Huit ans après la disparition de Tiphaine Véron, 36 ans, dans la ville japonaise de Nikko, ses proches ont choisi de marquer l’anniversaire de ce drame en érigeant une statue à son effigie. Une initiative symbolique prise mercredi 29 juillet 2026, exactement huit ans après sa disparition, selon Franceinfo – Faits divers.
Ce qu'il faut retenir
- Tiphaine Véron, 36 ans, a disparu le 29 juillet 2018 dans un hôtel de la ville de Nikko, à 150 km au nord de Tokyo.
- Sa famille et les autorités françaises privilégient la piste criminelle, contrairement à la police japonaise qui évoque un possible accident.
- Les données du téléphone de la jeune femme indiquent qu’elle n’a pas quitté sa chambre d’hôtel ce matin-là, une information en contradiction avec les déclarations de l’hôtelier.
- Une statue a été installée à proximité de l’établissement, dans un lieu touristique, pour rappeler que l’affaire reste ouverte.
- En France, le pôle « cold case » de Nanterre suit également l’enquête et réclame l’accès aux images de vidéosurveillance.
Une statue pour entretenir la mémoire et faire pression
C’est à quelques mètres de l’hôtel où Tiphaine Véron a été vue pour la dernière fois que ses proches ont choisi d’installer la statue. Nikko, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, attire chaque année des millions de touristes japonais et internationaux. En plaçant ce monument dans un lieu aussi fréquenté, la famille espère que le souvenir de la Française ne s’effacera pas.
« On voulait que cette statue soit proche de l’hôtel, mais aussi proche d’un lieu très touristique, pour que les gens qui passent puissent apercevoir la statue de Tiphaine et voir qu’en fait on la cherche toujours et qu’on continue à se mobiliser », a expliqué son frère, Damien Véron, au micro de Franceinfo.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large : celle de maintenir la pression sur les autorités japonaises. Depuis huit ans, la famille dénonce le manque de réactivité des enquêteurs locaux, qu’elle accuse de négligence.
L’enquête française et japonaise face à des versions divergentes
Les divergences entre les proches de Tiphaine Véron et la police japonaise portent principalement sur le déroulé des faits. Selon le gérant de l’hôtel, la jeune femme aurait quitté l’établissement le matin de sa disparition. Pourtant, les données du téléphone de Tiphaine indiquent qu’elle n’a pas bougé de sa chambre.
« La police, au lieu de le mettre en garde à vue, préfère le défendre et assurer qu’il dit la vérité, alors qu’en fait, on sait que non », a déploré Damien Véron. Pour la famille, cette attitude relève de l’absurde, d’autant que « tout ça est absurde » et que « on est tout proche de la vérité ».
En France, le pôle « cold case » de Nanterre, spécialisé dans les affaires non résolues, suit le dossier de près. Les enquêteurs français ont demandé l’accès aux images de vidéosurveillance autour de l’hôtel au moment des faits. À ce jour, ces demandes n’ont pas abouti, selon les informations de Franceinfo.
Une mobilisation qui s’étend au-delà des frontières
La famille de Tiphaine Véron ne compte pas s’arrêter là. Après avoir saisi les autorités françaises, elle explore désormais des « nouveaux leviers au sein du Japon » pour que l’affaire soit enfin résolue. L’objectif ? Que la police nationale japonaise prenne le relais des enquêteurs locaux, dont le travail est jugé insuffisant.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre l’impunité dans les affaires de disparitions à l’étranger. Comme le souligne Damien Véron, « ça donne de la combativité, c’est pour ça qu’on est encore là ». La famille espère que l’installation de la statue, associée à une couverture médiatique continue, permettra de faire avancer l’enquête.
Un drame qui interroge la fiabilité des enquêtes à l’étranger
La disparition de Tiphaine Véron soulève des questions plus larges sur la manière dont les affaires impliquant des étrangers sont traitées dans certains pays. Comme le rappelle Franceinfo, les familles de victimes d’affaires non résolues à l’étranger font souvent face à des obstacles administratifs et juridiques. Dans ce cas précis, la famille a porté l’enquête à bout de bras, faute de soutien suffisant des autorités locales.
Cette situation n’est pas isolée. Selon les données disponibles, plusieurs affaires de disparitions ou d’homicides impliquant des Français à l’étranger restent en suspens, faute de coopération internationale efficace. L’affaire de Tiphaine Véron pourrait ainsi servir d’exemple pour d’autres familles dans une situation similaire.
Pour l’heure, la statue installée à Nikko reste un symbole de la persévérance de ses proches. Si elle ne résout pas l’énigme de sa disparition, elle envoie un message clair : « On la cherche toujours », comme le rappelle son frère. Une phrase qui résume à elle seule l’état d’esprit de ceux qui refusent d’abandonner l’espoir de connaître un jour la vérité.
La famille compte déposer une demande officielle auprès des autorités japonaises pour une réouverture de l’enquête. Parallèlement, elle attend la transmission des images de vidéosurveillance demandées par le pôle « cold case » de Nanterre. Une réunion entre les deux pays pourrait être organisée dans les prochains mois pour faire avancer le dossier.