Deux anciens joueurs de NBA, Royce White et Enes Kanter Freedom, ont annoncé leur candidature pour intégrer la ligue féminine WNBA afin de critiquer les règles d'éligibilité jugées trop inclusives envers les joueuses transgenres. Leur démarche, annoncée entre le 4 et le 7 août 2026, survient dans un contexte de vifs débats aux États-Unis sur la participation des athlètes transgenres dans le sport féminin, comme le rapporte Franceinfo - Sport.
Ce qu'il faut retenir
- Royce White, ancien joueur ayant disputé seulement trois matchs en NBA, a déclaré sur le réseau X (ex-Twitter) s'identifier désormais comme une « femme trans parfois » et vise une place en WNBA. Il a même évoqué l'arrivée prochaine d'une perruque, selon ses publications des 4 et 8 août 2026.
- Enes Kanter Freedom, naturalisé américain après avoir été déchu de sa nationalité turque pour ses prises de position politiques, a officialisé sa candidature le 7 août 2026, affirmant remplir les critères d'éligibilité de la WNBA par simple déclaration.
- La WNBA, ligue féminine emblématique aux États-Unis, est divisée sur la question de l'inclusion des joueuses transgenres. Aucune femme transgenre n'a encore joué en WNBA, mais la ligue autorise l'éligibilité sur la base de l'auto-identification.
- Le syndicat des joueuses de la WNBA a réagi en défendant « la justice, l'équité, la diversité et l'inclusion », tout en condamnant « la haine, les abus et la démonisation » envers la communauté transgenre.
- Ce débat s'inscrit dans une période de tensions croissantes aux États-Unis, où plusieurs fédérations sportives, dont la WTA, renforcent leurs critères d'éligibilité pour les compétitions féminines, comme les tests génétiques imposés pour les JO de 2028.
Des candidatures symboliques dans un contexte de tensions
Royce White, figure politique du parti républicain et candidat aux élections sénatoriales de 2026, a annoncé le 4 août sur X son intention de rejoindre la WNBA. Dans un tweet accompagné d'une vidéo, il déclarait : « Je m'identifie comme une femme trans parfois. Je souhaite être traité équitablement et ne pas subir de discrimination. C'est une démarche sérieuse. Après 35 ans, je réalise que je suis en fait une femme. » Il a précisé plus tard, le 8 août, que sa « perruque était en route », renforçant l'aspect provocateur de sa démarche.
Son annonce a été suivie, trois jours plus tard, par celle d'Enes Kanter Freedom. L'ancien joueur, qui totalise 748 matchs en NBA, a publié un message sur le même réseau, affirmant avoir « examiné avec attention les critères d'éligibilité de la WNBA » et déclaré officiellement sa candidature. Dans son tweet, il précisait : « Si simplement déclarer qui l'on est suffit, alors je remplis toutes les conditions nécessaires pour évoluer en WNBA. » Il a ajouté que sa présence susciterait des réactions fortes, mais qu'il ne cherchait ni à ridiculiser ni à manquer de respect à une communauté, tout en soulignant sa volonté de voir les règles appliquées de manière égale et cohérente.
Un débat sportif et sociétal qui divise
La candidature de ces deux anciens joueurs s'inscrit dans un débat plus large aux États-Unis, où la question de l'inclusion des athlètes transgenres dans le sport féminin cristallise les tensions. La WNBA, souvent présentée comme progressiste, est elle-même divisée sur ce sujet. Aucune femme transgenre n'a encore joué dans cette ligue, mais ses règles actuelles permettent à toute personne s'identifiant comme femme de participer, sans autre vérification.
Ce débat a été relancé en juillet 2026 par les déclarations de Sophie Cunningham, joueuse des Indiana Fever, qui affirmait vouloir « protéger les jeunes filles dans les vestiaires et celles qui font du sport sans avoir à affronter des hommes biologiques ». Ses propos ont alimenté une polémique nationale, opposant ceux qui défendent l'inclusion des personnes transgenres, comme Cheryl Reeve (présidente des Minnesota Lynx) ou Natalie Nakase (entraîneuse des Valkyries de Golden State), à ceux qui militent pour des critères biologiques stricts.
Les fédérations sportives face à un dilemme
La polémique dépasse le cadre du basket. Le Comité international olympique (CIO) a annoncé qu'il imposerait des tests génétiques pour les compétitions féminines aux Jeux de 2028. De son côté, la WTA, la fédération internationale de tennis, a également décidé d'adopter des critères similaires pour ses tournois féminins. Ces mesures visent à répondre aux critiques des associations qui dénoncent une inégalité de traitement entre les athlètes.
Aux États-Unis, la question est d'autant plus sensible que plusieurs États, dirigés par des gouverneurs républicains, ont adopté des lois restreignant la participation des athlètes transgenres dans les compétitions féminines scolaires ou universitaires. Ces législations locales ajoutent une dimension politique à un débat déjà complexe.
Réactions des acteurs du sport féminin
Le syndicat des joueuses de la WNBA, la WNBPA, a réagi rapidement à l'annonce des deux anciens joueurs. Dans un communiqué publié le 7 août, l'organisation a réaffirmé son engagement en faveur de « la justice, de l'équité, de la diversité et de l'inclusion », tout en dénonçant « la haine, les abus et la démonisation » envers la communauté transgenre. Le syndicat n'a pas directement commenté les candidatures de White et Freedom, mais a rappelé son opposition à toute forme de discrimination.
Côté politique, Royce White, connu pour ses positions conservatrices et son soutien à Donald Trump, a transformé sa candidature en acte militant. Ancien joueur des Houston Rockets, il n'a disputé que trois matchs en NBA en raison de son anxiété liée aux voyages en avion, avant de se tourner vers une carrière politique. Son engagement en faveur des règles d'éligibilité de la WNBA s'inscrit dans une logique plus large de rejet de ce qu'il qualifie de « dérive progressiste » dans le sport.
Ce qui est certain, c'est que la polémique ne s'éteindra pas de sitôt. Entre les revendications des associations LGBTQ+, les positions des fédérations et les prises de position politiques, le sport féminin reste un terrain de bataille sociétal où la question de l'identité et de l'équité se mêle à celle de la performance.
La WNBA autorise les joueuses à participer sur la base de l'auto-identification. Aucune vérification biologique ou médicale n'est exigée. Cette règle, en vigueur depuis plusieurs années, place la ligue en première ligne du débat sur l'inclusion des athlètes transgenres dans le sport féminin.
Le Comité international olympique (CIO) a décidé d'imposer des tests génétiques pour les compétitions féminines afin de répondre aux critiques sur l'équité sportive. Cette mesure vise à éviter que des athlètes assignées homme à la naissance ne participent aux épreuves féminines, sans pour autant exclure totalement les femmes transgenres.