération sans précédent. Un an plus tard, en 2025, le budget a encore franchi un cap avec 392 milliards d’euros dépensés, dont une part majeure transite par le fonds SAFE (Security Action for Europe), doté de 150 milliards d’euros et intégré à la feuille de route Readiness 2030.

Ces investissements visent à moderniser les flottes, protéger les infrastructures critiques et anticiper les conflits hybrides. « L’objectif est clair : sécuriser les approches maritimes de l’Europe », indique Euronews FR.

La construction navale, fer de lance de la souveraineté maritime

Une part importante de ces fonds est allouée à la construction navale. En 202513,7 milliards d’euros de navires militaires, dont 66 % étaient des bâtiments de haute mer. Quatre pays se distinguent : la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, qui représentent à eux seuls 82 % de cette production.

Parmi les acteurs clés, on retrouve Naval Group (France), Fincantieri (Italie), Thyssenkrupp Marine Systems (Allemagne) et Navantia (Espagne). Ces industriels collaborent notamment au projet de corvette européenne, un navire de patrouille conçu pour les missions de surveillance et de protection. Parallèlement, ils décrochent des contrats à l’exportation majeurs, comme ceux signés avec la Norvège et l’Indonésie, pour des montants se chiffrant en milliards d’euros.

Un engagement qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu

Ces dépenses s’expliquent par un environnement international de plus en plus instable. La guerre en Ukraine a révélé la vulnérabilité des infrastructures sous-marines, tandis que les tensions en mer de Chine méridionale ou en Arctique rappellent l’importance de contrôler les espaces maritimes. « L’Europe ne peut plus se permettre de dépendre d’alliés pour sa sécurité maritime », analyse Euronews FR.

La stratégie de l’UE repose sur trois piliers : la protection des axes commerciaux, la sécurisation des câbles sous-marins – essentiels pour les communications et l’énergie – et le renforcement des capacités de dissuasion. Des exercices militaires conjoints, comme ceux menés en Méditerranée ou en Atlantique, illustrent cette volonté de coordination entre États membres.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de la capacité de l’UE à concilier rapidité des investissements et coordination entre États. La feuille de route Readiness 2030 prévoit des échéances clés d’ici 2027, notamment pour l’achèvement des premiers navires de la classe European Patrol Corvette. Par ailleurs, les discussions sur le partage des coûts et des responsabilités entre pays riverains devraient s’intensifier. Reste à voir si ces mesures suffiront à dissuader les acteurs hostiles, ou si l’Europe devra encore renforcer son arsenal.

En attendant, la question n’est plus de savoir si l’UE peut se permettre d’investir dans sa défense maritime, mais plutôt comment elle compte le faire sans alourdir davantage les budgets nationaux. Une équation complexe, dans un contexte où les menaces, elles, ne cessent de se multiplier.

Selon Euronews FR, les menaces incluent les cyberattaques, les sabotages d’infrastructures (ports, câbles sous-marins, plateformes offshore), les tensions aux frontières maritimes et les attaques hybrides. La Russie est particulièrement ciblée pour ses activités de déstabilisation en mer Baltique et en mer Noire.

La France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne représentent à elles seules 82 % de la production européenne de navires militaires, avec des acteurs comme Naval Group, Fincantieri ou Thyssenkrupp Marine Systems en première ligne.