Le 2 mars 2026, selon nos confrères de Futura Sciences, une nouvelle étude a été publiée dans la revue Scientific Reports, relançant un vieux débat sur les Mystères d'Éleusis, l'un des rites religieux les plus secrets de l'Antiquité. Les chercheurs estiment qu'un champignon toxique aurait pu être modifié dans la Grèce antique afin de produire une substance psychoactive utilisée lors des rites d'Éleusis.

Ce qui s'est passé est que des chercheurs ont exploré l'hypothèse fascinante de l'ergot de seigle, un champignon parasite redoutablement toxique, qui aurait pu être transformé en substance psychoactive grâce à des techniques connues dans la Grèce antique. L'ergot de seigle est un champignon très toxique qui pousse sur certaines céréales et dont un dérivé a servi à synthétiser le LSD.

Ce qu'il faut retenir

  • Les Mystères d'Éleusis figuraient parmi les rites initiatiques les plus prestigieux du monde grec, puis romain.
  • L'ergot de seigle est un champignon toxique qui pousse sur certaines céréales et dont un dérivé a servi à synthétiser le LSD.
  • Les chercheurs ont montré qu'il était possible de dégrader les protéines toxiques du champignon tout en conservant certains composés psychoactifs.

Les Mystères d'Éleusis

Les Mystères d'Éleusis se déroulaient chaque année en deux temps : les « petits mystères » au printemps et les « grands mystères » à l'automne. Processions sacrées, bains rituels en mer, sacrifices d'animaux et jeûnes précédaient la consommation d'un breuvage nommé kykeon, à base d'orge et d'herbes. Les chercheurs avancent que des extraits d'ergot traités auraient pu être incorporés à cette boisson.

La présence de menthe piquante (Mentha pulegium) aurait même pu en masquer l'amertume. D'anciens travaux avaient déjà signalé des traces potentielles de substances psychoactives dans un vase cérémoniel d'un site éleusinien en Espagne, ainsi que dans la plaque dentaire d'un individu enterré sur place.

Les résultats de l'étude

L'équipe menée par le pharmacologue Evangelos Dadiotis, de l'Université d'Athènes, affirme avoir franchi un cap expérimental. En reproduisant une méthode simple à base d'eau et de cendres, produisant une solution alcaline proche de la soude, les chercheurs ont montré qu'il était possible de dégrader les protéines toxiques du champignon tout en conservant certains composés psychoactifs.

Les chercheurs ont utilisé une solution alcaline à base de cendres de bois, proche de la lessive de soude (hydroxyde de sodium), afin de neutraliser la toxicité de l’ergot. Selon les auteurs, les Grecs anciens auraient donc pu obtenir une préparation hallucinogène non mortelle en traitant l'ergot avec cette solution alcaline.

Les réactions des spécialistes

Malgré l'intérêt chimique de l'étude, plusieurs spécialistes appellent à la prudence. La chercheuse Sharday Mosurinjohn, de l'Université Queen's, en Ontario, souligne que démontrer la faisabilité technique ne prouve pas l'existence historique de la pratique. L'expérience montre qu'un tel procédé était possible avec les moyens antiques. Mais aucune preuve directe n'atteste que l'ergot était réellement traité de cette manière, ni que les initiés consommaient des doses psychoactives lors des rites.

Et maintenant ?

Les Mystères d'Éleusis conservent donc une part d'ombre. Et peut-être est-ce là, précisément, l'essence même du mystère. Les prochaines étapes attendues pourraient inclure des recherches plus approfondies sur les techniques de préparation de l'ergot et leur lien avec les pratiques rituelles de l'Antiquité.

En conclusion, cette étude ouvre de nouvelles perspectives sur les pratiques rituelles de l'Antiquité et les substances psychoactives qui y étaient utilisées. Les résultats sont prometteurs, mais il reste encore beaucoup à découvrir sur les Mystères d'Éleusis et leur lien avec l'ergot de seigle.