Selon Le Figaro, le président américain Donald Trump s’est violemment emporté contre son homologue israélien Benyamin Netanyahou, l’accusant d’avoir « complètement perdu la tête » et d’aggraver les tensions régionales avec une incursion militaire au Liban. Un échange téléphonique, rapporté par le média américain Axios, a révélé une tension rare entre les deux dirigeants, alors que les négociations pour un accord avec l’Iran piétinent et que la situation au Moyen-Orient se dégrade.
Ce qu'il faut retenir
- Un échange explosif entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou, où le président américain aurait qualifié le Premier ministre israélien de « fou » et affirmé que « tout le monde déteste Israël à cause de ça ».
- Une incursion israélienne au Liban, la plus profonde depuis 2000, ordonnée par Netanyahou alors que le Hezbollah multiplie les attaques contre Israël.
- Une proposition de cessez-le-feu soutenue par les États-Unis, prévoyant l’arrêt des frappes israéliennes sur Beyrouth en échange d’un engagement du Hezbollah à cesser ses attaques.
- Des frappes israéliennes ciblées dans le sud du Liban dans la nuit, malgré l’engagement de Netanyahou à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth.
- Un contexte de négociations bloquées entre Téhéran et Washington pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.
Un échange téléphonique houleux entre les deux dirigeants
Selon les révélations de Le Figaro, relayées par Axios, l’échange entre Donald Trump et Benyamin Netanyahou, survenu ce lundi 2 juin 2026, a pris une tournure particulièrement conflictuelle. Le président américain aurait lancé, excédé : « Vous êtes complètement fou. (...). Tout le monde vous déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ça ». Ces propos, rapportés par un responsable américain cité par Axios, illustrent la colère de Donald Trump face à l’incursion militaire israélienne au Liban, déclenchée sans coordination apparente avec Washington.
Le milliardaire a également rappelé, dans une allusion à peine voilée aux démêlés judiciaires de Netanyahou, que « vous seriez en prison sans moi ». Une référence aux accusations de corruption pesant sur le Premier ministre israélien, suspecté d’avoir reçu des cadeaux de luxe en échange de faveurs politiques. Pour autant, Donald Trump avait reconnu, ces derniers jours, le droit d’Israël à se défendre face aux attaques du Hezbollah, tout en critiquant la stratégie de Netanyahou, jugée « disproportionnée » et susceptible de compromettre les négociations en cours avec l’Iran.
Une escalade militaire qui inquiète Washington
D’après une source proche de la Maison-Blanche citée par Axios, Donald Trump s’inquiéterait des conséquences de l’escalade militaire israélienne sur la conclusion d’un accord avec Téhéran. « Bibi a répondu : « D’accord, d’accord, assurez-vous juste que tout soit réglé » », a précisé cette même source, évoquant ainsi la réponse évasive de Netanyahou. À l’issue de cet échange tendu, le président américain a affirmé sur son réseau Truth Social qu’Israël et le Hezbollah lui avaient promis un apaisement. Selon lui, Netanyahou se serait engagé à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, tandis que le Hezbollah aurait accepté de « cesser totalement le feu ».
Un cessez-le-feu sous conditions, entre promesses et réalités
L’ambassade libanaise à Washington a annoncé, dans la foulée, que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de « cessation mutuelle des attaques ». Ce texte prévoit l’arrêt des frappes israéliennes sur Dahiyeh, la banlieue sud de Beyrouth, en échange de l’engagement du Hezbollah à ne plus lancer d’attaques contre Israël. Le cadre de ce cessez-le-feu devrait être élargi à l’ensemble du territoire libanais, a indiqué l’ambassade sur la plateforme X. Une avancée présentée comme une solution pour éviter une escalade incontrôlable, alors que les tensions restent vives des deux côtés de la frontière.
Pourtant, cette promesse de calme a été immédiatement tempérée par les déclarations de l’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon. Sur X, ce dernier a prévenu : « S’il n’y a pas de calme dans le nord d’Israël, il n’y aura pas de calme pour le Hezbollah ». Une mise en garde qui reflète les craintes d’une reprise des hostilités, malgré les engagements pris.
Des frappes israéliennes ciblées au Liban malgré les promesses
Dans la nuit du 1er au 2 juin 2026, l’armée israélienne a mené des frappes aériennes sur plusieurs villages du sud du Liban, ciblant notamment Marwaniyé, Sidiqine, Yater et Mansouri. Selon l’Agence nationale d’information libanaise (ANI), une « très violente détonation » a été entendue à Debbine, signe d’une intensification des opérations militaires. Ces frappes s’inscrivent dans une stratégie israélienne visant à protéger les habitants du nord d’Israël, régulièrement visés par les roquettes du Hezbollah. Depuis le début du conflit, Israël multiplie les opérations militaires au Liban, menant la plus profonde incursion depuis son retrait en 2000, après 18 années d’occupation.
Cette escalade intervient alors que le Hezbollah continue de menacer Israël, malgré les appels internationaux au calme. Les autorités libanaises et israéliennes restent sous haute tension, dans un contexte où chaque incident peut dégénérer en crise majeure. Les frappes israéliennes, bien que ciblées, risquent de saper les efforts diplomatiques en cours pour instaurer une trêve durable.
En attendant, la communauté internationale suit de près l’évolution de la situation, consciente que chaque erreur de calcul pourrait plonger la région dans un nouveau cycle de violence. Les prochaines réunions diplomatiques, prévues dans les jours à venir, pourraient jouer un rôle clé dans la stabilisation de la zone. Reste à savoir si les dirigeants israélien et américain parviendront à surmonter leurs divergences pour éviter une nouvelle guerre ouverte au Liban.
Donald Trump reproche à Netanyahou d’avoir déclenché une incursion militaire au Liban sans coordination avec Washington, ce qui menace les négociations en cours avec l’Iran. Il craint également que cette escalade ne complique la conclusion d’un accord et ne ternisse l’image d’Israël sur la scène internationale.
L’armée israélienne affirme mener cette opération pour protéger les habitants du nord d’Israël, régulièrement ciblés par les attaques du Hezbollah. Elle cherche également à affaiblir les capacités militaires du mouvement chiite et à dissuader de nouvelles agressions.