Le gouvernement français a confirmé, mercredi 27 mars 2026, le maintien de son objectif de déficit public à 5% du PIB pour 2026, malgré une année 2025 marquée par une amélioration plus favorable que prévu. Cette annonce a été faite lors d’une conférence de presse réunissant le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, le secrétaire d’État à la Fonction publique, David Amiel, ainsi que la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Les discussions portaient sur l’état des finances publiques, dans un contexte économique encore marqué par les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient.
Ce qu'il faut retenir
- Le déficit public est passé de 5,8% du PIB en 2024 à 5,1% en 2025, contre une prévision initiale de 5,4%.
- Le gouvernement maintient son objectif de 5% de déficit pour 2026, malgré cette amélioration.
- Cette réduction s’explique en partie par des « éléments exceptionnels », selon David Amiel, secrétaire d’État aux Comptes publics.
- La situation au Moyen-Orient reste un facteur d’incertitude majeure pour les prévisions macroéconomiques.
- Des mesures de compensation budgétaire sont envisagées en cas de persistance des aides exceptionnelles.
- Un comité d’alerte des Finances publiques se réunira le 21 avril 2026 à Bercy pour affiner les scénarios de croissance et d’inflation.
Une amélioration en 2025, mais des défis persistants pour 2026
L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a révélé fin mars 2026 que le déficit public avait reculé à 5,1% du PIB en 2025, contre une prévision initiale de 5,4%. Cette amélioration, bien que significative, s’explique en grande partie par des « éléments exceptionnels », a précisé David Amiel lors de son audition devant la Commission des Finances du Sénat. Autant dire que cette tendance ne devrait pas se prolonger automatiquement en 2026, d’où la prudence affichée par le gouvernement.
Selon les ministres, le contexte macroéconomique reste marqué par une « grande incertitude », notamment en raison des tensions persistantes au Moyen-Orient. « Le contexte macroéconomique invite à beaucoup de prudence », a souligné David Amiel, rappelant que l’évolution des finances publiques dépendra largement de la situation géopolitique. « C’est la raison pour laquelle nous maintenons, à ce stade, l’objectif de 5% de déficit pour 2026. »
Des aides exceptionnelles sous surveillance budgétaire
Face à la hausse des prix du carburant et aux mesures d’accompagnement ciblées pour certaines professions ou catégories de Français, le gouvernement a indiqué qu’il compenserait ces dépenses par des réductions budgétaires internes. « Une première étape consistera à redéployer des crédits au sein des ministères concernés », a expliqué David Amiel. Si la crise devait s’aggraver, d’autres outils pourraient être mobilisés : « mise en réserve de précaution de certains crédits, surgels de dépenses, voire annulations de crédits ».
Le secrétaire d’État aux Comptes publics a également évoqué la possibilité d’une « solidarité interministérielle » en cas de besoin. « En fonction de l’évolution de la crise et des montants nécessaires, nous adapterons cette palette d’outils », a-t-il indiqué. Autant dire que la rigueur budgétaire reste une priorité, même si des ajustements pourraient être nécessaires en fonction des circonstances.
Un scénario central attendu pour avril 2026
Les ministres ont renvoyé au comité d’alerte des Finances publiques, prévu le 21 avril 2026 à Bercy, la présentation d’un « scénario central chiffré » pour les années 2026 et 2027. Ce document devra intégrer des prévisions actualisées sur la croissance et l’inflation, deux indicateurs clés pour évaluer la trajectoire des finances publiques. « Ce comité permettra d’affiner notre analyse et d’ajuster, si nécessaire, nos projections », a précisé David Amiel.
Interrogé sur la possibilité de revoir à la baisse l’objectif de déficit si la situation économique s’améliorait plus rapidement que prévu, le ministre a répondu : « Nous espérons évidemment faire moins si la situation macroéconomique le permet, notamment si nous parvenons à sortir rapidement de la crise. Cela dépendra bien sûr de l’évolution de la situation au Moyen-Orient. »
Les déclarations clés des ministres
« Beaucoup de cette amélioration de 5,4% à 5,1% ne perdurera pas pour 2026, car elle est constituée d’éléments exceptionnels. »
— David Amiel, secrétaire d’État aux Comptes publics, lors de son audition devant la Commission des Finances du Sénat.
« Le contexte macroéconomique invite quand même à beaucoup de prudence. C’est la raison pour laquelle, à ce stade, nous maintenons dans les documents l’objectif de 5%. »
— David Amiel, lors de la conférence de presse du 27 mars 2026.
« Si la crise perdure et que des aides supplémentaires sont nécessaires, il y aura une solidarité interministérielle qui se mettra en place. »
— David Amiel, évoquant les mesures budgétaires possibles en cas d’aggravation de la situation économique.
En conclusion, si le déficit 2025 s’est mieux comporté que prévu, le gouvernement mise sur la prudence pour 2026. Les prochaines semaines seront décisives pour affiner les prévisions et adapter, si nécessaire, la trajectoire budgétaire.
Selon David Amiel, secrétaire d’État aux Comptes publics, une grande partie de l’amélioration enregistrée en 2025 provient d’éléments exceptionnels, comme le souligne le rapport de BFM Business. Le gouvernement estime donc que cette tendance ne se prolongera pas automatiquement en 2026, d’où le maintien de l’objectif de 5% de déficit. Par ailleurs, le contexte macroéconomique reste marqué par une forte incertitude, notamment en raison des tensions au Moyen-Orient, ce qui justifie cette prudence.
