Une partie des nouveau-nés prématurés évacués depuis l’hôpital Al-Shifa de Gaza vers l’Égypte en novembre 2023 a retrouvé fin mars 2026 l’enclave palestinienne, marquant un retour longuement attendu pour ces enfants et leurs familles. Selon Le Monde, parmi ces bébés, Souleiman, dont la mère n’avait pu le voir qu’à travers des écrans depuis sa naissance, a ainsi pu retrouver son foyer. Cette odyssée, qui a débuté dans l’un des hôpitaux les plus emblématiques de Gaza, illustre les conséquences humanitaires prolongées du conflit qui déchire la région depuis octobre 2023.
Ce qu'il faut retenir
- Une cinquantaine de prématurés de l’hôpital Al-Shifa ont été évacués vers l’Égypte en novembre 2023 pour y recevoir des soins urgents.
- Parmi eux, le bébé Souleiman n’avait pu être vu par sa mère que par vidéos depuis sa naissance, faute de pouvoir quitter Gaza.
- Le retour de ces enfants fin mars 2026 marque une étape symbolique dans la reprise progressive des activités médicales à Gaza.
- L’hôpital Al-Shifa, gravement endommagé pendant les combats, reste un symbole des souffrances endurées par la population civile.
- Cette évacuation s’inscrit dans un contexte de crise humanitaire persistante à Gaza, où les infrastructures médicales peinent à se relever.
Une évacuation d’urgence il y a deux ans et demi
En novembre 2023, alors que l’hôpital Al-Shifa était encerclé par les combats, une opération d’évacuation d’urgence a été organisée pour transférer des prématurés vers des structures médicales en Égypte. Le Monde rappelle que ces nourrissons, dont l’état de santé était critique, ne pouvaient pas attendre une stabilisation du front. Cinquante-trois prématurés, dont Souleiman, ont ainsi quitté Gaza sous bonne escorte, accompagnés par des équipes médicales spécialisées. Leur état de santé, alors précaire, nécessitait une prise en charge immédiate, hors de portée dans les conditions du siège.
Pendant plus de deux ans, leurs familles sont restées sans nouvelles directes, ne pouvant communiquer avec eux que par intermittence. Les familles de Gaza, elles-mêmes déplacées à plusieurs reprises, n’avaient souvent d’autre choix que de suivre l’évolution de l’état de santé de leurs enfants via des intermédiaires ou des messages vidéo, quand ceux-ci parvenaient à être transmis. Cette séparation forcée a ajouté une couche supplémentaire de souffrance à un conflit déjà dévastateur.
Le retour des enfants, un symbole de résilience
Fin mars 2026, une partie de ces prématurés a finalement pu rentrer à Gaza, marquant une étape importante pour les familles et les équipes médicales qui les avaient accompagnés. Souleiman, dont le prénom signifie « celui qui apporte la paix », a retrouvé sa mère, après avoir passé plus de deux ans dans un environnement médical stable en Égypte. Son cas n’est pas isolé : une vingtaine d’autres enfants ont également été rapatriés, selon les informations recueillies par Le Monde auprès des autorités sanitaires locales.
Ce retour s’inscrit dans un contexte de reprise progressive des activités à Gaza, même si les défis restent immenses. L’hôpital Al-Shifa, autrefois le plus grand hôpital de Gaza, a subi des destructions massives et peine à fonctionner normalement. Cependant, la réouverture de services spécialisés, comme celui des prématurés, représente un espoir pour les familles et les professionnels de santé qui tentent de reconstruire un système médical viable.
Un enjeu humanitaire toujours d’actualité
L’évacuation et le retour de ces prématurés rappellent l’ampleur de la crise humanitaire à Gaza, où les infrastructures civiles sont systématiquement prises pour cible. Selon les Nations unies, plus de 70 % des hôpitaux de Gaza ont été endommagés ou détruits depuis le début du conflit. Les équipes médicales locales, soutenues par des ONG internationales, tentent de maintenir à flot un système de santé exsangue, mais les ressources manquent cruellement. Le retour de ces enfants est un soulagement, mais il ne suffit pas à répondre aux besoins urgents de la population.
Les familles de Gaza, dont beaucoup ont été déplacées à plusieurs reprises, continuent de faire face à des conditions de vie précaires. Les pénuries de médicaments, d’eau potable et d’électricité persistent, aggravant les risques sanitaires. Dans ce contexte, chaque retour de patient, chaque réouverture de service médical, est un pas en avant fragile mais essentiel.
Le retour de Souleiman et des autres prématurés rappelle aussi l’urgence d’un cessez-le-feu durable et d’un accès humanitaire sans entrave. Tant que les combats se poursuivront, les vies de milliers d’autres enfants et de leurs familles resteront en suspens. Pour l’heure, ces enfants symbolisent à la fois la résilience des populations civiles et l’ampleur des défis qui restent à relever.
Ces nouveau-nés, dont l’état de santé était critique, ont été évacués vers l’Égypte en novembre 2023 car les infrastructures médicales de Gaza, en particulier l’hôpital Al-Shifa, ne pouvaient plus assurer leur prise en charge en raison des combats et des destructions. L’Égypte a accepté de les accueillir dans des hôpitaux spécialisés, permettant ainsi de leur offrir des soins urgents qu’ils n’auraient pu recevoir à Gaza dans ces conditions.
