Une fonte totale du glacier Thwaites, en Antarctique occidental, pourrait entraîner une élévation du niveau des océans d’environ 60 centimètres sur plusieurs décennies, selon une analyse publiée le 30 août 2026 par The New York Times et relayée par Courrier International. Les conséquences seraient dramatiques pour des dizaines de millions d’habitants vivant dans des villes côtières de plus de 300 000 habitants, situées à moins de 160 kilomètres des côtes.

Ce qu'il faut retenir

  • Le glacier Thwaites, en Antarctique occidental, pourrait faire monter le niveau des mers de 60 cm s’il venait à disparaître entièrement.
  • Des dizaines de millions de personnes seraient concernées, notamment dans les grandes villes côtières de plus de 300 000 habitants situées à moins de 160 km des côtes.
  • Thwaites joue un rôle de « bouchon » : sa disparition accélérerait la dislocation des glaciers environnants, entraînant une élévation supplémentaire du niveau des océans.
  • L’Antarctique occidental pourrait, à terme, disparaître entièrement si le glacier s’effondre, aggravant encore la montée des eaux.

Dès le début de l’année 2026, des chercheurs ont mené une expédition en Antarctique pour étudier l’évolution du glacier Thwaites, dont la fonte s’accélère de manière alarmante. Selon les projections, si ce géant de glace venait à s’effondrer, il libérerait d’énormes quantités d’eau dans les océans, avec des répercussions mondiales. « Cela ferait disparaître tout l’Antarctique occidental », a averti Richard Alley, chercheur en glaciologie, cité par The New York Times.

L’impact ne se limiterait pas à la fonte directe du glacier. En agissant comme un verrou, Thwaites retient actuellement une partie des glaciers situés en amont. Sa disparition entraînerait une réaction en chaîne, libérant des masses de glace supplémentaires et aggravant encore la montée des eaux. Bref, l’Antarctique occidental pourrait s’effondrer comme un château de cartes, avec des conséquences irréversibles à l’échelle planétaire.

Parmi les zones les plus exposées figurent les grandes métropoles côtières. The New York Times a cartographié certaines des villes menacées, comme New York, Shanghai, Mumbai ou encore Buenos Aires, où des millions d’habitants vivent à moins de quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. À terme, des centaines de kilomètres carrés de terres pourraient être engloutis, forçant des populations entières à se déplacer.

Cette menace s’ajoute à celle, déjà bien réelle, de la fonte des glaces du Groenland, qui contribue également à l’élévation du niveau des océans. « À mesure que le glacier Thwaites va se disloquer, le réchauffement planétaire va faire monter le niveau des mers encore davantage », a souligné Richard Alley. Autant dire que l’impact cumulé de ces phénomènes pourrait être catastrophique pour les littoraux du monde entier.

Un « bouchon » dont dépend l’équilibre de l’Antarctique occidental

Le rôle de Thwaites dans la stabilité de l’Antarctique occidental est souvent comparé à celui d’un bouchon retenant une bouteille. En fondant, il libérerait des glaciers bien plus vastes, situés en amont, dont la dislocation entraînerait une montée des eaux bien supérieure aux 60 cm initialement estimés. Selon les scientifiques, la disparition de Thwaites pourrait déclencher un emballement incontrôlable, avec une élévation totale du niveau des mers pouvant atteindre plusieurs mètres sur le long terme.

Les chercheurs ont observé, lors de leur expédition au début de l’année 2026, que le glacier perdait déjà des morceaux de manière spectaculaire. Les images satellites montrent des fissures de plus en plus larges, signe que la structure devient instable. « Ce n’est plus une question de savoir si le glacier va s’effondrer, mais quand », a indiqué un glaciologue anonyme ayant participé à l’expédition, cité par The New York Times.

Des villes côtières en première ligne

Les cartes produites par The New York Times révèlent l’ampleur des risques encourus par les populations côtières. À titre d’exemple, une montée de 60 cm submergerait une partie des quartiers bas de Miami, déjà en proie aux inondations récurrentes. À Jakarta, en Indonésie, des millions d’habitants pourraient être contraints de quitter la ville d’ici 2070, selon les projections. En Europe, des villes comme Venise, Rotterdam ou encore Hambourg seraient également touchées, avec des conséquences économiques et sociales majeures.

Les experts rappellent que les effets ne se limiteront pas à une simple élévation du niveau des mers. Les tempêtes et les marées deviendraient plus destructrices, aggravant les risques d’inondations et de submersions marines. Les infrastructures portuaires, essentielles au commerce mondial, seraient particulièrement vulnérables. « Les ports pétroliers, comme ceux de Houston ou de Rotterdam, pourraient se retrouver sous l’eau d’ici 2070 », a prévenu un spécialiste des questions climatiques.

Et maintenant ?

Les prochaines années seront déterminantes pour évaluer l’évolution du glacier Thwaites. Les scientifiques prévoient de multiplier les expéditions en Antarctique pour affiner leurs modèles et mieux comprendre les mécanismes de fonte. D’ici 2030, de nouvelles données devraient permettre d’affiner les projections concernant la montée des eaux. En parallèle, les gouvernements sont appelés à renforcer les mesures d’adaptation, comme la construction de digues ou le déplacement des populations menacées.

La disparition de Thwaites, si elle devait se confirmer, marquerait un tournant dans l’histoire du changement climatique. Elle illustrerait, une fois de plus, l’urgence d’agir pour limiter le réchauffement de la planète et protéger les populations les plus exposées. Reste à savoir si la communauté internationale parviendra à se mobiliser suffisamment pour éviter le pire.

Le glacier Thwaites agit comme un bouchon retenant une partie des glaces de l’Antarctique occidental. Sa disparition entraînerait une réaction en chaîne, libérant des masses de glace bien plus importantes et accélérant considérablement l’élévation du niveau des océans. Selon les scientifiques, il pourrait, à lui seul, faire monter les mers de 60 cm, voire davantage si les glaciers en amont se disloquent à leur tour.

Les villes côtières de plus de 300 000 habitants situées à moins de 160 km des côtes sont particulièrement exposées. Parmi elles figurent New York, Shanghai, Mumbai, Jakarta, Miami, Venise, Rotterdam ou encore Buenos Aires. Ces métropoles pourraient subir des inondations récurrentes, voire une submersion partielle de leurs infrastructures.