Washington — Le président américain Donald Trump a réaffirmé dimanche 7 juin, dans une interview accordée à la chaîne NBC, que les États-Unis ne lèveraient pas le gel des avoirs iraniens tant qu’un accord formel avec Téhéran n’aurait pas été conclu. Selon RFI, il a également indiqué que Washington serait prêt à collaborer avec l’Iran pour éliminer son stock d’uranium enrichi si un compromis était trouvé.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump exclut tout déblocage des avoirs iraniens gelés avant la conclusion d’un accord avec Téhéran, d’après son intervention sur NBC le 7 juin 2026.
  • Le président américain a évoqué une possible collaboration américaine pour « détruire » l’uranium iranien en cas d’accord nucléaire.
  • Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran, malgré des signes récents de dialogue.

Un durcissement des conditions américaines

Lors de son entretien télévisé, Donald Trump a insisté sur la nécessité pour l’Iran de faire des concessions significatives avant toute levée des sanctions économiques. « Les avoirs iraniens resteront gelés jusqu’à ce qu’un accord soit signé », a-t-il déclaré, soulignant que les États-Unis n’accepteraient aucun compromis en-deçà de leurs exigences. Selon RFI, cette position marque un durcissement par rapport aux déclarations passées, où des allègements partiels avaient été évoqués.

Le président américain a également rappelé que son administration exigeait un contrôle strict du programme nucléaire iranien. « Si un accord est trouvé, nous travaillerons avec l’Iran pour éliminer son uranium enrichi », a-t-il ajouté, sans préciser les modalités concrètes de cette collaboration. Cette proposition, inédite dans la rhétorique trumpienne, pourrait signaler une ouverture tactique en vue de négociations.

Un contexte géopolitique toujours tendu

Les relations entre les États-Unis et l’Iran restent marquées par des décennies de méfiance, malgré les tentatives de dialogue sous l’administration précédente. Depuis 2021, les échanges indirects entre Washington et Téhéran se sont multipliés, notamment via des médiations européennes, sans aboutir à une percée majeure. D’après RFI, les avoirs iraniens gelés, estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars, constituent l’un des leviers de pression les plus puissants dont disposent les États-Unis.

Les observateurs notent que cette position américaine intervient alors que Téhéran continue d’enrichir de l’uranium à des niveaux proches de ceux nécessaires à la fabrication d’une arme nucléaire. En mai 2026, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait confirmé que l’Iran maintenait un stock d’uranium enrichi à 60 %, soit un seuil proche de l’uranium武器级. Une situation qui alimente les craintes d’une escalade militaire dans la région.

Les réactions internationales en suspens

Si la déclaration de Donald Trump a été saluée par certains alliés de Washington, notamment Israël et plusieurs pays du Golfe, elle a suscité des interrogations en Europe. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui avaient joué un rôle clé dans l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA), tentent depuis des mois de relancer un dialogue avec Téhéran. Selon RFI, Paris a appelé à « éviter toute mesure susceptible d’aggraver les tensions » avant les prochaines consultations prévues à Genève en juillet.

Du côté iranien, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à la prise de position américaine. Cependant, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, avait récemment réaffirmé que son pays ne renoncerait pas à son programme nucléaire civil, tout en laissant la porte ouverte à des négociations « sans conditions préalables ». Une position qui laisse peu de marge de manœuvre pour un compromis immédiat.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines s’annoncent décisives. Une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, prévue le 15 juin, pourrait servir de cadre à de nouvelles discussions entre les parties. Par ailleurs, les signataires européens de l’accord de 2015 devraient présenter un plan de relance avant la fin du mois, incluant des garanties économiques pour Téhéran. Reste à savoir si Washington acceptera de lever partiellement son veto sur les avoirs iraniens en échange d’avancées concrètes sur le dossier nucléaire.

Quel que soit l’issue de ces négociations, une chose est sûre : la question des avoirs iraniens et du programme nucléaire restera au cœur des tensions internationales dans les mois à venir. La déclaration de Donald Trump, aussi ferme soit-elle, ne fait que confirmer l’impasse actuelle — à moins qu’un coup de théâtre ne vienne rebattre les cartes.

Les avoirs iraniens gelés à l’étranger, estimés entre 80 et 100 milliards de dollars selon des estimations américaines, comprennent des fonds détenus par la Banque centrale d’Iran, des entreprises publiques et des actifs privés. Ils sont principalement bloqués aux États-Unis, en Europe et en Asie depuis les sanctions imposées pour non-respect des obligations nucléaires. Leur déblocage conditionne toute reprise économique en Iran et constitue l’un des principaux leviers de pression pour les négociateurs.