Selon Libération, Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts (EELV), a révélé dans un podcast diffusé par ICI avoir réalisé un diagnostic pré-implantatoire (DPI-A) dans le cadre de son parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Ce test, qui permet d’évaluer la viabilité des embryons avant une fécondation in vitro, est strictement encadré en France, où il reste interdit pour les couples ne présentant pas de risques génétiques avérés.
Ce qu'il faut retenir
- Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, a confirmé avoir effectué un diagnostic pré-implantatoire (DPI-A) en Belgique
- Ce test, interdit en France pour les indications non médicales, permet d’évaluer la viabilité des embryons avant une fécondation in vitro
- En France, le DPI est strictement encadré et réservé aux couples présentant des risques génétiques majeurs
- La révélation a été faite dans le cadre d’un podcast diffusé par ICI, média de Radio France
Un parcours de PMA à l’étranger pour contourner la réglementation française
Marine Tondelier a expliqué avoir réalisé ce diagnostic pré-implantatoire en Belgique, pays où la législation est plus souple qu’en France. Le DPI-A, qui consiste à analyser les embryons créés in vitro avant leur transfert dans l’utérus, est autorisé sous conditions en Belgique, notamment pour les couples souhaitant éviter la transmission de maladies génétiques graves. En revanche, en France, ce test est réservé aux couples présentant un risque élevé de transmettre une maladie d’une particulière gravité, reconnue comme incurable au moment du diagnostic.
Cette révélation intervient dans un contexte où la question de l’accès à la PMA pour toutes les femmes, y compris celles ne souffrant pas d’infertilité médicale, reste un sujet de débat politique et sociétal. Depuis l’ouverture de la PMA à toutes les femmes en 2021, le cadre légal français n’a pas évolué pour élargir les indications du DPI. Autant dire que le parcours de Marine Tondelier, bien que légal en Belgique, soulève des questions sur les limites imposées par la loi française.
Un cadre légal français restrictif pour le DPI
En France, le diagnostic pré-implantatoire est encadré par l’Agence de la biomédecine, qui fixe des critères très stricts. Selon les dispositions légales, le DPI ne peut être réalisé que pour des couples dont l’un des membres est atteint d’une maladie génétique grave et incurable, ou pour prévenir la transmission d’une maladie particulièrement sévère. La loi précise que le DPI ne peut être utilisé pour des indications non médicales, comme le choix du sexe de l’enfant ou des critères esthétiques.
Cette restriction vise à éviter les dérives eugénistes et à maintenir un équilibre entre le droit à la procréation et la protection de la diversité génétique. Pourtant, des voix s’élèvent pour demander une révision de ce cadre, notamment au sein des associations de patients et des partis politiques progressistes. Marine Tondelier, en révélant son parcours, relance donc le débat sur la pertinence des restrictions actuelles.
« J’ai fait un DPI en Belgique parce que la loi française ne me le permettait pas. Ce n’est pas un choix de confort, mais une nécessité pour éviter de transmettre une maladie génétique. »
— Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts
Des réactions attendues dans le débat politique
La révélation de Marine Tondelier devrait alimenter les discussions au sein de la majorité présidentielle et de l’opposition. Certains élus pourraient y voir une occasion de relancer le débat sur l’élargissement des indications du DPI en France, tandis que d’autres pourraient souligner la nécessité de maintenir un cadre strict pour éviter les dérives. Les associations de personnes handicapées ou atteintes de maladies génétiques, quant à elles, pourraient exprimer des réserves sur un éventuel assouplissement de la loi.
Pour l’instant, le gouvernement n’a pas réagi publiquement à cette annonce. Reste à savoir si cette révélation, qui intervient à quelques mois des élections législatives anticipées, influencera les discussions parlementaires sur la bioéthique. Le dernier texte en date, adopté en 2021, avait déjà suscité de vifs débats, notamment sur l’extension de la PMA à toutes les femmes.
La question de l’harmonisation des législations en Europe, notamment pour les Françaises souhaitant bénéficier d’un DPI, pourrait également revenir sur le devant de la scène. Reste à voir si cette affaire débouchera sur une évolution législative ou si elle restera cantonnée au débat public.
Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est un examen réalisé sur des embryons conçus par fécondation in vitro, avant leur transfert dans l’utérus. Il permet de détecter d’éventuelles anomalies génétiques ou chromosomiques. Le DPI-A (pour « aneuploïdie ») vise spécifiquement à identifier les embryons porteurs d’anomalies du nombre de chromosomes, comme la trisomie 21, qui peuvent entraîner des fausses couches ou des maladies génétiques. En France, le DPI classique est réservé aux couples à risque de transmettre une maladie grave, tandis que le DPI-A est plus rarement autorisé.