Alors que la consommation énergétique des centres de données atteint des sommets – notamment pour alimenter les modèles d’intelligence artificielle –, la question du refroidissement devient un enjeu majeur. Journal du Geek révèle qu’une équipe de chercheurs américains a mis au point une solution innovante : des plaques de cuivre imprimées en 3D, capables de réduire significativement les besoins en climatisation.
Ce qu'il faut retenir
- Des plaques de cuivre imprimées en 3D pourraient diviser les coûts de refroidissement des data centers par deux, selon les premiers tests.
- Les centres de données consomment aujourd’hui 1 à 2 % de l’électricité mondiale, une part en constante augmentation avec l’essor de l’IA.
- La solution proposée par les chercheurs repose sur des structures en nid d’abeille, optimisées pour une dissipation thermique accrue.
- Les prototypes ont été testés dans des conditions réelles, confirmant leur efficacité.
Des data centers sous tension énergétique
Les centres de données, ces infrastructures indispensables au fonctionnement d’Internet et des services numériques, font face à un défi croissant : leur propre consommation. Entre les serveurs, les processeurs et les systèmes de stockage, la chaleur dégagée nécessite des systèmes de refroidissement énergivores. Jusqu’à 40 % de la consommation électrique d’un data center est aujourd’hui consacrée à la climatisation, selon les estimations sectorielles. Autant dire que la recherche de solutions alternatives s’impose comme une priorité.
C’est dans ce contexte que des chercheurs américains, dont les travaux sont rapportés par Journal du Geek, ont développé un dispositif prometteur. Leur approche ? Des plaques de cuivre imprimées en 3D, conçues pour améliorer radicalement l’efficacité du refroidissement.
Une technologie inspirée des structures naturelles
L’originalité de la solution réside dans la géométrie des plaques. Inspirées des structures en nid d’abeille, ces dernières présentent des micro-canaux optimisés pour favoriser la circulation de l’air et l’évacuation de la chaleur. «
L’impression 3D nous a permis de concevoir des architectures impossibles à réaliser avec des méthodes traditionnelles», a déclaré le Dr. Sarah Chen, chercheuse à l’origine du projet et professeure à l’Université de Californie. Les tests menés en laboratoire puis sur des installations pilotes ont montré une réduction de 30 à 50 % des besoins en refroidissement.
Autre avantage : la durabilité du matériau. Le cuivre, excellent conducteur thermique, résiste à la corrosion et offre une longue durée de vie. Les chercheurs estiment que leur solution pourrait être déployée à grande échelle d’ici trois à cinq ans, sous réserve de validation par les industriels du secteur.
Un marché en pleine expansion
Le marché des data centers est en pleine mutation. Selon les dernières projections, leur nombre devrait doubler d’ici 2030, porté par la croissance des services cloud, du streaming et de l’IA. Or, cette expansion s’accompagne d’une pression accrue sur les ressources énergétiques et les émissions de CO₂. En 2025, les data centers ont consommé environ 240 à 340 TWh d’électricité dans le monde, soit l’équivalent de la consommation annuelle de pays comme l’Espagne ou l’Argentine.
Face à ce constat, plusieurs acteurs du secteur misent sur l’innovation. Des géants comme Microsoft ou Google testent déjà des solutions de refroidissement par immersion liquide ou par réutilisation de la chaleur fatale. La solution des plaques de cuivre pourrait ainsi s’ajouter à cet arsenal technologique, à condition de prouver son rentabilité économique.
Dans un contexte où la sobriété énergétique devient un impératif, chaque avancée compte. Les plaques de cuivre imprimées en 3D en sont peut-être une.
Pour l’heure, les plaques de cuivre imprimées en 3D n’ont été testées que dans des prototypes et des installations pilotes. Aucun déploiement à grande échelle n’a encore été annoncé par les chercheurs ou les industriels du secteur.