Alors que les équipes de secours continuent de fouiller les décombres des deux séismes qui ont frappé le Venezuela, les quelque 250 000 Vénézuéliens installés en Floride, et plus particulièrement à Miami, vivent dans l’angoisse et la peine. Selon Libération, nombre d’entre eux tentent de canaliser leur douleur en organisant des collectes de vivres et de médicaments à destination de leur pays d’origine, malgré la distance et l’impuissance ressentie face à la catastrophe.
Ce qu'il faut retenir
- Deux séismes de magnitude 7,3 et 6,8 ont frappé le Venezuela en l’espace de 48 heures, causant des dégâts majeurs et faisant plusieurs centaines de victimes, d’après les dernières estimations.
- La diaspora vénézuélienne à Miami, l’une des plus importantes au monde, est particulièrement touchée par la tragédie, malgré l’éloignement géographique.
- Des associations locales et des particuliers organisent des collectes de vivres, de médicaments et de fonds pour venir en aide aux sinistrés.
- L’anxiété des exilés est amplifiée par l’impossibilité de se rendre sur place pour soutenir leurs proches ou récupérer les corps de leurs proches.
Les deux tremblements de terre, survenus respectivement le 8 et le 10 juin 2026, ont frappé la région côtière de l’État de Sucre, au nord-est du Venezuela. Selon les autorités locales, les bilans provisoires font état de 312 morts et plus de 1 200 blessés, tandis que des milliers de personnes restent sans abri. Les dégâts matériels sont évalués à plus de 500 millions de dollars, avec des bâtiments publics, des hôpitaux et des infrastructures critiques partiellement ou totalement détruits.
À Miami, où vit la plus grande communauté vénézuélienne en exil, l’annonce des séismes a provoqué une onde de choc. « Le fait d’être loin, ça augmente encore l’anxiété », confie Maria Rodriguez, une exilée installée depuis cinq ans à Miami. « On se sent impuissants, on ne peut rien faire d’autre que prier et envoyer de l’aide. » Comme elle, des centaines de Vénézuéliens ont choisi de se réunir dans des centres communautaires ou des églises pour organiser des collectes. Des associations comme Venezolanos Unidos por Miami coordonnent les dons de denrées alimentaires, d’eau potable et de kits médicaux, tandis que des initiatives individuelles se multiplient via les réseaux sociaux.
« On ne peut pas être sur place pour aider directement, alors on fait ce qu’on peut : envoyer de l’aide et faire pression sur les autorités pour qu’elles réagissent vite. »
— Carlos Martinez, porte-parole d’une association d’exilés à Miami
L’éloignement géographique et les restrictions de déplacement imposées par les autorités vénézuéliennes compliquent encore davantage la situation pour les familles séparées. Plusieurs témoignages recueillis par Libération évoquent le sentiment de culpabilité de ne pas pouvoir assister leurs proches, coincés dans des zones isolées ou sous les décombres. « C’est terrible de ne pas savoir si mes parents sont sains et saufs, alors qu’ils vivent dans une région directement touchée », explique Luis Fernandez, dont la mère réside à Cumaná, l’une des villes les plus affectées.
Les associations d’exilés appellent désormais à une mobilisation internationale pour accélérer l’acheminement de l’aide humanitaire. Le gouvernement vénézuélien a officiellement sollicité l’aide de l’ONU et de la Croix-Rouge, mais les retards dans les livraisons et les blocages administratifs freinent les opérations. À Miami, des rassemblements de soutien sont prévus dès ce week-end devant le consulat du Venezuela, afin de faire entendre la voix de la diaspora.
Dans l’immédiat, la diaspora vénézuélienne à Miami reste mobilisée, bien que l’absence de nouvelles précises de certaines familles alimente un climat d’incertitude. Les associations locales ont lancé un numéro vert pour centraliser les demandes d’informations, tandis que des psychologues bénévoles proposent un soutien aux personnes en détresse.
Plusieurs associations locales, comme Venezolanos Unidos por Miami ou Fundación Casa Venezuela, organisent des collectes de vivres, de médicaments et de fonds. Les dons peuvent être déposés dans leurs locaux ou via leurs pages Facebook et Instagram. Une liste des besoins prioritaires est régulièrement mise à jour sur leurs sites.