Selon Libération, la question du rapport au temps long, souvent occulté par l’hyperconnexion, s’impose comme un enjeu contemporain. L’autrice Jakuta Alikavazovic explore dans son article cette volonté de certains individus de se soustraire aux réseaux sociaux pour retrouver une temporalité plus humaine et réfléchie.

Ce qu'il faut retenir

  • La désactivation des réseaux sociaux est perçue comme un moyen de retrouver un rapport sain au temps, selon Jakuta Alikavazovic, autrice de l’article publié dans Libération.
  • Le temps long, souvent absent des écrans, devient une condition essentielle pour une relation équilibrée au monde.
  • Cette démarche touche à la fois aux usages individuels et à une remise en question plus large des modes de vie connectés.

Une réponse à l’hyperconnexion et ses effets

L’autrice souligne que l’abondance d’informations instantanées et de notifications permanentes modifie la perception du temps. Pour Jakuta Alikavazovic, désactiver les réseaux sociaux permet de rééquilibrer cette relation en redonnant une place au temps long, souvent étouffé par l’immédiateté des interactions digitales. Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de prise de conscience autour de l’impact des technologies sur la psyché et les comportements sociaux.

L’article rappelle que cette quête n’est pas anecdotique : elle reflète une réflexion sur le sens du temps, non seulement dans sa dimension individuelle, mais aussi collective. Le temps long, autrefois une norme, est aujourd’hui un luxe, voire un défi, dans un monde où l’instantanéité prime.

Le temps long, une condition pour un rapport sain au monde

Pour Jakuta Alikavazovic, la question n’est pas seulement technique ou technologique, mais profondément existentielle. Retrouver le temps long, c’est s’autoriser à penser, à observer et à agir différemment, sans la pression des algorithmes et des interactions compulsives. L’autrice évoque cette idée comme une nécessité pour éviter de sombrer dans une forme de « présent perpétuel », où le passé et le futur s’effacent au profit d’un éternel maintenant.

Cette réflexion rejoint des travaux en psychologie et en sociologie qui montrent comment les outils numériques transforment notre rapport à la mémoire, à l’attention et à la concentration. Désactiver les réseaux sociaux devient alors une stratégie de résistance face à une culture qui valorise la vitesse et la quantité au détriment de la qualité et de la profondeur.

Une démarche qui interroge notre rapport à la technologie

L’article met en lumière un paradoxe : alors que les réseaux sociaux promettent de nous connecter au monde, ils nous en éloignent souvent en fragmentant notre temps et notre attention. Jakuta Alikavazovic interroge ainsi la notion même de « réseau », qui, sous couvert de liens sociaux, peut générer une forme d’isolement par la saturation des interactions superficielles.

Cette prise de distance avec les écrans s’inscrit dans un courant plus large de détox numérique, porté par des essais, des études et des témoignages. Le temps long, dans cette perspective, n’est pas un simple outil de bien-être, mais une nécessité pour préserver notre humanité dans un environnement hyperconnecté.

Et maintenant ?

Si la désactivation des réseaux sociaux reste une démarche individuelle, elle pourrait inspirer des réflexions plus collectives sur la régulation des usages numériques. Des études sur l’impact des algorithmes sur la santé mentale, ainsi que des débats sur l’éthique des plateformes, pourraient à l’avenir influencer les politiques publiques. D’ici 2027, des expérimentations locales ou des recommandations européennes pourraient émerger pour encadrer davantage les pratiques numériques, sans pour autant remettre en cause leur utilité.

En définitive, cette quête de temps long interroge notre capacité à réinventer notre rapport au monde, entre innovation technologique et préservation de notre humanité. Elle rappelle que, parfois, le plus grand progrès n’est pas d’en faire plus, mais de prendre le temps de faire moins, mais mieux.

Selon Jakuta Alikavazovic, le temps long est devenu une rareté dans un monde dominé par l’instantanéité des réseaux sociaux. Il permet de retrouver une réflexion approfondie, une mémoire préservée et une connexion plus authentique à soi et aux autres, loin des sollicitations permanentes des algorithmes.