Alors que Donald Trump entame son second mandat à la Maison Blanche, le président américain multiplie les projets architecturaux pour marquer durablement l'espace public de Washington. Selon BMF - International, il a annoncé le 4 juin 2026 son intention de faire construire une promenade portant son nom, reliant le Lincoln Memorial au fleuve Potomac, un monument emblématique de la capitale fédérale.
Ce qu'il faut retenir
- Une promenade de 4 km entre le Lincoln Memorial et le Potomac, selon les plans évoqués par Donald Trump.
- Le milliardaire républicain évoque un retour à l'architecture prévue en 1911, avec une entrée principale tournée vers le fleuve.
- Plusieurs projets pharaoniques de Trump à Washington font l'objet de litiges juridiques, notamment un « Arc de Triomphe américain » de 76 mètres de haut.
- Le nom de Trump a déjà été retiré du Kennedy Center après une décision de justice.
Le président américain a détaillé son projet lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche, évoquant une voie « magnifique » qui relierait l'imposant monument en marbre blanc, construit en l'honneur d'Abraham Lincoln, à la rivière Potomac. « Ils veulent l'appeler la promenade Trump », a-t-il déclaré. « Je ne sais pas si je veux faire ça, mais ça va être magnifique. »
Selon les propos rapportés par BMF - International, ce tracé permettrait de rétablir un projet initial datant de 1911, où l'entrée principale du Lincoln Memorial devait donner directement sur le fleuve. Aujourd'hui, le monument est séparé du Potomac par deux larges avenues très fréquentées, que ce projet vise à franchir.
Le Lincoln Memorial, inauguré en 1922, constitue l'un des sites les plus visités de la capitale, attirant chaque année des millions de touristes. Il abrite notamment la célèbre statue de Lincoln assis, ainsi que des discours historiques gravés dans la pierre, comme celui de Martin Luther King « I Have a Dream » en 1963. Pour Donald Trump, cette promenade s'inscrirait dans une logique de « réhabilitation » de l'esplanade du National Mall, un vaste espace vert central qui accueille également le Capitole et le Washington Monument.
« Cela permettra de relier le Lincoln Memorial jusqu'au Potomac, comme cela a toujours été prévu (...) Nous avons trouvé un moyen de franchir ces deux routes. »
— Donald Trump, président des États-Unis, le 4 juin 2026
Cette annonce s'inscrit dans une série de projets immobiliers et architecturaux impulsés par Donald Trump depuis son retour à la présidence en janvier 2025. Le milliardaire républicain, dont l'image est indissociable du secteur de l'immobilier, cherche visiblement à laisser une empreinte physique sur la capitale américaine, un objectif qui suscite de vives controverses.
Parmi les réalisations déjà engagées, la Maison Blanche a fait l'objet de transformations radicales. Une aile entière du bâtiment historique a été démolie pour céder la place à une salle de bal pouvant accueillir jusqu'à 1 000 personnes, destinée à accueillir des réceptions et dîners officiels. Un « Arc de Triomphe des États-Unis », dont la hauteur est estimée à plus de 76 mètres, est également en cours de conception. Ce projet, inspiré de son homonyme parisien, devrait s'élever dans le parc du National Mall, suscitant des débats sur son coût et son utilité.
Ces initiatives s'accompagnent de tentatives d'associer son nom à des institutions culturelles. Le milliardaire avait notamment tenté de rebaptiser le Kennedy Center, une salle de spectacles emblématique de Washington, en y apposant son nom. Une décision de justice a contraint l'institution à retirer cette mention, comme l'a rapporté le Washington Post le 4 juin. Désormais, le Kennedy Center demande l'effacement complet de toute référence à Trump sur ses panneaux, brochures et site internet.
Cette volonté de marquage personnel n'est pas sans rappeler les pratiques des promoteurs immobiliers, où l'on appose son nom sur des bâtiments pour en revendiquer la paternité. Pour autant, à Washington, ces projets se heurtent à un cadre juridique et symbolique bien plus strict qu'ailleurs. La capitale fédérale, riche en monuments historiques et en institutions fédérales, impose des règles d'urbanisme et de préservation du patrimoine particulièrement strictes. Plusieurs associations de défense du patrimoine ont déjà annoncé leur intention de contester ces projets devant les tribunaux.
Les recours juridiques s'ajoutent aux contestations politiques. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a multiplié les décisions controversées, qu'il s'agisse de la réorganisation de l'administration fédérale ou de la suppression de subventions pour certaines agences gouvernementales. Ses projets architecturaux, perçus par certains comme une forme de mégalomanie, pourraient bien devenir un nouveau front de résistance pour ses détracteurs.
La polémique autour de ces projets interroge plus largement la place de Donald Trump dans l'histoire américaine. Entre héritage et controverses, le milliardaire républicain semble déterminé à inscrire son nom dans le paysage de Washington, quitte à bousculer les traditions et les institutions. Les prochains mois diront si ces ambitions se heurteront à la réalité politique, juridique ou financière d'une capitale où le passé pèse lourd dans chaque décision.