Dans un podcast diffusé mercredi 3 juin, Donald Trump a estimé qu’une alliance entre son vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio serait « imbattable » pour l’élection présidentielle américaine de 2028. Selon BMF - International, cette déclaration survient alors qu’un affrontement direct entre les deux hommes, perçus comme ses successeurs potentiels, semble se préciser.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a évoqué une candidature conjointe de JD Vance et Marco Rubio lors d’un podcast diffusé le 3 juin 2026.
  • Le chef de l’État a jugé ce duo « imbattable » pour 2028, tout en soulignant leur entente et leur complémentarité.
  • JD Vance et Marco Rubio, tous deux figures clés de l’administration Trump, sont désormais considérés comme des rivaux pour la succession.
  • Marco Rubio avait déjà affirmé en décembre 2025 qu’il soutiendrait JD Vance en cas de candidature de ce dernier à la présidentielle.
  • La popularité de Donald Trump est en baisse, notamment en raison du conflit en Iran, ce qui pourrait influencer la dynamique entre ses deux lieutenants.

Une alliance plébiscitée par Trump, mais un duel en préparation

Donald Trump a longuement détaillé sa vision lors du podcast du New York Post, diffusé le 3 juin. Selon lui, une candidature combinée de JD Vance, actuel vice-président, et de Marco Rubio, secrétaire d’État, formerait un ticket « imbattable » face aux démocrates en 2028. « Je ne sais pas comment on pourrait les battre s’ils font équipe », a-t-il lancé, ajoutant que les deux hommes « s’entendent très bien ». Le milliardaire a également insisté sur leur excellence respective, sans trancher sur lequel des deux devrait briguer la présidence. Autant dire que la question reste ouverte, même si Trump a clairement affiché sa préférence pour une union plutôt qu’une rivalité.

Pourtant, les signes d’une compétition entre les deux hommes s’accumulent. Jusqu’ici, ni l’un ni l’autre n’a officiellement déclaré son intention de se présenter en 2028. Mais la préparation des primaires républicaines, qui débuteront dans deux ans, pousse déjà les observateurs à scruter leurs moindres déclarations. D’autant que leur rivalité symbolise aussi des divergences sur la stratégie à adopter face au bilan controversé de Donald Trump, dont la cote de popularité reste fragilisée.

Vance et Rubio, deux profils sous les projecteurs

JD Vance, originaire de l’Ohio, incarne une ligne plus populiste et conservatrice, en phase avec l’électorat de base du Parti républicain. Proche de Trump depuis 2016, il a été choisi comme colistier en 2024, héritant d’un rôle central dans la défense du bilan présidentiel. Pourtant, son association avec les tensions actuelles, notamment la guerre en Iran, pèse sur son image. Les députés américains ont en effet ordonné la fin de ce conflit le 3 juin, une décision qui pourrait redéfinir l’agenda géopolitique des États-Unis et, par ricochet, affaiblir l’influence de Vance.

De son côté, Marco Rubio, secrétaire d’État depuis avril 2025, bénéficie d’une exposition médiatique croissante. Son remplacement temporaire de la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, en congé maternité début mai, a marqué les esprits. Lors d’une conférence de presse remarquée, il a fait preuve d’humour et de réactivité, recevant les éloges de la droite américaine. Rubio, ancien sénateur de Floride, cultive une image d’homme d’État expérimenté, capable de porter une diplomatie plus conventionnelle que celle de Vance. Pourtant, ses déclarations passées, comme celle de décembre 2025 dans Vanity Fair — où il affirmait ne pas se mettre en travers de Vance —, montrent une volonté de ne pas envenimer la situation.

« Si JD Vance se présente pour être président, il sera notre candidat et je serai l’un des premiers à le soutenir. »
— Marco Rubio, décembre 2025

Un contexte politique tendu et des enjeux de succession

La tension entre Vance et Rubio ne peut être dissociée de la dégradation de la popularité de Donald Trump. Le conflit en Iran, qui mobilise une partie de l’opinion publique, pèse sur les perspectives républicaines. Selon les dernières données disponibles, la guerre a entraîné une chute de 12 points dans les sondages de popularité du président, selon un institut indépendant cité par BMF - International. Dans ce contexte, les deux lieutenants doivent composer avec un héritage à la fois puissant et controversé. Vance, plus directement associé à la politique intérieure et aux choix stratégiques de Trump, pourrait pâtir des critiques. Rubio, en revanche, tente de se distancier tout en restant fidèle au chef de l’État.

Autre élément à considérer : l’équilibre au sein du Parti républicain. Les conservateurs traditionnels et les partisans de Trump, souvent plus radicaux, pourraient privilégier l’un ou l’autre candidat selon leur allégeance. Vance, avec son profil de « trumpiste pur », séduit une base fidèle, tandis que Rubio, plus modéré sur le plan diplomatique, pourrait attirer les électeurs lassés des excès de la présidence actuelle. La question n’est donc pas seulement personnelle, mais idéologique.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront largement des stratégies adoptées par Vance et Rubio dans les mois à venir. Si l’un des deux décide de se déclarer candidat avant la fin 2026, cela pourrait forcer l’autre à clarifier sa position. Les primaires républicaines, prévues pour mi-2028, s’annoncent déjà comme un test pour la cohésion du parti. Par ailleurs, l’évolution de la guerre en Iran et ses répercussions sur l’économie américaine pourraient redéfinir les priorités des électeurs, et donc les chances de chaque prétendant. Une chose est sûre : la bataille pour succéder à Donald Trump ne fait que commencer.

Cette situation illustre plus largement les divisions internes au Parti républicain, entre héritage trumpiste et tentation d’un recentrage. Pour l’instant, Vance et Rubio incarnent deux visions d’une même ligne politique, mais leur rivalité pourrait bien en révéler les failles. À moins qu’ils ne parviennent à trouver un compromis — ou que l’un des deux ne l’emporte clairement. Une chose est certaine : l’Amérique politique, déjà en ébullition, n’a pas fini de parler d’eux.

Marco Rubio avait alors affirmé qu’en cas de candidature de JD Vance à la présidentielle de 2028, il le soutiendrait activement. Cette déclaration, faite dans Vanity Fair, visait à apaiser les tensions entre les deux hommes et à montrer une unité du camp républicain face aux défis à venir. Elle reflétait aussi une stratégie de non-confrontation immédiate, alors que les primaires n’étaient pas encore lancées.