Le préfet de Paris, Laurent Nunez, s’est constitué partie civile dans le cadre d’une enquête ouverte après des propos racistes tenus à l’encontre de Bally Bagayoko, député LFI et maire de Saint-Denis, sur la chaîne d’information CNews. Cette décision fait suite à une plainte déposée par l’élu lui-même, indique Le Monde - Politique. Par ailleurs, une seconde enquête a été lancée pour cyberharcèlement, également lié à la couleur de peau de l’élu, cette fois sur le réseau social X, anciennement Twitter.

Ce qu'il faut retenir

  • Une première enquête a été ouverte pour des propos racistes tenus sur CNews envers Bally Bagayoko, député LFI et maire de Saint-Denis.
  • Le préfet de Paris, Laurent Nunez, s’est constitué partie civile dans cette affaire.
  • Une seconde enquête concerne un cyberharcèlement subi par l’élu sur le réseau social X, en raison de sa couleur de peau.
  • Les deux enquêtes ont été déclenchées après le dépôt d’une plainte par Bally Bagayoko.

Une plainte pour propos racistes à l’antenne de CNews

Bally Bagayoko, figure politique bien connue du paysage français — élu maire de Saint-Denis en 2020 et député depuis 2022 — a porté plainte contre X pour des propos tenus lors d’une émission diffusée sur CNews. Selon les éléments rapportés par Le Monde - Politique, les propos en question auraient un caractère raciste et viseraient directement l’élu en raison de ses origines. Le préfet de Paris, Laurent Nunez, a choisi de se joindre à la procédure en tant que partie civile, une décision qui souligne la gravité des faits aux yeux des autorités publiques.

Cette initiative du préfet intervient dans un contexte où les discours de haine et les propos discriminatoires font l’objet d’une attention accrue de la part des institutions. Laurent Nunez a d’ailleurs rappelé, lors d’une conférence de presse, que « la lutte contre le racisme et les discriminations constitue une priorité absolue ». L’enquête, confiée à la police judiciaire, vise à identifier les auteurs des propos et à déterminer les responsabilités éventuelles.

Un cyberharcèlement ciblé sur le réseau social X

Parallèlement à l’enquête sur CNews, une seconde procédure a été engagée pour cyberharcèlement envers Bally Bagayoko. Toujours selon Le Monde - Politique, les messages reçus par l’élu sur X — anciennement Twitter — auraient un caractère discriminatoire, directement lié à la couleur de sa peau. Les investigations menées par les enquêteurs devront établir si ces actes relèvent d’une campagne coordonnée ou de comportements individuels répétés.

Ce second volet de l’affaire intervient dans un contexte où les réseaux sociaux sont régulièrement pointés du doigt pour leur rôle dans la propagation de discours haineux. Les plateformes, dont X, sont tenues de coopérer avec les autorités pour identifier les comptes à l’origine de ces messages. Bally Bagayoko a d’ailleurs indiqué avoir « subi des semaines de harcèlement en ligne », précisant que ces agissements avaient des répercussions sur son travail et sa vie personnelle. Les enquêteurs devront déterminer si des éléments pénaux peuvent être retenus contre les auteurs de ces messages.

Et maintenant ?

Les deux enquêtes, confiées à des services spécialisés, devraient désormais suivre leur cours. Les enquêteurs devront identifier les responsables des propos tenus sur CNews et des messages reçus sur X, ce qui pourrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Une fois les auteurs identifiés, les procureurs disposeront des éléments nécessaires pour décider des suites à donner, allant d’un classement sans suite à des poursuites pénales. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la modération des contenus haineux sur les plateformes numériques et les chaînes d’information en continu.

Réactions et prises de position attendues

Cette affaire a déjà suscité des réactions au sein de la classe politique. Plusieurs élus, notamment issus de La France Insoumise, ont exprimé leur soutien à Bally Bagayoko, dénonçant une « montée des discours racistes » dans le débat public. De son côté, la direction de CNews n’a pas encore réagi publiquement à l’ouverture de cette enquête, mais l’affaire pourrait relancer les critiques sur le traitement de l’information et des invités sur la chaîne.

Côté institutions, le préfet Laurent Nunez a réaffirmé son engagement dans la lutte contre les discriminations, rappelant que « la protection des élus et des citoyens contre les discours de haine est un enjeu démocratique majeur ». Les prochaines étapes de ces enquêtes pourraient donc être suivies avec attention, tant par les responsables politiques que par les associations de défense des droits humains.

En France, les propos racistes sont passibles de sanctions pénales prévues par la loi. L’article 24 de la loi sur la liberté de la presse de 1881 punit les injures et diffamations à caractère raciste d’une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Ces peines peuvent être aggravées si les propos sont tenus par un responsable public ou relayés par un média. Concernant le cyberharcèlement, les auteurs s’exposent à des peines pouvant atteindre trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende, selon les dispositions du Code pénal.

Les plateformes numériques, comme X, sont tenues de respecter la loi française et européenne en matière de modération des contenus. Elles doivent retirer promptement les messages manifestement illicites, sous peine de sanctions. En France, l’article 6 de la loi Avia (2020) impose aux hébergeurs de supprimer les contenus haineux sous 24 heures après signalement. En cas de manquement, les plateformes s’exposent à des amendes pouvant atteindre 4 % de leur chiffre d’affaires mondial.