Avec 62 % des PME françaises impactées par le conflit au Moyen-Orient, la question du dégel des avoirs iraniens s’impose comme un enjeu central des discussions en cours, selon BMF - International. Les négociations, qui mobilisent plusieurs acteurs régionaux et internationaux, pourraient connaître une avancée décisive dans les prochains jours.

Ce qu'il faut retenir

  • Le dégel des avoirs iraniens gelés est au cœur des discussions pour un éventuel accord de paix au Moyen-Orient
  • 62 % des PME françaises subissent des répercussions économiques directes du conflit, d’après les données d’Altheora et du Groupe Revive
  • Les avoirs iraniens, principalement situés en Europe et aux États-Unis, représentent un levier financier clé pour Téhéran
  • Les négociations pourraient aboutir d’ici la fin du mois de mai 2026, selon des sources diplomatiques
  • Le rétablissement partiel d’internet en Iran et les frappes américaines récentes compliquent le dialogue

Un enjeu financier et géopolitique majeur

Les avoirs iraniens gelés, estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars, sont détenus majoritairement en Europe et aux États-Unis. Leur dégel pourrait permettre à l’Iran de relancer son économie, mise à mal par les sanctions internationales et les tensions régionales. Selon BMF - International, cette question est désormais au centre des négociations entre Téhéran, Washington et les pays européens. « La levée des sanctions financières est un préalable indispensable à tout accord », a indiqué un diplomate sous couvert d’anonymat.

Côté français, l’impact économique est déjà visible. Une enquête menée par Altheora et le Groupe Revive révèle que 62 % des PME du pays subissent des perturbations liées au conflit. Les secteurs du transport maritime et de l’énergie sont particulièrement touchés, avec des retards d’approvisionnement et une hausse des coûts logistiques. « Les entreprises françaises paient le prix fort de cette instabilité », a souligné Bénédicte Durand, cofondatrice d’Altheora.

Les avoirs iraniens : où sont-ils localisés ?

Les avoirs gelés de l’Iran se répartissent entre plusieurs juridictions. D’après les dernières données disponibles, plus de 50 % sont détenus par des banques européennes, principalement en Allemagne, en France et en Italie. Les États-Unis en possèdent également une part significative, tandis que d’autres actifs sont bloqués en Asie et au Moyen-Orient. « Ces fonds représentent une carte maîtresse pour l’Iran dans les négociations », a expliqué Cédric Meston, analyste au Groupe Revive.

La localisation exacte de ces avoirs reste cependant un sujet sensible. Plusieurs pays, dont la France, ont mis en place des mécanismes de contrôle stricts pour éviter toute utilisation à des fins militaires. « Tout dégel devra s’accompagner de garanties pour limiter les risques de détournement », a précisé un responsable du ministère de l’Économie.

Contexte régional : internet rétabli, tensions persistantes

Le rétablissement partiel d’internet en Iran, intervenu cette semaine, pourrait faciliter les échanges diplomatiques. Selon des observateurs, cette mesure s’inscrit dans une volonté de modération de la part des autorités iraniennes. « Cela montre une volonté de désescalade, mais les frappes américaines récentes rappellent que le climat reste explosif », a analysé Annalisa Cappellini, spécialiste des questions moyen-orientales.

Parallèlement, les opérations militaires israéliennes au Liban et les frappes américaines en Iran ajoutent une couche de complexité aux négociations. « La réponse iranienne aux frappes pourrait être un facteur déterminant », a indiqué un expert en géopolitique. Les prochaines 48 heures s’annoncent donc cruciales pour l’évolution de la situation.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront largement des discussions en cours à Genève et à Vienne, où des délégations iraniennes et occidentales se réunissent depuis lundi. Une source diplomatique a indiqué qu’un accord pourrait être signé « d’ici la fin du mois de mai 2026 », sous réserve de concessions mutuelles. Du côté des entreprises françaises, la levée des sanctions devrait permettre un allègement des coûts logistiques, mais les risques géopolitiques persistent. « Il faut rester prudent, car la situation reste volatile », a conclu l’analyste Cédric Meston.

Pour l’instant, aucun calendrier précis n’a été annoncé, mais les observateurs s’attendent à des annonces dans les prochains jours. La balle est désormais dans le camp des négociateurs.

D’après BMF - International, plus de 50 % des avoirs iraniens gelés sont détenus par des banques européennes, notamment en Allemagne, en France et en Italie. Les États-Unis en possèdent une part significative, tandis que le reste est réparti entre l’Asie et le Moyen-Orient.