Alors que les températures mondiales continuent de battre des records, la menace d’une saison épidémique majeure de dengue en 2026 se précise. Le phénomène El Niño, dont les cycles sont directement corrélés à l’intensification des vagues épidémiques, pourrait aggraver la propagation des moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus, vecteurs privilégiés du virus, selon Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Le retour d’El Niño en 2026 pourrait favoriser une multiplication des cas de dengue dans les zones déjà exposées.
- Les moustiques Aedes – notamment Aedes aegypti et Aedes albopictus – sont les principaux vecteurs de transmission du virus.
- Les régions tropicales et subtropicales, où ces insectes sont déjà implantés, sont particulièrement vulnérables.
- La recherche scientifique s’active pour anticiper une éventuelle crise sanitaire.
El Niño, un accélérateur de risques épidémiques
Les épisodes météorologiques comme El Niño ne se contentent pas de perturber les courants océaniques ou les régimes de précipitations : ils créent aussi des conditions favorables à la prolifération des moustiques. Selon Le Monde, « les survenues du phénomène El Niño sont associées à des vagues épidémiques dans les régions où les moustiques « Aedes » et le virus sont bien installés ». Ce lien, documenté par de nombreuses études épidémiologiques, s’explique par l’augmentation des températures et l’humidité accrue, deux facteurs qui prolongent la durée de vie des moustiques et accélèrent la transmission du virus. — Un scénario déjà observé lors des précédentes épidémies, comme celle de 2015-2016, où El Niño avait coïncidé avec une explosion des cas de dengue en Amérique latine.
Les moustiques Aedes, une menace en expansion
Les espèces Aedes aegypti et Aedes albopictus, responsables de la transmission de la dengue, ont vu leur aire de répartition s’étendre ces dernières décennies. Autrefois cantonnées aux zones tropicales, elles colonisent désormais des régions tempérées, comme le sud de l’Europe ou les États-Unis. « Ces moustiques s’adaptent à des climats de plus en plus chauds, ce qui multiplie les risques de transmission », explique un chercheur de l’Institut Pasteur cité par Le Monde. — En France métropolitaine, Aedes albopictus – surnommé « moustique tigre » – est désormais présent dans 71 départements, un record depuis son arrivée en 2004. Une présence qui, combinée aux vagues de chaleur estivales, pourrait faciliter la circulation du virus en 2026.
La recherche en première ligne face à l’urgence
Pour limiter l’impact d’une éventuelle épidémie, les scientifiques et les autorités sanitaires accélèrent leurs travaux. Plusieurs pistes sont explorées : le développement de vaccins plus accessibles, l’amélioration des méthodes de surveillance entomologique, et la lutte contre les gîtes larvaires. « Nous travaillons sur des modèles prédictifs pour anticiper les foyers de transmission », précise un épidémiologiste de l’Inserm. — Autant dire que l’enjeu n’est pas seulement sanitaire, mais aussi économique : une épidémie majeure de dengue coûterait des centaines de millions d’euros en frais médicaux et en perte de productivité.
Reste à voir si les mesures préventives suffiront. Une chose est sûre : avec le réchauffement climatique, le risque de dengue ne fera qu’augmenter dans les années à venir.
Selon les experts, les zones tropicales et subtropicales – comme l’Amérique latine, l’Asie du Sud-Est, l’Afrique subsaharienne et certaines régions des États-Unis – seront les plus touchées. En Europe, le sud de la France et l’Italie pourraient aussi connaître des foyers, en raison de la présence du moustique tigre.
Un vaccin, le Dengvaxia, est déjà commercialisé, mais son utilisation est limitée en raison de risques accrus pour les personnes non préalablement exposées au virus. Plusieurs laboratoires, dont Sanofi et Takeda, développent actuellement des vaccins de nouvelle génération, plus sûrs et adaptés aux différentes souches du virus.
