Deux navires ont été frappés mercredi soir en mer Noire par des drones d’attaque russes, selon les autorités de Moscou. D’après Euronews FR, qui reprend les informations du quotidien allemand Bild, l’un de ces cargos est l’« EMIL », un cargo battant pavillon libérien, tandis que le second est le vraquier céréalier « Mera Queen », naviguant sous pavillon de la Guinée-Bissau.

Le ministère russe de la Défense a confirmé ces attaques dans un communiqué publié sur son compte Telegram. Dans son message, il indique que les deux navires transportaient, selon les autorités russes, du matériel militaire. Les frappes ont eu lieu au sud et à l’est d’Odessa, une zone particulièrement exposée aux tensions depuis le début du conflit entre la Russie et l’Ukraine.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux cargos ont été visés mercredi soir en mer Noire par des drones russes, selon les autorités de Moscou et Bild.
  • Le cargo « EMIL », battant pavillon libérien et appartenant à l’armateur allemand Johann M. K. Blumenthal GmbH & Co. KG, a été touché à plusieurs reprises avant qu’un incendie ne se déclare.
  • Onze personnes se trouvaient à bord de l’« EMIL », dont aucun ressortissant allemand. Aucune victime n’est à déplorer, mais le navire a été immobilisé.
  • Le deuxième navire, le vraquier « Mera Queen » (pavillon Guinée-Bissau), a subi une attaque ayant causé la mort d’un membre d’équipage.
  • Les frappes ont eu lieu à environ 21 milles nautiques du port d’Odessa, une zone maritime stratégique.

Un cargo allemand frappé à plusieurs reprises en mer Noire

L’« EMIL », cargo battant pavillon libérien et appartenant à l’armateur hambourgeois Johann M. K. Blumenthal GmbH & Co. KG, a été la cible d’une attaque de drones russes mercredi soir. Selon Bild, le navire aurait été touché à plusieurs reprises par des engins volants, provoquant un incendie et la panne de plusieurs systèmes techniques. Le cargo, immobilisé en mer, a vu son équipage mis en sécurité.

Alors que les membres d’équipage étaient évacués, le cargo a été de nouveau visé par des drones, sans que de nouvelles victimes ne soient signalées. Aucune nationalité allemande ne figurait parmi les onze personnes présentes à bord au moment de l’attaque. L’« EMIL » se trouvait à environ 21 milles nautiques du port ukrainien d’Odessa, une distance équivalente à près de 39 kilomètres des côtes.

Un bilan humain lourd pour le vraquier « Mera Queen »

Le second navire touché, le vraquier céréalier « Mera Queen », bat pavillon de la Guinée-Bissau. Contrairement à l’« EMIL », cette attaque a causé la mort d’un membre d’équipage, selon les informations rapportées par Bild. Les circonstances exactes de l’incident restent floues, mais les autorités russes, dans leur communiqué, évoquent une frappe ciblant du matériel militaire.

Ce vraquier, spécialisé dans le transport de céréales, opérait également dans la zone maritime située au large d’Odessa. La présence de cargaisons de céréales pourrait expliquer, selon certains analystes, l’intérêt stratégique de cette région pour les belligérants, notamment dans le contexte de la guerre en Ukraine qui a perturbé les exportations agricoles mondiales.

Moscou revendique les attaques, mais le contexte reste tendu

Le ministère russe de la Défense a confirmé les frappes sur son compte Telegram, affirmant que les deux cargos transportaient du matériel militaire. Ces déclarations interviennent alors que les tensions en mer Noire restent élevées depuis le début du conflit entre la Russie et l’Ukraine en février 2022. La région, cruciale pour les échanges maritimes, est régulièrement le théâtre d’incidents impliquant des drones, des missiles ou des navires.

La mer Noire est devenue un théâtre d’opérations secondaires mais stratégique dans ce conflit. Les attaques de drones russes, en particulier, se sont multipliées ces derniers mois, ciblant aussi bien des infrastructures portuaires ukrainiennes que des navires civils perçus comme soutenant l’effort de guerre ukrainien. Selon plusieurs observateurs, ces frappes visent à affaiblir l’économie ukrainienne et à limiter sa capacité à exporter ses productions agricoles.

Et maintenant ?

Les prochaines heures pourraient révéler l’ampleur des dégâts causés aux deux navires, ainsi que les réactions internationales à ces attaques. La communauté maritime pourrait être appelée à renforcer les mesures de sécurité dans la région, tandis que les autorités ukrainiennes et russes pourraient multiplier les déclarations accusatrices. Une enquête indépendante, si elle est autorisée, pourrait également éclairer les circonstances exactes de ces frappes et déterminer si des civils ou des infrastructures non militaires ont été visés illégalement.

Reste à savoir si ces incidents entraîneront une réponse militaire ou diplomatique de la part des pays dont les navires ont été attaqués, ou de l’Union européenne, qui pourrait durcir ses sanctions contre Moscou. Une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pourrait également être envisagée pour examiner la situation en mer Noire.

La mer Noire est stratégique pour les deux camps. Pour l’Ukraine, elle permet d’exporter ses céréales et d’importer des armes. Pour la Russie, le contrôle de cette zone limite la capacité ukrainienne à commercer et renforce sa position militaire. Depuis 2022, les attaques de drones, de missiles et de navires y sont fréquentes, transformant ces eaux en un front indirect du conflit.