Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à la suite de blessures oculaires subies par des mineurs lors des célébrations du sacre du PSG en Ligue des champions, samedi 30 mai 2026. Selon BFM - Faits Divers, une première saisine concernait un adolescent de 13 ans blessé à Bobigny (Seine-Saint-Denis), tandis qu’une seconde vise désormais un jeune homme de 14 ans, hospitalisé en urgence ophtalmologique à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne).

Ce qu'il faut retenir

  • Un mineur de 14 ans a été blessé à l’œil à Fontenay-sous-Bois, où il attribue sa blessure à un tir de LBD
  • Une deuxième enquête a été ouverte à l’IGPN, en plus de celle déjà lancée à Bobigny pour un cas similaire
  • Le parquet de Créteil n’a pour l’heure formulé aucun commentaire sur cette affaire
  • Le jeune homme, actuellement hospitalisé, a perdu définitivement l’usage de son œil droit
  • Les deux enquêtes visent à établir les circonstances exactes des blessures et l’implication éventuelle d’agents de police

Deux mineurs blessés à l’œil en marge des célébrations

Le premier cas, survenu à Bobigny, concernait un adolescent de 13 ans, également blessé à l’œil dans des circonstances similaires. D’après les informations de BFM - Faits Divers, les deux affaires ont été transmises à l’IGPN, l’organe de contrôle de la police nationale, pour une enquête indépendante. À Fontenay-sous-Bois, le jeune homme de 14 ans a été pris en charge en urgence par les secours avant d’être hospitalisé dans un service spécialisé en ophtalmologie.

Les deux victimes ont évoqué des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD), des armes non létales utilisées par les forces de l’ordre lors des rassemblements. Aucun commentaire n’a été émis pour l’instant par le parquet de Créteil, saisi de l’affaire de Fontenay-sous-Bois, ni par la préfecture de police de Paris, contactée par BFM - Faits Divers.

Une perte de vision irréversible pour l’un des adolescents

Côté médical, la situation du mineur hospitalisé à Fontenay-sous-Bois s’avère particulièrement préoccupante. Une personne de son entourage, interrogée par BFM - Faits Divers, a confirmé à la chaîne d’information que l’adolescent a « définitivement perdu l’usage de son œil droit ». Les premiers examens réalisés sur place n’ont pas permis d’écarter un traumatisme irréversible, d’autant que les lésions oculaires provoquées par les projectiles de LBD sont souvent graves et nécessitent une prise en charge spécialisée.

Pour l’heure, les investigations se concentrent sur la reconstitution des événements, l’identification des agents présents sur les lieux et la vérification des protocoles d’utilisation des LBD. Aucune information n’a filtré concernant d’éventuelles sanctions ou mesures disciplinaires prises à l’encontre des policiers impliqués dans les deux affaires.

Contexte et réactions institutionnelles

Ces blessures surviennent dans un contexte de tensions récurrentes entre les forces de l’ordre et certains groupes de supporters, notamment lors des célébrations sportives. Le sacre du PSG, remporté le 30 mai 2026 à Londres contre Tottenham Hotspur, a donné lieu à des scènes de liesse populaires dans plusieurs villes de France, dont Fontenay-sous-Bois et Bobigny. Les autorités locales avaient mis en place des dispositifs de sécurité renforcés pour encadrer les rassemblements spontanés.

Côté politique, le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez, avait réagi dès le lendemain des faits en assurant que « toute la lumière serait faite sur cette affaire ». Aucune déclaration officielle n’a été publiée depuis concernant les deux nouvelles enquêtes en cours à l’IGPN. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu aux sollicitations de BFM - Faits Divers pour préciser si des mesures conservatoires avaient été prises à l’encontre des agents impliqués.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des conclusions des enquêtes menées par l’IGPN, dont les résultats pourraient être transmis aux parquets compétents – Créteil pour Fontenay-sous-Bois et Bobigny pour l’autre affaire – d’ici plusieurs semaines. Une fois les investigations terminées, les magistrats pourront décider d’un classement sans suite, d’une poursuite disciplinaire ou, le cas échéant, de poursuites pénales contre les agents concernés. Dans l’intervalle, les associations de défense des droits humains et les syndicats policiers pourraient également se saisir de ces affaires pour demander des clarifications sur l’usage des LBD lors des rassemblements festifs.

Pour l’adolescent hospitalisé à Fontenay-sous-Bois, la prise en charge médicale et psychologique se poursuivra en parallèle des procédures judiciaires. Les associations de victimes de violences policières, souvent mobilisées dans ce type d’affaires, pourraient également apporter leur soutien à la famille dans les semaines à venir.

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est l’organe de contrôle interne de la police nationale française. Elle est chargée d’enquêter sur les faits commis par des policiers, qu’ils soient pénaux ou disciplinaires. Dans ces deux affaires, l’IGPN a été saisie pour déterminer si les blessures des mineurs sont directement imputables à des tirs de LBD effectués par des agents, et si les procédures ont été respectées.