À Dieulefit, petite commune drômoise d’un peu plus de 3 000 habitants, des habitants tirent la sonnette d’alarme sur les difficultés administratives rencontrées pour organiser l’accueil d’Alaa Al-Qatrawi, poétesse originaire de Gaza. Dans une tribune publiée par Le Monde, une vingtaine de signataires dénoncent les lenteurs et les obstacles qui freinent l’installation de cette intellectuelle palestinienne, dont la situation précaire a été médiatisée ces dernières semaines.
Ce qu'il faut retenir
- Des habitants de Dieulefit, en Drôme, alertent dans Le Monde sur les blocages administratifs pour accueillir Alaa Al-Qatrawi, poétesse gazaouie.
- La tribune collective souligne que ces difficultés constituent « une entaille dans notre humanité ».
- Alaa Al-Qatrawi est présentée comme une figure intellectuelle palestinienne dont l’accueil est jugé urgent par les signataires.
- La commune de Dieulefit, connue pour son engagement historique dans l’accueil des réfugiés, se heurte à des procédures administratives jugées trop lourdes.
Les signataires de l’appel, parmi lesquels des élus locaux, des enseignants et des citoyens engagés, rappellent que Dieulefit a toujours été une terre d’accueil. Dès les années 1930, la ville a abrité des réfugiés républicains espagnols, puis, dans les années 1970, des Chiliens fuyant la dictature de Pinochet. Aujourd’hui, la commune abrite déjà plusieurs familles de demandeurs d’asile. Pourtant, l’arrivée d’Alaa Al-Qatrawi, dont le nom circule depuis plusieurs semaines dans les médias, se heurte à des obstacles inattendus.
Parmi les freins évoqués, les signataires citent les délais de traitement des dossiers par les services de l’État, les exigences administratives jugées disproportionnées pour une installation temporaire, et l’absence de réponse claire des autorités locales et nationales. « Ces difficultés administratives sont une entaille dans notre humanité », écrivent-ils, avant d’ajouter : « Nous ne pouvons accepter que des procédures bureaucratiques privent des personnes en danger de la protection dont elles ont besoin. »
« Ces difficultés administratives sont une entaille dans notre humanité. »
— Extrait de la tribune collective publiée dans Le Monde
La tribune ne se limite pas à une dénonciation des lenteurs. Elle met aussi en avant le profil d’Alaa Al-Qatrawi, poétesse et militante dont les textes, souvent centrés sur la condition des femmes dans les zones de conflit, ont été traduits en plusieurs langues. Ses prises de position publiques en faveur de la paix et de la justice sociale lui ont valu des menaces dans la bande de Gaza, où elle résidait avant son départ. Selon les informations rapportées par Le Monde, elle aurait quitté Gaza en 2024, après une série d’arrestations ciblant des intellectuels palestiniens.
Côté administratif, les signataires pointent du doigt les délais pour obtenir un titre de séjour, les exigences en matière de logement ou encore les contrôles sanitaires, jugés trop stricts pour une installation temporaire. « On nous demande des garanties que personne ne pourrait réunir en si peu de temps », explique l’un des co-signataires, enseignant à Dieulefit. Selon lui, la préfecture de la Drôme n’aurait toujours pas répondu à une demande d’audience formulée il y a plus de trois mois.
Côté préfecture de la Drôme, on rappelle que « chaque dossier est examiné au cas par cas, dans le respect des procédures légales ». Interrogé par Le Monde, un porte-parole souligne que « les délais peuvent varier en fonction de la complexité des situations individuelles ». Il précise que « des avancées sont attendues dans les prochaines semaines », sans pouvoir donner de date précise.
Pour l’heure, la poétesse réside temporairement dans un logement associatif à Valence, à une quarantaine de kilomètres de Dieulefit. Ses proches et ses soutiens locaux espèrent que les blocages administratifs seront levés rapidement. « Le temps presse », insiste l’un des signataires, « chaque jour supplémentaire dans l’incertitude aggrave sa situation psychologique ».
Dieulefit, en Drôme, est connue pour son engagement historique en faveur des réfugiés. Dès les années 1930, la ville a accueilli des républicains espagnols fuyant la guerre civile. Dans les années 1970, elle a également abrité des Chiliens fuyant la dictature de Pinochet. Aujourd’hui, la commune compte plusieurs familles de demandeurs d’asile et est souvent citée comme exemple de solidarité.
