Une nouvelle attaque de drones a visé une infrastructure gazière stratégique en Russie, selon le géant énergétique Gazprom. La station assurant la fiabilité des exportations de gaz via le gazoduc TurkStream, situé en territoire russe, a été la cible d’un assaut mené par trois drones, a indiqué l’entreprise ce 2 avril 2026, précisant qu’aucun dommage n’avait été constaté. Ces déclarations surviennent alors que Moscou multiplie les accusations contre Kiev, qu’il accuse d’avoir perpétré une attaque similaire le 12 mars 2026 contre cette même installation, une allégation rejetée par l’Ukraine.
Ce qu'il faut retenir
- Une attaque de trois drones a ciblé la station de contrôle du gazoduc TurkStream en Russie, selon Gazprom.
- L’entreprise affirme que aucun dégât n’a été enregistré lors de l’incident.
- Le Kremlin a accusé l’Ukraine d’être responsable d’une attaque similaire le 12 mars 2026.
- Le gazoduc TurkStream, essentiel pour les exportations de gaz russe vers la Turquie et l’Europe du Sud-Est, est au cœur des tensions depuis le début du conflit.
Une attaque revendiquée par Moscou, contestée par Kiev
Selon Gazprom, la station de compression située sur le tracé du gazoduc TurkStream a été visée par des drones ukrainiens dans la nuit du 1er au 2 avril 2026. L’entreprise russe a souligné que l’attaque n’avait causé aucun dommage matériel, ni perturbation des flux de gaz. « La station assurant la fiabilité des exportations de gaz via le gazoduc TurkStream a été la cible d’une attaque de trois drones », a indiqué Gazprom dans un communiqué, sans préciser l’origine exacte des engins.
Cette version des faits contraste avec celle avancée par le Kremlin, qui avait déjà accusé l’Ukraine d’une attaque similaire le 12 mars 2026, sans apporter de preuves publiques. « Une attaque de drones irresponsable » contre une infrastructure énergétique essentielle, avait alors dénoncé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Kiev, de son côté, n’a pas réagi officiellement à ces accusations, mais les autorités ukrainiennes ont souvent nié être à l’origine d’opérations ciblant les infrastructures gazières ou pétrolières russes, malgré les multiples alertes lancées par Moscou.
Le TurkStream, un enjeu énergétique et géopolitique
Mise en service en 2020, la liaison TurkStream permet à la Russie d’exporter du gaz vers la Turquie et plusieurs pays d’Europe du Sud-Est, contournant ainsi l’Ukraine. Ce gazoduc, long de plus de 900 kilomètres, est considéré comme un outil clé pour la stratégie énergétique de Moscou, notamment dans un contexte de tensions avec l’Union européenne, qui a réduit ses importations de gaz russe depuis le début de la guerre en Ukraine. Les attaques répétées contre des infrastructures gazières russes ont déjà provoqué des perturbations ponctuelles, sans remettre en cause durablement les exportations.
Le TurkStream est également au cœur des débats sur la dépendance énergétique européenne. Alors que Bruxelles cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement, la Russie continue de jouer un rôle majeur sur le marché du gaz, notamment en hiver. Toute interruption, même temporaire, des flux via ce gazoduc pourrait avoir des répercussions sur les prix et la sécurité énergétique de plusieurs pays, dont la Turquie, la Bulgarie ou la Serbie.
Reste à savoir si Kiev, qui dément toute implication, répondra aux accusations russes par des actes ou des déclarations. La guerre des communiqués, en revanche, semble s’intensifier. Dans un contexte où chaque camp cherche à affaiblir l’image de l’autre sur la scène internationale, les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’ampleur de cette nouvelle crise.
Le TurkStream permet à la Russie d’exporter du gaz vers la Turquie et plusieurs pays d’Europe du Sud-Est, contournant l’Ukraine. Avec une capacité annuelle de 31,5 milliards de mètres cubes, il représente environ 10 % des exportations russes de gaz vers l’Europe, selon les données de Gazprom. Son interruption, même partielle, pourrait entraîner des tensions sur les prix et la sécurité énergétique de plusieurs pays, notamment en cas de demande accrue en hiver.
