Alors que le football français traverse une période de turbulences financières, deux de ses clubs emblématiques, l’Olympique Lyonnais et l’Olympique de Marseille, retiennent l’attention de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG). Dans un entretien accordé au journal l’Équipe, Jean-Marc Mickeler, son président, a souligné les efforts considérables consentis par les deux formations pour redresser leurs comptes. Selon RMC Sport, ces initiatives ont été reconnues, malgré des déficits historiques dépassant les 200 millions d’euros pour l’OL et 100 millions pour l’OM.
Ce qu'il faut retenir
- Déficits records : l’OL affichait un déficit de 200 millions d’euros au 30 juin 2025, tandis que l’OM dépassait les 100 millions, des chiffres jugés « très inquiétants » par la DNCG.
- Réduction historique : l’OL a réduit sa masse salariale de 40 à 50 % en une saison, une baisse « sans précédent » dans le football professionnel français.
- Ventes emblématiques : pour éponger une partie de sa dette, Lyon a cédé Rayan Cherki à Manchester City (36,5 M€) et Georges Mikautadze à Villarreal (31 M€).
- Anticipation risquée : l’OM a basé ses finances 2025-2026 sur des revenus européens, non matérialisés à hauteur des attentes.
- Diagnostic partagé : la DNCG estime que le football français vit « au-dessus de ses moyens » depuis plusieurs saisons, une situation aggravée par la chute des droits télévisuels.
- Perspectives : la DNCG table sur une perte nette de 500 millions d’euros en fin de saison, un niveau stable par rapport à 2024-2025.
L’OL, un redressement spectaculaire sous l’ère Kang
Dix mois après avoir frôlé la rétrogradation administrative en Ligue 2, l’Olympique Lyonnais a évité de justesse le pire grâce à un sursaut financier et sportif. Selon RMC Sport, la nouvelle direction dirigée par Michèle Kang a opéré un virage radical en l’espace d’une saison. « L’OL a 200 millions d’euros de déficit au 30 juin dernier », a rappelé Jean-Marc Mickeler dans l’Équipe. « Ces résultats sont très inquiétants. » Pour autant, la réactivité et la détermination de l’équipe dirigeante ont été saluées par la DNCG. « Sur Lyon, la nouvelle équipe dirigeante a répondu présent avec une réactivité et une détermination qui forcent le respect », a-t-il souligné.
Parmi les mesures phares, la réduction drastique de la masse salariale, estimée entre 40 % et 50 %, figure en tête de liste. Une décision historique dans le paysage du football professionnel français. « C’est un effort considérable, et nous le reconnaissons pleinement », a confirmé le président de la DNCG. Ces ajustements s’accompagnent de cessions de joueurs majeures, comme celle de Rayan Cherki, parti pour 36,5 millions d’euros vers Manchester City, ou encore celle de Georges Mikautadze, vendu à Villarreal pour 31 millions. L’OL doit désormais convaincre la DNCG lors d’une prochaine audition pour poursuivre sa route en Ligue 1.
L’OM, entre ambition sportive et ajustements financiers
Côté marseillais, la situation financière reste fragile, avec un déficit dépassant les 100 millions d’euros au 30 juin 2025. Comme le rapporte RMC Sport, la direction de l’OM, dirigée par Frank McCourt, avait tablé sur des revenus européens pour équilibrer ses comptes. Or, ces entrées espérées ne se sont pas concrétisées à la hauteur des attentes. « Sur Marseille, le club a fait le choix de l’ambition sportive maximale en anticipant des revenus européens qui ne se sont pas matérialisés au niveau espéré », a expliqué Jean-Marc Mickeler.
Malgré ce revers, la DNCG reconnaît les efforts engagés par le club et son actionnaire. « Frank McCourt et la nouvelle direction ont parfaitement conscience des ajustements qui s’imposent », a-t-il précisé. « Ce sont deux clubs emblématiques, portés par des actionnaires engagés. Notre rôle est de les accompagner vers le rééquilibrage, pas de les fragiliser. » Marseille, finaliste de la Ligue Europa en 2024, mise sur une stabilisation progressive de ses finances, même si le chemin reste semé d’embûches.
Un football français en surrégime, selon la DNCG
Au-delà des cas spécifiques de l’OL et de l’OM, Jean-Marc Mickeler dresse un constat sans appel sur l’état général du football professionnel français. « La DNCG porte ce diagnostic depuis plusieurs années, y compris dans des périodes où les droits domestiques étaient à des niveaux bien supérieurs : le football professionnel français a vécu au-dessus de ses moyens », a-t-il déclaré. La baisse des droits télévisuels a servi de catalyseur à une prise de conscience collective, accélérant la nécessité de réformer en profondeur.
« Ce que la chute des droits domestiques a provoqué, c’est une prise de conscience collective et accélérée que ce déséquilibre ne pouvait plus être différé. » — Jean-Marc Mickeler, président de la DNCG
La DNCG prévoit une perte nette de l’ordre de 500 millions d’euros pour la saison 2025-2026, un chiffre comparable à celui de la saison précédente. Pourtant, Mickeler se veut rassurant sur l’engagement des actionnaires : « Les actionnaires ont été au rendez-vous en apportant massivement des contributions financières qui ont permis d’éviter des situations bien plus difficiles. » Une lueur d’espoir dans un paysage économique toujours aussi tendu.
Jean-Marc Mickeler a rappelé que le rôle de la DNCG n’était pas de fragiliser les clubs, mais de les accompagner vers un équilibre durable. « Nous sommes là pour les aider à se rééquilibrer, pas pour les sanctionner systématiquement », a-t-il conclu dans l’Équipe.
La DNCG pourrait imposer des restrictions budgétaires supplémentaires, comme des plafonds de masse salariale ou des interdits de recrutement. Une rétrogradation en Ligue 2 reste une possibilité en cas de non-respect des règles financières.
L’OL est attendu dans les prochains mois pour une nouvelle audition devant la DNCG. Aucune date précise n’a encore été communiquée, mais le club devra agir rapidement pour éviter de nouvelles sanctions.