Au cœur de la Côte d’Émeraude, Dinard, Saint-Lunaire et Saint-Briac-sur-Mer incarnent depuis près d’un siècle et demi l’élégance des stations balnéaires françaises. Ces trois communes d’Ille-et-Vilaine, devenues des destinations prisées dès le milieu du XIXe siècle, doivent leur prestige à une architecture soignée et à une histoire intimement liée à l’aristocratie britannique. Comme le rapporte Ouest France, leur essor touristique repose sur un héritage unique, mêlant villas Belle Époque, parcs paysagers et une certaine idée du luxe à la française.

Ce qu'il faut retenir

  • Un engouement né au milieu du XIXe siècle, porté par l’aristocratie anglaise en quête de climats doux et de paysages préservés.
  • Plus de 300 villas et hôtels particuliers classés dans ces trois communes, reflétant le style Belle Époque et Art Nouveau.
  • Une architecture influencée par les codes britanniques, avec des résidences secondaires conçues pour résister aux vents marins tout en affichant un raffinement typique.
  • Une clientèle internationale, notamment anglaise, qui a fait de ces stations des lieux de villégiature mondains dès les années 1860.

L’influence britannique, moteur d’un essor architectural sans précédent

C’est à partir de 1850 que Dinard, Saint-Lunaire et Saint-Briac commencent à attirer l’attention des familles aristocratiques anglaises, lassées des brumes de leur île. Selon Ouest France, ces voyageurs fortunés recherchaient des hivers plus cléments et des paysages marins préservés, propices aux longues promenades sur le littoral. « L’arrivée de cette élite a transformé durablement le visage de ces communes », explique un historien local cité par le quotidien. Les villas qu’ils firent construire, souvent en granit rose extrait des carrières bretonnes, mêlaient les styles victorien et éclectique, avec des bow-windows, des vérandas et des toits en ardoise. Bref, un mélange de tradition britannique et d’art de vivre à la française.

Des stations balnéaires devenues des symboles de l’art de vivre à la Belle Époque

Autant dire que l’âge d’or de ces stations coïncide avec la Belle Époque, une période où le tourisme balnéaire s’industrialisait. Dinard, en particulier, se dota d’un casino, d’un golf et d’un port de plaisance, tandis que Saint-Briac abritait des résidences secondaires de peintres et d’écrivains. Les hôtels de luxe, comme le Grand Hôtel de Dinard (inauguré en 1887), accueillaient une clientèle internationale, avide de bains de mer et de soirées mondaines. « Ces stations étaient perçues comme des extensions de la Riviera française », précise Ouest France, soulignant que leur notoriété dépassait largement les frontières de l’Hexagone.

Un patrimoine architectural encore visible aujourd’hui

Si l’afflux des touristes britanniques a marqué un tournant, c’est bien l’architecture qui a pérennisé leur héritage. Aujourd’hui, plus de 300 villas et hôtels particuliers** sont protégés au titre des Monuments historiques ou des sites patrimoniaux remarquables. À Dinard, la villa **Manoir de Port Blanc**, construite en 1885, ou à Saint-Lunaire, la villa **Ker Souveraine**, incarnent cette époque où le granit rencontrait le bois exotique. « Ces constructions témoignent d’un savoir-faire artisanal exceptionnel, avec des boiseries sculptées et des serrureries d’époque », note un expert en patrimoine interrogé par le journal. Pour les amateurs d’histoire, une balade le long de la **Promenade du Clair de Lune** à Dinard, ou dans le centre de Saint-Briac, permet de plonger dans ce passé glorieux.

Et maintenant ?

Alors que le tourisme de masse menace parfois l’authenticité de ces stations, les collectivités locales tentent de concilier préservation du patrimoine et modernité. Un plan de sauvegarde, lancé en 2023, vise à restaurer les façades des villas les plus emblématiques d’ici 2028. Par ailleurs, des visites guidées thématiques, organisées chaque été, attirent toujours plus de visiteurs en quête de ces architectures d’exception. Reste à savoir si ces initiatives suffiront à préserver l’âme de ces lieux, où l’on devine encore les rires des enfants de l’aristocratie britannique jouant dans les jardins.

Ces stations, miroirs d’une époque révolue mais toujours vivante

Finalement, Dinard, Saint-Lunaire et Saint-Briac illustrent comment le tourisme peut façonner un territoire, bien au-delà des simples vacances. Leur élégance architecturale, héritée d’un âge d’or où le monde entier venait s’y ressourcer, continue de séduire les voyageurs d’aujourd’hui. Et si leur fréquentation a évolué — passant d’une clientèle aristocratique à un public plus large —, leur âme, elle, reste intacte. Comme le souligne Ouest France, « ces stations sont des livres ouverts sur l’histoire, où chaque pierre raconte une aventure humaine et sociale ».

Oui, plusieurs d’entre eux sont ouverts au public lors des Journées du Patrimoine ou sur réservation. Par exemple, la villa Ker Souveraine à Saint-Lunaire propose des visites guidées en été. Il est conseillé de se renseigner auprès de l’office de tourisme local pour connaître les modalités.

La Promenade du Clair de Lune à Dinard, le sentier des Douaniers entre Saint-Lunaire et Lancieux, et le front de mer de Saint-Briac sont incontournables. Ces parcours offrent des vues imprenables sur la baie et permettent d’admirer les villas depuis l’extérieur.