À huit jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, prévu du 11 juin au 19 juillet, Didier Deschamps a accordé une longue interview à France Inter ce mercredi 3 juin, abordant sans détour son passé, son présent et l’avenir des Bleus. Selon RMC Sport, le sélectionneur, qui quittera ses fonctions à l’issue du Mondial après quatorze ans de règne, a notamment évoqué avec ironie l’épisode de la grève des joueurs à Knysna lors du Mondial 2010, un fiasco encore dans toutes les mémoires.
Ce qu'il faut retenir
- Didier Deschamps a ironisé sur la diffusion d’un documentaire Netflix consacré au fiasco des Bleus à Knysna en 2010.
- Il a déclaré : « Mon carnet de bord, vous ne l’aurez pas », refusant catégoriquement de rendre public ses notes personnelles.
- Le sélectionneur, en poste depuis 2012, a rappelé que l’équipe de France avait « touché le fond » en 2010, avant et après son arrivée.
- Il a évoqué les « versions » du documentaire, soulignant qu’il n’y avait qu’une vérité : celle d’une équipe au plus mal.
- Deschamps a confirmé ne pas avoir regardé le documentaire, tout en reconnaissant en avoir discuté autour de lui.
Interrogé sur le documentaire Netflix retraçant les coulisses du Mondial 2010, dont une partie du « journal de bord » de Raymond Domenech a été rendue publique, Deschamps n’a pas caché son scepticisme. L’ancien sélectionneur, dont les propos tenus dans ce carnet ont choqué, avait dénoncé un « viol de son âme » après les révélations. Pourtant, Netflix affirme avoir obtenu son accord pour diffuser ces extraits. « Mon carnet de bord, vous ne l’aurez pas », a lancé Deschamps avec une pointe d’humour noir. « Dans ma tête, mais personne ne peut rentrer », a-t-il ajouté, précisant qu’il n’avait pas regardé le documentaire et qu’il n’en connaissait que les échos. « Je n’étais pas là, on m’en a parlé. Ce sont toujours des versions, mais il n’y a qu’une vérité. C’est le moment où l’équipe de France a touché le fond. Pire que ça, on ne pouvait pas. »
Le sélectionneur a rappelé que cette période avait marqué un tournant dans l’histoire du football français, avec un « avant » et un « après ». Lui-même en avait fait l’expérience, ayant vécu à l’époque le fait de ne pas participer à la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, qu’il avait regardée à la télévision. « Je n’ai pas toujours été du bon côté », a-t-il reconnu, soulignant que son parcours avait aussi été jalonné de défis.
Deschamps s’est ensuite défendu d’avoir relevé seul le niveau de l’équipe de France à son arrivée en 2012. « Laurent Blanc aussi », a-t-il rappelé, en référence à son prédécesseur, qui avait occupé le poste entre 2010 et 2012. « Il s’est passé ce qu’il s’est passé. Certains en savent plus que d’autres, certains peuvent dire certaines choses qui ne sont pas du tout la vérité. » Une allusion directe aux critiques et aux débats qui ont suivi le fiasco de 2010.
« Ce sont toujours des versions, mais il n’y a qu’une vérité. C’est le moment où l’équipe de France a touché le fond. Pire que ça, on ne pouvait pas. »
— Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus
Sur le même sujet, Deschamps a balayé toute idée de divulguer un jour le contenu de ses propres carnets. « Dans la confiance que les joueurs m’accordent — j’ai des discussions privées avec eux sur leur vie personnelle — ils savent très bien que ça ne sortira pas », a-t-il affirmé. Une manière de rappeler que la discrétion et la confidentialité font partie intégrante de sa méthode de travail, alors que les Bleus s’apprêtent à vivre leur quatrième Coupe du monde sous sa direction.
Alors que la compétition approche, Deschamps a également évoqué d’autres sujets d’actualité, comme l’avenir des joueurs ou le style de jeu des Bleus. Mais c’est bien l’héritage de 2010 qui a dominé l’entretien, un épisode qu’il préfère visiblement laisser derrière lui. « On m’en a parlé, mais je n’ai pas regardé », a-t-il répété, comme pour couper court à toute polémique. « Il y a eu un avant et un après, forcément. Comme moi j’ai connu. »
Dans les prochains jours, les regards se tourneront vers les joueurs et leur capacité à dépasser les ombres du passé. Emmanuel Macron, qui a déjà rencontré l’équipe, devrait à nouveau les encourager avant le début de la compétition. Quant à Deschamps, il a rappelé que son seul objectif désormais était de faire briller les Bleus une dernière fois.