Le géant mondial des spiritueux Diageo a dévoilé jeudi un ambitieux plan de restructuration et d’économies d’un milliard de dollars (870 millions d’euros), visant à redresser des ventes en berne et à s’adapter à une demande globale en ralentissement, selon Euronews FR.
Ce plan, présenté par le nouveau directeur général Dave Lewis, marque un virage stratégique majeur pour le groupe, qui renonce à son objectif de croissance à moyen terme de 5 % à 7 % par an. Désormais, Diageo table sur une progression organique de son chiffre d’affaires net limitée à quelques pourcents par an jusqu’à l’exercice 2029, une révision qui reflète les défis persistants du secteur des boissons alcoolisées.
Ce qu'il faut retenir
- Diageo lance un plan de restructuration et d’économies d’un milliard de dollars (870 millions d’euros) sur trois ans.
- Le groupe abandonne son objectif de croissance annuelle de 5 % à 7 % pour le remplacer par une progression limitée à « quelques pourcents » jusqu’en 2029.
- Dave Lewis, surnommé « Drastic Dave », mise sur des coupes budgétaires et une refonte de la structure de coûts pour relancer les ventes.
- Les économies proviendront notamment de la réduction des dépenses liées à des capacités de production prévues pour une croissance qui ne s’est pas matérialisée.
- Le secteur des boissons alcoolisées subit un ralentissement de la demande, influencé par l’inflation, l’évolution des habitudes de consommation et l’essor des boissons sans alcool.
Un plan d’économies pour répondre à des ventes en berne
Dave Lewis, arrivé à la tête de Diageo en 2024, a justifié ce plan par la nécessité de s’adapter à un environnement économique et commercial de plus en plus exigeant. « Nous devons agir de manière proactive pour transformer notre structure de coûts et nous préparer à une demande plus atone dans les années à venir », a-t-il indiqué. Le groupe, qui détient des marques emblématiques comme Johnnie Walker, Guinness ou Smirnoff, affiche des résultats en demi-teinte depuis plusieurs années, avec des ventes stagnantes ou en recul dans plusieurs régions clés.
Les investisseurs ont réagi favorablement à cette annonce, voyant dans ce plan une réponse concrète aux défis structurels du secteur. « Les mesures proposées par Lewis montrent qu’il prend la situation au sérieux et qu’il est prêt à prendre des décisions difficiles pour assurer la pérennité de l’entreprise », a commenté un analyste du secteur, sous couvert d’anonymat.
Des coupes budgétaires radicales et des restructurations profondes
Le plan de Diageo s’articule autour de trois axes principaux : la réduction des coûts opérationnels, la suppression des redondances entre les processus régionaux et globaux, et la réévaluation des investissements prévus pour une croissance qui ne s’est pas concrétisée. Selon les estimations, 70 % des économies, soit un milliard de dollars sur les 1,2 milliard engagés, ont déjà été identifiés. Les économies restantes seront réalisées d’ici 2029.
Dave Lewis, connu pour ses méthodes radicales lors de ses précédents mandats chez Tesco et Unilever, a confirmé que ce plan aurait un « impact important » sur les effectifs. Bien que le nombre exact de postes concernés ne soit pas encore connu, les consultations sont en cours dans plusieurs régions. « Les changements toucheront principalement les fonctions de support et les processus redondants, mais nous prendrons le temps nécessaire pour mener ces discussions de manière responsable », a-t-il précisé.
Un secteur en mutation, confronté à des défis multiples
L’annonce de Diageo s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés pour l’industrie mondiale des boissons alcoolisées. Depuis la pandémie, les habitudes de consommation ont profondément évolué : baisse de la fréquence d’achat, préférence pour des boissons à faible teneur en alcool ou sans alcool, et sensibilité accrue des consommateurs aux prix en raison de l’inflation et de la crise du coût de la vie.
Ces tendances, combinées à une concurrence accrue et à une demande moins dynamique, poussent les grands acteurs du secteur à revoir leurs stratégies. « La baisse de la consommation d’alcool traditionnel et l’essor des alternatives sans alcool obligent les groupes à s’adapter rapidement pour ne pas perdre des parts de marché », explique une source proche du dossier. D’autres géants comme Heineken et Pernod Ricard ont également lancé des plans similaires de réduction des coûts et d’optimisation de leurs structures.
Dans l’immédiat, les analystes s’attendent à ce que les marchés réagissent positivement à cette annonce, à condition que les économies promises se concrétisent sans nuire à la qualité des produits ou à l’expérience client. « Tout dépendra de la manière dont Diageo parviendra à concilier réduction des coûts et préservation de sa marque, qui reste un actif majeur », souligne un expert du secteur.
Le plan de restructuration de Diageo concerne l’ensemble du groupe et ses activités mondiales. Parmi les marques emblématiques du groupe figurent Johnnie Walker, Guinness et Smirnoff, mais les mesures s’appliqueront à toutes les filiales et fonctions support du géant des spiritueux.
Selon les prévisions de Diageo, 70 % des économies, soit un milliard de dollars, devraient être réalisées d’ici 2027. Les 30 % restants seront engagés d’ici 2029, avec un impact progressif sur les résultats financiers du groupe.