Selon BFM Business, le déficit global des hôpitaux publics en France s’est légèrement réduit en 2025, passant à 2,1 % de leurs recettes, contre 2,7 % l’année précédente. Ce résultat, publié par la Drees le 28 juillet 2026, reste pourtant le troisième plus élevé depuis 2005, avec un déficit net de -2,3 milliards d’euros. Une amélioration qui s’inscrit dans un contexte de ralentissement des dépenses et d’une dynamique des recettes toujours positive, mais qui ne suffit pas à résoudre les défis structurels du secteur.
Ce qu’il faut retenir
- Le déficit des hôpitaux publics atteint 2,1 % de leurs recettes en 2025, contre 2,7 % en 2024, soit un déficit net de -2,3 milliards d’euros.
- Les recettes progressent de 3,6 % en 2025, tandis que les dépenses augmentent de 2,9 %, un ralentissement après les fortes hausses liées à la crise du Covid-19.
- Le résultat d’exploitation reste négatif à -1,9 % des recettes, mais s’améliore par rapport à 2024 (-2,3 %).
- La dette hospitalière s’établit à 30 milliards d’euros en 2025, soit 27,1 % des recettes, en légère baisse par rapport à 2024.
- Le ratio d’indépendance financière se dégrade, passant à 46,8 % en 2025 contre 45,7 % en 2024.
Une amélioration liée à un ralentissement des dépenses
La réduction du déficit s’explique en partie par un ralentissement des dépenses des hôpitaux publics, qui n’ont progressé que de 2,9 % en 2025, contre 3,9 % en 2024 et 6,6 % en 2023. Avant la pandémie, ces dépenses augmentaient en moyenne de 2,6 % par an entre 2005 et 2019. « Les charges d’exploitation continuent d’augmenter, mais à un rythme moins soutenu qu’en 2024, tandis que les produits progressent à un rythme similaire », expliquent les auteurs de l’étude. Le budget global des hôpitaux publics s’élève à 113,2 milliards d’euros en 2025, contre 110 milliards en 2024.
Les charges de personnel, qui représentent une part majeure des dépenses, ont également ralenti leur progression. Elles n’ont augmenté que de 3 % en 2025, soit 1,9 milliard d’euros, après une hausse de 4,1 % en 2024 (2,5 milliards). Cette modération s’explique notamment par le gel du point d’indice de la fonction publique en 2025, une mesure reconduite depuis plusieurs années. La dernière revalorisation remonte au 1er juillet 2023.
Un résultat d’exploitation toujours déficitaire, mais en amélioration
Le résultat d’exploitation des hôpitaux publics reste structurellement négatif, s’établissant à -1,9 % des recettes en 2025, soit environ -2,1 milliards d’euros. Ce chiffre marque toutefois une amélioration par rapport à 2024, où il atteignait -2,3 % (-2,5 milliards). « Le résultat exceptionnel continue d’augmenter et représente 0,6 % des recettes, soit 0,6 milliard d’euros », souligne la Drees. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis 2005.
En revanche, le résultat financier des hôpitaux publics reste négatif, à hauteur de -0,8 % des recettes, soit -900 millions d’euros. Cette situation s’explique par le poids des intérêts liés aux emprunts contractés par les établissements. La Drees précise que ce poste reste « structurellement négatif », sans amélioration significative par rapport à 2024.
Une dette toujours élevée, malgré une légère baisse
La dette des hôpitaux publics s’élève à 30 milliards d’euros en 2025, soit 27,1 % de leurs recettes. Ce ratio marque une légère baisse par rapport à 2024, où il atteignait 27,9 %. Malgré cette amélioration, la situation financière des établissements reste fragile. Le ratio d’indépendance financière, qui mesure la capacité des hôpitaux à financer leur dette avec leurs capitaux permanents, se dégrade : il passe à 46,8 % en 2025, contre 45,7 % en 2024 et 45 % en 2023.
Cette dégradation s’explique par la diminution des capitaux permanents, qui chutent de 1,7 % en 2025, après une baisse de 2 % en 2024. Entre 2005 et 2019, ces capitaux augmentaient en moyenne de 1,2 % par an. « Les capitaux permanents continuent de diminuer, ce qui réduit la marge de manœuvre financière des hôpitaux », indique la Drees.
Si le déficit recule, son niveau reste historiquement élevé. La capacité des hôpitaux à redresser leur situation financière dépendra largement de l’évolution des recettes, mais aussi de la maîtrise des dépenses et de la soutenabilité de leur dette. Pour l’heure, le secteur reste sous tension, dans un contexte où les besoins de santé ne cessent de croître.
Les principaux facteurs sont l’augmentation des charges d’exploitation, notamment celles liées aux intérêts des emprunts, ainsi que la progression des dépenses de personnel. Le gel du point d’indice de la fonction publique en 2025 a également limité les recettes, contribuant à maintenir un résultat d’exploitation négatif.
Rien n’est moins sûr. Si le ratio dette/recettes a légèrement diminué en 2025, la dégradation du ratio d’indépendance financière et la baisse des capitaux permanents laissent présager des difficultés accrues pour les établissements. La trajectoire dépendra des mesures budgétaires futures et de l’évolution des recettes.