Selon nos confrères de BMF - International, le président américain Donald Trump a réitéré, lors d’un entretien diffusé le 14 août 2026 sur The Glenn Beck Show (Fox News), ses critiques envers la présence de la charia en Europe. Invité à s’exprimer sur l’opportunité d’une interdiction de cette loi religieuse aux États-Unis, il a affirmé que celle-ci « est presque comme un deuxième mode de vie » à Paris et à Londres, avant d’ajouter : « Vous allez à Londres, vous allez à Paris, c’est presque comme un deuxième mode de vie. C’est ridicule. »

Ce qu'il faut retenir

  • Le président américain Donald Trump a déclaré, lors d’un entretien le 14 août 2026, que la charia « est presque comme un deuxième mode de vie » à Paris et à Londres, selon BMF - International.
  • Il a réitéré sa volonté d’interdire cette loi religieuse aux États-Unis, affirmant : « Là où nous la voyons, nous la supprimons. »
  • Cette prise de position intervient un an après une déclaration similaire sur Londres lors de son discours à l’ONU en septembre 2025.
  • Le maire de Londres, Sadiq Khan, avait alors qualifié ses propos de « racistes, sexistes, misogynes et islamophobes ».

Interrogé sur la possibilité d’une loi fédérale interdisant la charia aux États-Unis, Donald Trump a répondu sans ambiguïté : « J’interdirais absolument la charia, et elle est présente dans une certaine mesure dans ce pays. Et là où nous la voyons, nous la supprimons. » Il a par ailleurs vanté le système juridique américain, qu’il présente comme « le meilleur ». Cette sortie intervient alors que l’administration Trump renforce sa rhétorique sur la lutte contre l’islam politique, un thème récurrent de sa politique intérieure ces dernières années.

Cette déclaration n’est pas une première pour le locataire de la Maison Blanche. En septembre 2025, lors de son discours à l’Assemblée générale de l’ONU à New York, il avait déjà évoqué un changement radical à Londres, affirmant : « Tout a tellement changé. Maintenant ils veulent instaurer la charia. » Des propos qui avaient suscité une vive réaction de la part des autorités britanniques. Le maire de Londres, Sadiq Khan, avait alors réagi avec fermeté sur Sky News, qualifiant Donald Trump de « raciste, sexiste, misogyne et islamophobe ». Il avait défendu une ville « libérale, multiculturelle, progressiste et prospère », rejetant catégoriquement l’idée d’une influence de la charia dans la capitale britannique.

La question de l’influence de la charia en Europe reste un sujet sensible, souvent instrumentalisé dans les débats politiques. Plusieurs pays, comme la France, ont adopté des législations strictes pour encadrer les pratiques religieuses, tandis que d’autres, comme le Royaume-Uni, privilégient une approche plus nuancée, notamment en matière de droit coutumier dans les communautés musulmanes. Les propos de Donald Trump s’inscrivent dans une stratégie plus large de durcissement de sa politique migratoire et sécuritaire, avec une focalisation sur l’islam politique et ses manifestations juridiques.

Une rhétorique récurrente sur la charia

Pour comprendre l’insistance de Donald Trump sur ce thème, il faut revenir sur les racines de sa politique. Dès le début de son premier mandat en 2017, il avait mis en garde contre ce qu’il qualifiait de « menace de la charia » aux États-Unis, notamment après des attentats terroristes commis au nom de l’islam. En 2019, plusieurs États américains, comme l’Oklahoma et la Caroline du Sud, avaient adopté des lois interdisant le recours à la charia dans les tribunaux, une mesure symbolique mais largement critiquée par les associations de défense des droits civiques.

En Europe, la question de la charia divise. En France, pays laïque, son application est strictement encadrée par la loi, et toute tentative d’imposer des normes religieuses dans l’espace public est réprimée. En revanche, au Royaume-Uni, certains tribunaux de droit musulman (sharia councils) fonctionnent dans un cadre privé, notamment pour les litiges familiaux, une pratique tolérée mais régulièrement contestée par des associations féministes. Les propos de Donald Trump, en ciblant spécifiquement Paris et Londres, visent à alimenter une narration selon laquelle l’Europe serait submergée par l’islam politique, un discours qui trouve un écho certain dans les milieux conservateurs américains et européens.

Réactions internationales et débats en Europe

Les déclarations de Donald Trump ont rapidement suscité des réactions en Europe, où la question de l’islam et de son intégration reste un sujet de tensions politiques. En France, pays particulièrement sensible à la laïcité, ses propos ont été perçus comme une ingérence dans les affaires internes, alors que le gouvernement tente de trouver un équilibre entre lutte contre l’islamisme radical et respect des libertés religieuses. Plusieurs responsables politiques français, de tous bords, ont critiqué ces déclarations, rappelant que la charia n’a aucun statut juridique en France et que toute référence à son application relève de la désinformation.

Au Royaume-Uni, où le débat sur l’islam politique est tout aussi vif, les propos de Donald Trump ont été perçus comme une provocation. Le gouvernement britannique, dirigé par le Premier ministre Keir Starmer, a pour sa part adopté une ligne plus mesurée, tout en réaffirmant son attachement à la lutte contre l’extrémisme. Cependant, certains membres du Parti travailliste, comme l’ancien maire de Londres Ken Livingstone, ont estimé que les remarques du président américain reflétaient une méconnaissance des réalités européennes. « Londres est une ville ouverte et tolérante, où des millions de personnes de toutes confessions vivent en paix », a-t-il déclaré à BBC News.

En Allemagne et en Belgique, où les questions liées à l’islam radical sont également sensibles, les médias ont souligné le caractère polémique des déclarations de Donald Trump. Certains analystes y voient une tentative de mobiliser l’électorat conservateur en vue des prochaines élections américaines, tandis que d’autres y décèlent une stratégie de division internationale, alors que les relations transatlantiques traversent une période de tensions sur des sujets comme la guerre en Ukraine ou le commerce.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des débats sur la place de l’islam dans les sociétés occidentales, avec des répercussions politiques tant aux États-Unis qu’en Europe. Du côté américain, la campagne pour l’élection présidentielle de novembre 2026 pourrait être marquée par un durcissement des positions sur les questions migratoires et religieuses, Donald Trump cherchant à mobiliser son électorat sur ces thèmes. En Europe, où plusieurs pays votent en 2027, les déclarations du président américain pourraient alimenter les discours des partis d’extrême droite, déjà prompts à brandir la menace islamique comme argument électoral.

Reste à voir si cette rhétorique aura un impact concret sur les politiques publiques, tant aux États-Unis qu’en Europe. Pour l’instant, les gouvernements des deux côtés de l’Atlantique semblent déterminés à maintenir une ligne ferme contre l’islam radical, tout en évitant une stigmatisation généralisée des musulmans. Une ligne de crête difficile à tenir, alors que les tensions sociales et identitaires continuent de croître.

En conclusion, les propos de Donald Trump sur la charia à Paris et Londres s’inscrivent dans une stratégie de communication déjà éprouvée, mêlant provocation et mobilisation électorale. Si leur portée symbolique est indéniable, leur impact réel sur les politiques publiques reste à démontrer, dans un contexte où les réalités juridiques et sociales des deux côtés de l’Atlantique diffèrent largement.

La charia est un ensemble de règles juridiques et morales issues de l’islam, couvrant des domaines aussi variés que le droit familial, pénal, commercial ou social. En Occident, elle suscite des débats en raison de son incompatibilité avec les principes de laïcité et d’égalité devant la loi. Certains pays, comme l’Arabie saoudite ou l’Iran, l’appliquent intégralement, tandis que d’autres, comme la France ou les États-Unis, la rejettent catégoriquement. Le débat porte souvent sur la compatibilité entre les valeurs universelles et un système juridique basé sur une religion spécifique.