Un drone russe a délibérément ciblé un arrêt de bus en mouvement à Nikopol, dans la région de Dnipropetrovsk (centre de l’Ukraine), faisant trois morts et une douzaine de blessés mardi, selon Euronews FR.
Ce qu'il faut retenir
- Trois personnes ont été tuées et douze autres blessées lors de l’attaque d’un bus en mouvement par un drone russe à Nikopol, dans la région de Dnipropetrovsk.
- Le chef de l’administration militaire régionale, Oleksandr Hanzha, qualifie l’attaque de « acte de terreur délibéré » contre des civils.
- La ville de Nikopol, située près de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par la Russie, est régulièrement visée en raison de sa proximité avec les positions russes.
- Cette frappe intervient après le rejet par Moscou d’une proposition ukrainienne de cessez-le-feu pendant Pâques, malgré les demandes de Kiev.
- La semaine dernière, un barrage de près de 500 missiles et drones avait visé la région de Kyiv, faisant un mort.
Une attaque méthodique contre des civils
L’attaque a été menée à l’aide d’un drone de type FPV, une arme guidée à haute précision. Selon Oleksandr Hanzha, chef de l’administration militaire régionale de Dnipropetrovsk, le drone a pris pour cible un bus qui s’approchait d’un arrêt de bus en plein centre-ville de Nikopol. « Il y avait des gens à bord du bus et d’autres à l’arrêt », a-t-il précisé dans un message publié sur Telegram. « Trois personnes ont été tuées et douze autres blessées. »
« Il ne s’agissait pas d’une attaque au hasard. Il s’agissait d’un acte de terreur délibéré contre des civils, contre des gens qui vaquaient simplement à leurs occupations quotidiennes. »
— Oleksandr Hanzha, chef de l’administration militaire régionale de Dnipropetrovsk
Nikopol, une cible récurrente en raison de sa position stratégique
Nikopol, ville de 105 000 habitants avant l’invasion russe de 2022, est située de l’autre côté du fleuve Dniepr, à proximité de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par les forces russes depuis le début du conflit. Cette localisation en fait une cible privilégiée pour les frappes russes. La fenêtre d’interception des drones et missiles y est en effet très courte, ce qui limite les capacités de riposte ukrainiennes, par crainte de toucher accidentellement l’installation nucléaire — la plus grande d’Europe.
Avant cette attaque, Nikopol avait déjà été frappée à plusieurs reprises, notamment en mars 2024 lors d’une frappe meurtrière sur un marché local, qualifiée de « crime de guerre » par les autorités ukrainiennes. Les responsables locaux soulignent que la ville subit une pression constante en raison de sa proximité avec les lignes de front tenues par Moscou.
Rejet du cessez-le-feu pascal et escalade des frappes russes
Cette nouvelle attaque s’inscrit dans une série de frappes russes lancées en plein jour, visant aussi bien des zones civiles qu’infrastructures énergétiques. La semaine dernière, près de 500 missiles et drones ont été tirés vers la région de Kyiv, causant la mort d’une personne. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a dénoncé ces attaques, accusant le Kremlin de « viser délibérément des civils » pour semer la terreur.
Ces frappes surviennent après que l’Ukraine avait proposé un cessez-le-feu pendant les vacances de Pâques. Moscou a affirmé n’avoir jamais reçu cette demande, selon les autorités ukrainiennes. Une version contestée par Kiev, qui accuse la Russie de multiplier les offensives pour tester les défenses ukrainiennes avant une potentielle offensive estivale.
Dans l’immédiat, les services de secours locaux ont lancé une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’attaque et identifier les victimes. Les familles des disparus ont été prises en charge par les autorités régionales, tandis que la population locale reste sous haute tension, craignant de nouvelles frappes.
Nikopol est située à proximité de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par la Russie depuis 2022. Sa position stratégique, en face des lignes de front tenues par Moscou, en fait une cible facile pour les frappes russes. La fenêtre d’interception des drones et missiles y est très courte, ce qui limite les capacités de riposte ukrainiennes, par crainte de toucher accidentellement l’installation nucléaire.
