Depuis le début de l'été, les automobilistes et les professionnels du transport subissent une nouvelle flambée des prix du diesel. Deux crises géopolitiques majeures – le blocage partiel du détroit d'Ormuz et la décision de la Russie de stopper ses exportations de gazole – ont profondément perturbé les approvisionnements mondiaux, selon nos confrères du Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Le détroit d'Ormuz, passage clé pour 20% du pétrole mondial, est partiellement bloqué depuis début juillet
- La Russie a interrompu toutes ses livraisons de diesel à l'étranger depuis début juillet
- Les prix du diesel ont augmenté de 18% en Europe depuis le début de l'été
- Les stocks européens de gazole sont tombés à leur plus bas niveau depuis cinq ans
- Les analystes anticipent une poursuite de la hausse dans les prochaines semaines
Un double choc sur les approvisionnements
Le détroit d'Ormuz, situé entre l'Iran et Oman, est l'une des principales artères du commerce pétrolier mondial. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), près de 20% du pétrole brut et 30% du gaz naturel liquéfié transitent par ce passage stratégique. Depuis le début du mois de juillet, des tensions géopolitiques accrues dans la région ont entraîné des restrictions partielles à la navigation, réduisant mécaniquement les capacités de transport de carburants.
Dans le même temps, Moscou a annoncé début juillet la suspension totale de ses exportations de diesel vers l'étranger. Cette décision, officiellement motivée par des « besoins intérieurs prioritaires », s'inscrit dans un contexte de sanctions occidentales renforcées et de réorientation des flux commerciaux vers l'Asie. « Cette interruption brutale a pris de court les marchés, alors que la Russie était le deuxième exportateur mondial de diesel avant la guerre en Ukraine », a précisé une source au sein de l'Union européenne, sous couvert d'anonymat.
Des répercussions immédiates en Europe
Les conséquences se font déjà sentir sur le Vieux Continent, où le diesel représente environ 40% des carburants consommés. D'après les données de la Commission européenne, les prix moyens à la pompe ont progressé de 18% depuis le 1er juillet, passant de 1,78 euro le litre à plus de 2,10 euros en moyenne. Dans certains pays comme la France ou l'Allemagne, les stations-service les plus exposées affichent désormais des tarifs dépassant les 2,20 euros le litre.
Les stocks de gazole, déjà fragilisés par une demande soutenue cet été, ont chuté à leur niveau le plus bas depuis cinq ans. « Les réserves stratégiques européennes, estimées à 30 jours de consommation, pourraient être épuisées d'ici la fin septembre si les approvisionnements ne reprennent pas rapidement », a alerté un responsable de l'AIE.
Des alternatives limitées et coûteuses
Face à cette pénurie relative, plusieurs pays européens tentent de diversifier leurs sources d'approvisionnement. L'Allemagne a annoncé l'achat de 500 000 tonnes de diesel en provenance des États-Unis, tandis que la France négocie avec l'Algérie pour augmenter ses livraisons. Cependant, ces solutions restent insuffisantes pour combler le déficit actuel.
« Les prix pourraient encore augmenter de 10 à 15% dans les prochaines semaines si la situation ne se débloque pas », a estimé un analyste de Goldman Sachs. Les transporteurs routiers, déjà fortement touchés par la hausse des coûts énergétiques, menacent de répercuter cette augmentation sur les prix des marchandises, alimentant les craintes d'une nouvelle poussée inflationniste.
Pour l'instant, les gouvernements européens appellent au calme et évitent toute mesure de rationnement. Reste à voir si cette stratégie suffira à éviter une crise durable du diesel, alors que l'automne approche et que la demande devrait mécaniquement augmenter.
Selon nos confères du Monde, Moscou justifie cette décision par des « besoins intérieurs prioritaires », dans un contexte de sanctions occidentales renforcées et de réorientation des flux commerciaux vers l'Asie. Cette interruption brutale a surpris les marchés, la Russie étant le deuxième exportateur mondial de diesel avant la guerre en Ukraine.