Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva peut afficher un bilan environnemental encourageant à cinq mois de l’élection présidentielle d’octobre : selon Le Figaro, la déforestation en Amazonie a atteint en 2025 son niveau le plus bas depuis 2019, avec une surface déboisée dans tout le Brésil pour la première fois inférieure au million d’hectares.

Ce qu'il faut retenir

  • 985 000 hectares déboisés en 2025, soit une baisse de 20,6 % par rapport à 2024.
  • Pour la première fois depuis le début des relevés de MapBiomas en 2019, la surface déboisée passe sous la barre du million d’hectares.
  • La déforestation en Amazonie a reculé de 23,5 % en un an, tombant à 290 000 hectares.
  • 65 % des zones sous alerte de perte de végétation ont fait l’objet d’actions concrètes des autorités en 2025, contre seulement 5 % en 2019.
  • Le Cerrado, savane riche en biodiversité, reste le biome le plus touché, concentrant plus de la moitié de la déforestation nationale.

Ce recul s’inscrit dans la continuité des efforts engagés par l’administration Lula, qui a fait de la lutte contre la déforestation illégale une priorité nationale, avec pour objectif l’éradication totale d’ici 2030. « Nous avons constaté une hausse du contrôle et des sanctions (...) qui ont une relation directe avec la baisse de la déforestation dans tous les biomes brésiliens », a expliqué Marcos Rosa, coordinateur technique du réseau MapBiomas, à l’AFP. Ce réseau, qui associe universités, ONG et entreprises technologiques, attribue 99 % de la perte de végétation à l’expansion agricole en 2025. Les données de MapBiomas, collectées depuis 2019, excluent en revanche les surfaces perdues en raison d’incendies.

L’Amazonie, plus grande forêt tropicale de la planète, enregistre ainsi une réduction significative de la déforestation, passant de 379 000 hectares en 2024 à 290 000 hectares en 2025. Malgré ce recul historique, l’équivalent de « cinq arbres par seconde » continue de disparaître, selon le rapport. Le biome le plus touché reste le Cerrado, vaste savane du centre du pays, qui a concentré plus de la moitié de la déforestation nationale en 2025, malgré une baisse de 16,9 % sur un an. Ensemble, l’Amazonie et le Cerrado représentent plus de 84 % de la surface déboisée l’an dernier.

Une baisse liée à un renforcement des contrôles

Les experts de MapBiomas soulignent l’impact des mesures coercitives mises en place par les autorités. « 65 % des zones sous alerte ont fait l’objet d’actions concrètes en 2025, contre 54 % en 2024 et seulement 5 % en 2019, première année du mandat de l’ex-président Jair Bolsonaro », précise Marcos Rosa. Cette période, marquée par une politique environnementale assouplie, avait vu la déforestation atteindre des niveaux records. Le retour d’un gouvernement plus strict, dès 2023, s’est traduit par une augmentation des inspections et des sanctions, réduisant drastiquement les activités illégales d’exploitation forestière.

Pour Luiz Inácio Lula da Silva, cette amélioration environnementale intervient à un moment stratégique, à quelques mois de sa candidature à un quatrième mandat. Le président brésilien, dont la réélection est prévue en octobre 2026, a fait de la préservation de l’Amazonie un axe central de sa politique, malgré les critiques de certains écologistes. Ces derniers pointent notamment son soutien à des projets controversés, comme l’exploration pétrolière au large de l’Amazonie. Pourtant, les chiffres de 2025 semblent confirmer l’efficacité de sa stratégie : la déforestation illégale recule, même si les défis restent nombreux.

Des avancées fragilisées par des lois controversées

Malgré ces résultats positifs, les défenseurs de l’environnement s’alarment de décisions récentes prises par le Parlement brésilien. La semaine dernière, la Chambre des députés a adopté des lois qui, selon eux, affaiblissent les mécanismes de contrôle contre la déforestation. Ces textes, portés par le lobby de l’agro-négoce, doivent encore être examinés par le Sénat avant d’entrer en vigueur. Leur adoption pourrait compromettre les efforts de préservation, alors que le Brésil s’est engagé à réduire drastiquement la déforestation d’ici 2030.

Le Cerrado, qui concentre la majorité des activités agricoles du pays, reste particulièrement vulnérable. En 2025, ce biome a enregistré une déforestation de 530 000 hectares, malgré une baisse de 16,9 %. Cette zone, essentielle pour la biodiversité et le stockage du carbone, illustre les tensions entre développement économique et protection de l’environnement. « La couverture végétale est essentielle pour absorber le dioxyde de carbone et freiner le réchauffement climatique », rappellent les auteurs du rapport MapBiomas, soulignant l’enjeu global de ces politiques.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour évaluer la pérennité de cette baisse de la déforestation. Si les politiques actuelles se poursuivent, le Brésil pourrait atteindre ses objectifs environnementaux d’ici 2030. Cependant, l’adoption éventuelle des lois controversées par le Sénat, ainsi que les pressions exercées par le lobby agro-industriel, pourraient freiner cette dynamique. La communauté internationale, attentive aux engagements climatiques du pays, suivra de près l’évolution de la situation après l’élection présidentielle d’octobre 2026.

Une chose est certaine : la baisse enregistrée en 2025 marque un tournant, mais la route vers la préservation totale de l’Amazonie reste longue et semée d’embûches. Les prochains mois diront si cette tendance se confirme ou si les pressions économiques l’emporteront à nouveau sur les impératifs écologiques.

Le Cerrado, vaste savane du centre du Brésil, concentre plus de la moitié de la déforestation nationale en 2025 en raison de son exploitation intensive par l’agriculture et l’élevage. Cette zone, riche en biodiversité, est particulièrement prisée pour l’expansion des cultures de soja et des pâturages, deux secteurs clés de l’économie brésilienne.

L’élection présidentielle d’octobre 2026 sera un moment clé pour l’avenir des politiques environnementales. Par ailleurs, le Sénat doit examiner prochainement les lois adoptées par la Chambre des députés, qui pourraient affaiblir les contrôles contre la déforestation.