Depuis le début de la semaine, l’administration américaine durcit le ton à l’égard de l’Iran, promettant un « D-Day économique » pour couper les dernières « lignes de survie » de Téhéran. Selon nos confrères de BFM Business, ces menaces visent directement les pays qui continuent de commercer avec la République islamique, sans que Washington ne cite explicitement de noms. Dans ce contexte, la Chine, partenaire économique et stratégique de l’Iran, se retrouve au cœur des tensions, ses banques étant désormais dans le collimateur potentiel des sanctions américaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Donald Trump a laissé planer le doute, ce jeudi 2 septembre 2026, sur d’éventuelles sanctions contre des banques chinoises commerçant avec l’Iran.
  • Son ministre des Finances, Scott Bessent, a évoqué un « D-Day économique » pour isoler davantage Téhéran.
  • La Chine, premier partenaire commercial de l’Iran, affirme qu’elle « défendra fermement ses droits et ses intérêts ».
  • Les sanctions américaines pourraient cibler les avoirs, interdire les transactions en dollars et bloquer les entreprises américaines de traiter avec les institutions visées.
  • Donald Trump a invité son homologue Xi Jinping à Washington en septembre, ce qui complexifie la donne diplomatique.

Washington durcit le ton contre Téhéran, et la Chine dans le viseur

Mardi 30 août 2026, Scott Bessent, ministre des Finances américain, a brandi la menace d’un « D-Day économique » contre l’Iran, en référence au Débarquement allié de 1944. Selon BFM Business, cette stratégie vise à couper les dernières voies de financement de Téhéran, en sanctionnant les États et entreprises qui continuent de commercer avec le régime iranien. Bien que Washington n’ait pas nommé de pays, la Chine apparaît comme un partenaire incontournable pour l’Iran, notamment dans les secteurs énergétique et financier.

Face à cette pression, Pékin a réagi avec fermeté. « La Chine défendra fermement ses droits et ses intérêts légitimes », a affirmé un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, sans préciser les mesures envisagées. Autant dire que la partie s’annonce serrée, d’autant que les États-Unis disposent d’un levier puissant : leur domination dans le système financier international, notamment via le dollar.

Les sanctions américaines, un outil redoutable mais risqué

Les sanctions économiques américaines ne sont pas une nouveauté, mais leur portée s’étend bien au-delà des frontières des États-Unis. Comme l’explique Nate Swanson, expert à l’Atlantic Council interrogé par BFM Business, ces mesures rendent « une grande partie du système financier infranchissable » pour les organisations visées. Concrètement, cela se traduit par le gel des avoirs détenus sur le sol américain, l’interdiction pour les entreprises et citoyens américains de collaborer avec ces entités, et la mise hors jeu des transactions en dollars, monnaie de référence mondiale.

Pourtant, la Chine contourne depuis des années ces restrictions, en développant des mécanismes alternatifs pour maintenir ses échanges avec l’Iran. « La Chine contourne les sanctions américaines depuis des années et ne semble guère disposée à arrêter », souligne Nate Swanson. Ce contournement systématique pose un défi majeur à Washington, qui doit désormais choisir entre une escalade des tensions commerciales avec Pékin ou une tolérance qui affaiblirait son bras de fer avec Téhéran.

Donald Trump joue avec les nerfs : « Vous ne savez pas si je le fais »

Lors d’un événement à la Maison Blanche ce jeudi 2 septembre 2026, un journaliste a interrogé Donald Trump sur l’absence de sanctions contre les banques chinoises. « Eh bien, qui a dit que je ne le fais pas ? (...) Vous ne savez pas si je le fais. Je ne suis pas obligé de tout annoncer, n’est-ce pas ? », a répondu le président américain. Une réponse qui, loin de clarifier la situation, a semé le doute sur les intentions réelles de Washington.

Cette ambiguïté stratégique pourrait s’expliquer par la volonté de préserver la détente commerciale entre les États-Unis et la Chine, à un moment où les deux pays doivent négocier des accords commerciaux majeurs. Donald Trump a d’ailleurs convié son homologue Xi Jinping à Washington en septembre, une rencontre qui pourrait être l’occasion de désamorcer — ou, au contraire, d’envenimer — les tensions actuelles.

La Chine, entre défiance et pragmatisme

Pour Pékin, le commerce avec l’Iran reste un enjeu économique et géopolitique. L’Iran est un fournisseur important de pétrole, et la Chine, premier importateur mondial de brut, a tout intérêt à maintenir ces échanges. « La Chine ne semble guère disposée à arrêter », rappelle Nate Swanson, ce qui laisse présager une résistance face aux pressions américaines.

Pourtant, Pékin doit aussi composer avec ses propres intérêts. Une escalade des sanctions américaines contre ses banques pourrait avoir des répercussions sur son système financier, déjà fragilisé par des années de tensions commerciales avec Washington. Bref, la Chine se trouve dans une position délicate : défendre ses partenariats stratégiques sans risquer de fragiliser son économie.

Et maintenant ?

La rencontre prévue entre Donald Trump et Xi Jinping à Washington en septembre pourrait donner des indices sur l’évolution de cette crise. Si Washington maintient sa pression sur l’Iran, la Chine sera-t-elle prête à céder sur ses partenariats commerciaux ? À l’inverse, une désescalade de la part des États-Unis pourrait-elle être perçue comme un signe de faiblesse ? Une chose est sûre : les prochaines semaines seront déterminantes pour l’équilibre des relations internationales.

Dans l’immédiat, les banques chinoises actives en Iran restent sous haute surveillance. Les entreprises et institutions financières concernées devront évaluer les risques encourus, entre une possible inclusion sur la liste noire américaine et les représailles éventuelles de Pékin. Quant à l’Iran, son isolement économique pourrait encore s’accentuer, à moins que d’autres pays ne prennent le relais pour contourner les sanctions.

Reste une inconnue : l’impact réel de ces tensions sur le terrain. Les marchés financiers réagiront-ils avec nervosité ? Les prix du pétrole, déjà volatils, pourraient-ils s’emballer en cas de crise ? Autant de questions qui, pour l’heure, restent sans réponse.

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Iran, notamment dans les secteurs du pétrole et du gaz. Pékin importe environ 700 000 barils de brut iranien par jour, ce qui représente un quart des exportations de pétrole de l’Iran. En outre, la Chine investit massivement dans les infrastructures iraniennes, malgré les sanctions américaines.

Une telle sanction pourrait entraîner le gel des avoirs de la banque concernée sur le sol américain, l’interdiction pour les entreprises et citoyens américains de collaborer avec elle, et la mise hors jeu des transactions en dollars. Cela pourrait aussi fragiliser la confiance dans le système financier chinois et affecter les échanges commerciaux entre les deux pays.