Un second navire appartenant à un armateur turc a pu traverser le détroit d'Ormuz, a annoncé ce samedi 4 avril le ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu, selon BFM Business. Ce passage intervient plus d'un mois après le début du conflit au Moyen-Orient et alors que Téhéran maintient une pression contrôlée sur la circulation maritime dans cette zone stratégique.
L'Iran avait déjà autorisé un premier navire turc à franchir le détroit le 13 mars, une décision qui avait marqué une inflexion dans sa politique de fermeture quasi-totale de cette route commerciale essentielle. Depuis les frappes américano-israéliennes du 28 février, le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, était en effet devenu le théâtre d'une guerre d'influence indirecte entre Téhéran et les puissances occidentales.
Ce qu'il faut retenir
- Un second navire turc a traversé le détroit d'Ormuz, portant à deux le nombre de bâtiments autorisés par l'Iran depuis le 13 mars.
- Les deux navires concernés appartiennent à des armateurs turcs et ont été identifiés sous les noms Rozana et Neraki.
- Sur les quinze navires turcs bloqués, seuls neuf ont demandé à traverser, dont deux navires de production d'énergie toujours stationnés sur place.
- Un porte-conteneur du groupe français CMA-CGM et un méthanier japonais ont également emprunté le détroit jeudi, marquant le retour progressif de certains acteurs maritimes internationaux.
- L'Iran impose des facilités sélectives aux navires en provenance de pays jugés « amicaux », tout en maintenant une pression sur ceux associés à des États perçus comme hostiles.
Une levée progressive sous conditions
Selon les déclarations du ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu, les deux navires autorisés à traverser le détroit bénéficient de facilités en raison de leurs liens avec l'Iran. « Cela s'explique par nos initiatives et aussi parce qu'ils utilisaient des ports iraniens, ou transportaient des marchandises en provenance ou à destination d'Iran », a-t-il expliqué lors d'une interview sur la chaîne privée turque CNN Turk, d'après BFM Business.
Parmi les quinze navires turcs initialement bloqués, seuls neuf ont formulé une demande de passage. Quatre n'ont pas sollicité cette autorisation, tandis que deux autres, spécialisés dans la production d'énergie, restent stationnés sur zone. Les deux derniers attendent, quant à eux, une amélioration de la situation. « Nous essayons de coordonner avec notre ministère des Affaires étrangères le passage des neuf navires restants », a précisé le ministre. Il n'a pas communiqué la date exacte du second passage, confirmant uniquement qu'il avait eu lieu « ce samedi 4 avril ».
Le retour progressif de certains acteurs maritimes
Alors que le détroit d'Ormuz était presque entièrement paralysé depuis début mars, quelques navires ont récemment pu franchir cette zone sous haute tension. Selon des données de suivi maritime consultées par l'AFP, un porte-conteneur du transporteur français CMA-CGM — dont le siège est à Marseille et qui possède BFMTV et BFM Business — a traversé le détroit d'ouest en est jeudi après-midi, sous pavillon maltais. Le navire affichait, via son signal de navigation, un « propriétaire français », ce qui en ferait le premier passage connu d'un grand groupe européen de transport maritime depuis le début du conflit.
Un méthanier japonais a également emprunté la même route, marquant ainsi un timide retour de la navigation commerciale internationale. Plusieurs sources du secteur maritime et des responsables gouvernementaux confirment que l'Iran applique une politique de péages informels, accordant des facilités aux navires issus de pays considérés comme « amicaux », tout en maintenant une posture ferme envers ceux associés à des États jugés hostiles. Cette stratégie vise à maintenir une pression économique tout en évitant une escalade militaire directe.
Un détroit stratégique au cœur des tensions régionales
Le détroit d'Ormuz, passage obligatoire entre le golfe Persique et la mer d'Oman, est un enjeu majeur pour l'approvisionnement énergétique mondial. Avant le conflit, près de 20 % du pétrole et 30 % du gaz liquéfié transitaient par cette voie. Depuis les frappes du 28 février, l'Iran avait quasi-fermé le détroit, provoquant une envolée des prix de l'énergie et des craintes sur la stabilité des approvisionnements. Les tensions entre Téhéran et Washington, ainsi que le soutien iranien au Hamas et au Hezbollah, ont exacerbé les risques de blocage durable.
Pour autant, les récentes autorisations de passage — bien que limitées — montrent que l'Iran conserve une marge de manœuvre pour négocier. « L'Iran impose des formes de péages informels et accorde des facilités aux navires issus de pays jugés 'amicaux' », soulignent plusieurs acteurs du secteur maritime cités par BFM Business. Cette approche sélective permet à Téhéran de peser sur les décisions internationales tout en évitant une confrontation directe avec les puissances occidentales.
Pour l'heure, les armateurs turcs et internationaux semblent adopter une posture prudente, tandis que les prix de l'énergie restent sensibles à toute nouvelle perturbation dans la région. La communauté maritime surveille de près les prochains mouvements, alors que le détroit d'Ormuz reste un symbole des tensions persistantes au Moyen-Orient.
D'après les déclarations du ministre turc des Transports, Abdulkadir Uraloglu, l'Iran accorde des facilités aux navires en provenance de pays jugés « amicaux » ou liés à des échanges commerciaux avec l'Iran, comme les ports turcs ou les marchandises transitant par le pays. Cette stratégie permet à Téhéran de maintenir une pression économique tout en évitant une escalade militaire directe.
Quinze navires appartenant à des armateurs turcs étaient bloqués dans la région au moment du déclenchement de la guerre. Parmi eux, seuls neuf ont demandé à traverser le détroit d'Ormuz, dont deux sont toujours stationnés sur place.
