Comme le rapporte Ouest France, l’enquête concernant la mort de l’ancien ministre Robert Boulin, survenue en octobre 1979, vient d’être confiée au pôle des cold cases de Nanterre. Cette décision répond à une demande expresse de la famille de l’homme politique, qui continue de questionner les circonstances de son décès.

Ce qu'il faut retenir

  • L’enquête sur la mort de Robert Boulin, ancien ministre, est transférée au pôle des cold cases de Nanterre en avril 2026.
  • Cette réouverture fait suite à une première enquête rouverte en 2015, sans conclusion définitive.
  • La famille de l’ancien ministre avait sollicité ce nouveau transfert pour faire avancer les investigations.
  • Le décès de Robert Boulin, survenu en octobre 1979, reste entouré de zones d’ombre.

Une affaire relancée après plus de quatre décennies

L’ancien ministre gaulliste Robert Boulin, figure politique majeure des années 1970, a été retrouvé mort dans une forêt des Yvelines le 30 octobre 1979. Officiellement, les autorités avaient conclu à un suicide, une thèse contestée par une partie de sa famille et de ses proches. Depuis, les zones d’ombre persistent, alimentant les interrogations sur les causes réelles de sa disparition.

En 2015, sous la pression de ses héritiers et après la découverte de nouveaux éléments, l’enquête avait été rouverte par le parquet de Versailles. Cependant, malgré ces avancées, aucun élément probant n’avait permis de trancher définitivement entre suicide et homicide. Le transfert de l’affaire au pôle des cold cases de Nanterre marque une nouvelle étape dans cette quête de vérité.

La famille Boulin à l’origine de cette transmission

C’est à la demande expresse de la famille Boulin que cette enquête a été confiée à Nanterre. « Nous avons toujours souhaité que la lumière soit faite sur les circonstances de la mort de Robert Boulin », a déclaré l’un de ses avocats, comme le rappelle Ouest France. Depuis des décennies, les proches de l’ancien ministre contestent la version officielle, évoquant des éléments troublants qui, selon eux, accréditeraient la thèse d’un assassinat.

Parmi les éléments cités par la famille figure notamment l’absence de trace d’arme à feu sur les lieux, ainsi que des incohérences dans le rapport d’autopsie. Ces éléments, combinés à des témoignages divergents, avaient déjà motivé la réouverture de l’enquête en 2015. Le pôle des cold cases, spécialisé dans le traitement des affaires non élucidées, pourrait apporter un regard neuf sur ces éléments.

Quelles suites pour cette nouvelle enquête ?

Le pôle des cold cases de Nanterre, dirigé par le procureur de la République, dispose désormais de tous les dossiers et éléments accumulés depuis 1979. Les enquêteurs devront examiner les pièces à conviction, réentendre les témoins et analyser les expertises réalisées au fil des années. Une tâche complexe, tant les pistes possibles sont nombreuses et les éléments fragiles.

Si des progrès techniques ou scientifiques peuvent encore être réalisés, comme des analyses ADN ou des relectures d’anciens rapports, les attentes restent mesurées. Les cold cases sont, par définition, des affaires difficiles, où les pistes s’effritent avec le temps. Pourtant, l’implication de la famille Boulin et l’intérêt médiatique constant pourraient donner une nouvelle dynamique à cette enquête.

Et maintenant ?

Le pôle des cold cases de Nanterre devrait prendre contact avec la famille Boulin dans les prochaines semaines pour organiser les modalités de la reprise des investigations. Une première réunion pourrait avoir lieu d’ici la fin du mois d’avril 2026, afin de définir les priorités et les axes de travail. Les proches de l’ancien ministre, qui réclament une reconnaissance officielle de l’homicide, attendent des avancées concrètes, sans pour autant nourrir d’illusions excessives sur la rapidité des résultats.

Pour l’heure, ni le parquet de Nanterre ni la famille Boulin n’ont communiqué sur d’éventuelles annonces à court terme. Une chose est sûre : cette affaire, qui a marqué l’histoire politique française, n’a pas fini de faire parler d’elle.

Ce transfert a été décidé à la demande de la famille Boulin, qui souhaite une réouverture complète de l’enquête. Le pôle des cold cases de Nanterre, spécialisé dans les affaires non résolues, a été jugé plus à même de faire avancer les investigations.