Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 1969, « Disons, un soir à dîner », réalisé par Giuseppe Patroni Griffi, marque un tournant dans l’histoire du cinéma italien selon Le Monde. Ce film, qui explore les tensions amoureuses à travers un chassé-croisé sensuel, avait alors provoqué un véritable scandale dans la péninsule, révélant les limites d’une société encore très conservatrice.
Quarante-sept ans plus tard, l’œuvre est de retour sur les écrans dans une version restaurée, offrant au public l’opportunité de redécouvrir un pan du cinéma transgressif de l’époque. Une initiative qui s’inscrit dans une tendance plus large de réhabilitation des classiques du cinéma européen, souvent éclipsés par les productions plus commerciales. Le Monde souligne que ce retour coïncide avec un regain d’intérêt pour les films italiens des années 1960 et 1970, portés par des réalisateurs comme Luchino Visconti, Michelangelo Antonioni ou Federico Fellini.
Ce qu'il faut retenir
- « Disons, un soir à dîner » a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 1969, selon Le Monde.
- Le film, réalisé par Giuseppe Patroni Griffi, a suscité un scandale en Italie en raison de sa représentation audacieuse de la libération sexuelle.
- Une version restaurée du film est désormais projetée en salles, permettant de redécouvrir cette œuvre emblématique.
- L’Italie des années 1960, encore marquée par un catholicisme rigoriste, a été profondément choquée par ce film, considéré comme provocateur.
Un film né d’un contexte social explosif
Dans l’Italie de la fin des années 1960, le cinéma était l’un des rares espaces où les tabous pouvaient être brisés. Giuseppe Patroni Griffi, connu pour son approche audacieuse des relations humaines, a choisi de mettre en scène un trio amoureux complexe, où les désirs et les frustrations s’entremêlent. Le film, adapté d’une pièce de théâtre du même nom, suit les péripéties de trois personnages dont les liens oscillent entre passion, jalousie et trahison.
Selon Le Monde, c’est précisément cette exploration sans fard de la sexualité et de l’infidélité qui a heurté une partie de la société italienne. À une époque où la morale catholique dominait encore largement les comportements, un tel récit était perçu comme une attaque frontale contre les valeurs traditionnelles. Le scandale a été tel que certaines salles de cinéma ont été vandalisées par des groupes conservateurs, tandis que des critiques influents ont qualifié l’œuvre de « pornographique » ou de « moralement douteuse ».
Une restauration pour préserver un patrimoine cinématographique
Près de six décennies après sa sortie, « Disons, un soir à dîner » bénéficie d’une restauration numérique menée par des experts du cinéma italien. L’objectif ? Redonner au film sa qualité visuelle et sonore d’origine, tout en permettant aux nouvelles générations de l’apprécier dans des conditions optimales. Le Monde précise que ce travail a été rendu possible grâce à la collaboration entre la Cineteca di Bologna, l’un des principaux archives cinématographiques européens, et plusieurs laboratoires spécialisés en restauration.
Pour les cinéphiles, cette sortie est une aubaine. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large de préservation des films anciens, souvent menacés par la dégradation des supports originaux. Giuseppe Patroni Griffi, décédé en 2005, n’aura pas pu assister à ce retour en grâce, mais son œuvre continue de fasciner par son audace et sa modernité.
« À travers ce film, j’ai voulu montrer que l’amour et le désir ne se soumettent à aucune règle. C’était une provocation nécessaire dans une société étouffante. »
Giuseppe Patroni Griffi
En attendant, les spectateurs pourront découvrir ou redécouvrir ce film culte, qui reste d’une actualité frappante dans une époque où les questions de sexualité et de liberté individuelle continuent de faire débat. Une œuvre qui, malgré les années, n’a rien perdu de sa puissance subversive.