Deux restaurants ont été la cible d’incendies volontaires en l’espace de vingt-quatre heures en Corse-du-Sud, dans la nuit du 29 avril au 1er mai 2026. Selon BFM - Faits Divers, les autorités judiciaires d’Ajaccio ont confirmé ce samedi 2 mai que la piste criminelle était privilégiée dans les deux cas.
Ce qu'il faut retenir
- Un restaurant-pizzeria incendié dans la nuit du 29 au 30 avril à Sainte-Lucie-de-Tallano, établissement fermé et sans victime
- Une paillote ravagée par les flammes dans la nuit suivante, à Fozzano, à quelques kilomètres du premier sinistre
- Les deux enquêtes, menées sous l’autorité du parquet d’Ajaccio, visent des faits de « destruction de bien par moyen dangereux » et de « détention et transport de substance incendiaire »
- Les gendarmes privilégient désormais la piste criminelle, après une première phase d’investigations
- En janvier 2026, le procureur d’Ajaccio avait rappelé que la lutte contre les incendies volontaires figurait parmi les priorités en Corse
Premier incendie : une terrasse de restaurant-pizzeria réduite en cendres
Dans la nuit du mercredi 29 au jeudi 30 avril, vers une heure du matin, la terrasse du restaurant-pizzeria Rossignoli à Sainte-Lucie-de-Tallano a été entièrement détruite par les flammes. L’établissement, fermé au moment des faits, n’a pas déploré de blessé, selon les informations communiquées par le parquet d’Ajaccio à BFM - Faits Divers. Les premiers constats laissent supposer l’utilisation d’un moyen dangereux pour provoquer l’incendie.
Dès le lendemain, une enquête pour « destruction de bien par moyen dangereux » ainsi que pour « détention et transport de substance incendiaire » a été ouverte. Les gendarmes, placés sous l’autorité du parquet d’Ajaccio, ont rapidement orienté leurs investigations vers une origine criminelle. Les autorités n’ont pas communiqué de détails supplémentaires sur les méthodes utilisées ou les éventuels suspects, mais l’absence de traces d’un court-circuit ou de défaillance technique a renforcé cette hypothèse.
Second incendie : une paillote visée dans la nuit suivante
Moins de vingt-quatre heures plus tard, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, un nouvel incendie a frappé un établissement situé à Fozzano, à quelques kilomètres seulement du premier sinistre. L’alerte a été donnée vers deux heures du matin, mais l’établissement, une paillote, n’a pu être sauvé. Comme pour le premier incendie, aucune victime n’est à déplorer.
L’enquête, confiée aux gendarmes sous la supervision du parquet d’Ajaccio, s’articule autour des mêmes chefs d’accusation : « destruction par moyen dangereux ». Les autorités judiciaires ont confirmé à BFM - Faits Divers que la piste criminelle était désormais privilégiée, sans pour autant écarter d’autres hypothèses dans l’attente des résultats des analyses techniques.
Un contexte marqué par la lutte contre les incendies volontaires en Corse
Ces deux incendies surviennent dans un contexte où la Corse-du-Sud, comme le reste de l’île, reste sous haute surveillance en matière de criminalité organisée et d’actes de malveillance. En janvier 2026, le procureur d’Ajaccio, Nicolas Septe, avait rappelé lors d’une conférence de presse les priorités de l’action publique pour l’année en cours. Parmi elles figuraient « la criminalité organisée, les incendies volontaires, les extorsions, mais aussi les saisies d’avoirs criminels ».
Ces déclarations interviennent alors que les autorités locales et nationales multiplient les dispositifs pour lutter contre les violences et les actes de sabotage en Corse. Les incendies volontaires, en particulier, représentent un enjeu majeur pour la sécurité des biens et des personnes, ainsi que pour l’économie locale, fortement dépendante du tourisme.
Des enquêtes en cours sous haute surveillance judiciaire
Les deux affaires ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie, en coordination avec le parquet d’Ajaccio. Les enquêteurs disposent désormais de deux pistes principales : une possible implication de groupes criminels locaux, ou une vengeance ciblant les propriétaires des établissements. Aucune arrestation n’a encore été opérée à ce stade, mais les investigations se poursuivent activement.
Les autorités appellent à la prudence et invitent toute personne disposant d’informations à se manifester auprès des services de gendarmerie ou du parquet. Les propriétaires des deux établissements touchés, contactés par BFM - Faits Divers, n’ont pas souhaité s’exprimer publiquement pour l’instant, invoquant le respect de l’enquête en cours.
Ces incendies rappellent, une fois de plus, les tensions persistantes dans certaines zones de Corse-du-Sud, où les règlements de comptes et les actes de vengeance restent une menace récurrente pour les acteurs économiques locaux.