Selon Journal du Geek, des chercheurs viennent de mettre au point des méduses cyborgées, capables d’évoluer dans les abysses océaniques tout en transmettant des données en temps réel. Cette innovation pourrait révolutionner l’exploration des écosystèmes marins, encore largement méconnus malgré leur rôle clé dans l’équilibre climatique de la planète.

Ce qu'il faut retenir

  • Des méduses équipées de micro-capteurs et de systèmes de propulsion artificielle pour explorer les fonds marins
  • Objectif : cartographier des zones inaccessibles aux robots classiques ou aux plongeurs humains
  • Projet développé par une équipe de l’Université de Californie à San Diego (États-Unis)
  • Premières expérimentations menées avec succès dans le golfe de Californie
  • Applications potentielles en biologie marine, géologie sous-marine et surveillance des changements climatiques

Une technologie inspirée par la nature

L’idée de s’appuyer sur les méduses pour explorer les océans n’est pas nouvelle. Ces organismes, présents depuis plus de 500 millions d’années, sont déjà parfaitement adaptés aux conditions extrêmes des profondeurs. Journal du Geek explique que les scientifiques ont exploité leur faible dépense énergétique et leur résistance pour concevoir des spécimens hybrides, combinant biologie naturelle et technologie.

Le projet, porté par une équipe de l’Université de Californie à San Diego, repose sur l’intégration de micro-capteurs miniaturisés et de minuscules moteurs électriques dans le corps des méduses. Ces ajouts leur permettent de se déplacer avec une précision inédite, tout en collectant des données sur la température, la salinité, la pression ou encore la présence de polluants.

Des méduses robotisées pour des missions impossibles

Jusqu’à présent, l’exploration des océans se heurtait à plusieurs limites : les robots sous-marins, bien que performants, sont coûteux et peu maniables dans les environnements complexes. Les plongeurs humains, quant à eux, ne peuvent descendre au-delà de quelques centaines de mètres sans équipement lourd. Comme le rapporte Journal du Geek, ces méduses cyborgées pourraient combler ce vide en évoluant librement entre 0 et 1 000 mètres de profondeur.

Les premières expérimentations, menées dans le golfe de Californie, ont démontré leur capacité à transmettre des données en temps réel via une liaison sans fil. «

Nous avons réussi à guider ces méduses sur des trajectoires prédéfinies tout en récupérant des mesures biologiques et physiques », a déclaré Nicole Xu, professeure d’ingénierie mécanique et coautrice de l’étude. « Leur endurance et leur discrétion en font des candidates idéales pour des missions de longue durée. »

Quelles applications pour ces explorateurs marins ?

Les possibilités offertes par cette technologie sont vastes. En biologie marine, les méduses cyborgées pourraient aider à étudier la migration des espèces ou l’impact des courants sur les écosystèmes. Côté géologie, elles pourraient cartographier les failles sous-marines ou surveiller l’activité volcanique. Enfin, en climatologie, elles permettraient de mesurer l’acidification des océans ou le réchauffement des eaux.

Autant dire que cette innovation arrive à point nommé, alors que seulement 20 % des fonds marins ont été cartographiés à ce jour. Les scientifiques espèrent, à terme, déployer des essaims de ces méduses pour couvrir de vastes zones en simultané, réduisant ainsi les coûts et les risques associés aux missions traditionnelles.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à améliorer l’autonomie énergétique des méduses et à tester leur résistance sur des périodes prolongées. L’équipe de l’Université de Californie envisage également des collaborations avec des instituts océanographiques en Europe et en Asie pour étendre les expérimentations. Reste à voir si cette technologie pourra être industrialisée à grande échelle, un processus qui prendrait probablement plusieurs années.

Cette avancée s’inscrit dans un contexte où l’exploration des océans devient un enjeu majeur, alors que les Nations unies ont lancé en 2021 la Décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable. Une décennie qui pourrait bien être marquée par l’émergence de ces nouveaux « espions » des mers.

Les chercheurs utilisent des impulsions électriques pour stimuler les muscles natatoires des méduses, tout en leur fournissant des instructions via un système de communication sans fil intégré. Ces commandes sont transmises depuis une station de contrôle située en surface, qui reçoit également les données collectées par les capteurs.

Parmi les principaux défis figurent la consommation énergétique des moteurs, la vulnérabilité des méduses face aux prédateurs naturels et la potentielle perturbation des écosystèmes locaux. Les scientifiques travaillent à minimiser ces impacts en optimisant l’efficacité des systèmes embarqués et en limitant la durée des missions.