Selon Libération, le second long-métrage de Manuela Martelli, intitulé « Dégel », s’impose comme l’un des films les plus remarqués du moment au Chili. Haletant mais parfois timide, ce récit explore la fascination d’une jeune fille pour une championne de ski disparue dans le Chili de l’après-dictature.
Ce qu'il faut retenir
- Réalisatrice : Manuela Martelli signe son deuxième long-métrage avec « Dégel ».
- Thème central : L’histoire suit une fillette obsédée par le destin d’une skieuse disparue pendant la période post-dictature au Chili.
- Contexte historique : Le film s’inscrit dans une réflexion sur les disparitions et les traumatismes liés à la dictature chilienne.
- Réception critique : Le long-métrage est salué pour son approche à la fois intense et discrète.
Un récit ancré dans l’histoire chilienne
« Dégel » se déroule dans un Chili encore marqué par les séquelles de la dictature militaire, une période qui s’étend de 1973 à 1990. Selon nos confrères de Libération, le film suit une fillette dont l’obsession pour une championne de ski disparue devient le fil conducteur d’une intrigue où se mêlent mystère et quête identitaire. Le choix de ce sujet n’est pas anodin : il reflète les nombreuses disparitions qui ont jalonné cette époque trouble.
Manuela Martelli, déjà connue pour son premier long-métrage « La Once » (2022), confirme avec « Dégel » son talent pour dépeindre des émotions complexes à travers des personnages en quête de sens. Le film s’attache à explorer la manière dont les traumatismes collectifs peuvent se transmettre aux générations suivantes, à travers le regard d’une enfant.
Une narration entre tension et retenue
Si « Dégel » captive par son intensité, il n’en reste pas moins un film mesuré, où la retenue domine parfois le rythme haletant. Comme le rapporte Libération, certaines scènes peinent à trouver leur équilibre entre suspense et sobriété, offrant un résultat qui divise autant qu’il séduit. Cette dualité, assumée par la réalisatrice, contribue à en faire un film exigeant, loin des codes du cinéma commercial.
Les performances des jeunes acteurs, notamment celle de l’interprète principale, sont saluées pour leur naturel. Le film mise sur une esthétique visuelle soignée, où les paysages enneigés du Chili servent de toile de fond à une réflexion sur le deuil et l’oubli. Un pari artistique qui, pour certains critiques, frôle parfois la timidité.
Un hommage discret aux victimes de la dictature
À travers l’histoire de cette fillette et de la skieuse disparue, « Dégel » rend indirectement hommage aux victimes de la dictature chilienne. D’après Libération, le film évite les clichés du cinéma politique pour privilégier une approche plus subtile, où l’absence devient le symbole d’un passé encore douloureux. Cette démarche, typique du cinéma chilien contemporain, cherche à questionner la mémoire collective sans tomber dans le didactisme.
Le choix d’une championne de ski comme figure disparue n’est pas anodin. À l’époque, le sport était instrumentalisé par le régime pour servir de vitrine internationale, tandis que les disparitions restaient taboues. « Dégel » soulève ainsi une question plus large : comment reconstruire une identité nationale lorsque l’histoire officielle occulte une partie de la vérité ?
Le succès critique de « Dégel » pourrait également ouvrir de nouvelles opportunités à Manuela Martelli, dont le style singulier commence à être reconnu au-delà des frontières chiliennes. Reste à voir si le public suivra cette voie plus contemplative, loin des blockbusters.