Selon Cryptoast, l’activation du Bitcoin Improvement Proposal #110 (BIP-110) a échoué, provoquant une scission temporaire du réseau Bitcoin le 8 août 2026. Ce soft fork, visant à limiter l’inscription de données non monétaires dans la blockchain via l’OP_RETURN, n’a obtenu qu’un soutien marginal des mineurs. Face à cet échec, les partisans de Knots envisagent désormais un hard fork pour septembre, avec une modification du Proof of Work (PoW) afin d’exclure les mineurs utilisant des ASIC.

Ce qu’il faut retenir

  • Le BIP-110 a échoué à obtenir le soutien des mineurs, avec seulement 51 blocs signalés sur 2 016 (2,53 %), loin du seuil de 1 109 blocs requis.
  • La scission du réseau est intervenue le 8 août à 19 h 35 UTC, lorsque le bloc 961 632 a été miné sans signaler le BIP-110. Une branche minoritaire a tenté de suivre la proposition, mais n’a produit que deux blocs avant de s’arrêter.
  • La chaîne principale a poursuivi son activité normale, avec une avance de 134 blocs sur la branche BIP-110, qui ne représente que 0,15 % du hashrate du réseau Bitcoin.
  • Les défenseurs du BIP-110 accusent les pools de mineurs majeurs d’avoir coordonné leur refus, tandis que son auteur, Dathon Ohm, dénonce une volonté de transformer Bitcoin en « dépotoir de données toxiques ».
  • Le camp Knots propose désormais de changer l’algorithme de minage dès septembre, en adoptant un autre Proof of Work pour rendre les ASIC inutilisables et faciliter le minage avec des processeurs ou cartes graphiques classiques.

Un soft fork controversé et un mécanisme d’activation contesté

Le BIP-110, proposé comme un soft fork temporaire, visait à restreindre les méthodes d’inscription de données non financières dans les transactions Bitcoin, notamment via l’instruction OP_RETURN. Selon Cryptoast, ce débat divise la communauté depuis plusieurs mois, opposant les partisans de Knots, favorables à une blockchain épurée, aux défenseurs de Bitcoin Core, qui privilégient la neutralité des règles.

Pour être activé, le BIP-110 nécessitait que les mineurs signalent leur soutien en insérant un indicateur dans l’en-tête de leurs blocs. Le seuil requis était de 1 109 blocs sur une période de 2 016, soit un ratio de 55 %. Or, à l’issue de la période d’essai, seuls 51 blocs avaient été signalés, un score bien en deçà des attentes. « Le précédent record datait de 26 blocs signalés », précise l’article.

Une scission temporaire et un réseau minoritaire à l’arrêt

Contrairement à d’autres propositions, le BIP-110 ne prévoyait aucune marge d’erreur. Dès le bloc 961 632, les nœuds l’ayant installé devaient rejeter tous les blocs ne signalant pas la proposition, risquant de créer une séparation dans l’historique de la blockchain. « Cette règle a conduit à une scission le 8 août à 19 h 35 UTC », explique Cryptoast. Le pool AntPool a miné le bloc 961 632 sans signaler le BIP-110, et la majorité du réseau a accepté cette version. En parallèle, le mineur Roughnecks, affilié à la pool OCEAN, a produit une version concurrente du même bloc avec le signal demandé, donnant naissance à une branche alternative.

Cette branche minoritaire n’a survécu que deux blocs, avant de s’arrêter au bloc 961 633. Vingt-quatre heures plus tard, la chaîne principale avait progressé jusqu’au bloc 961 767, tandis que la branche BIP-110 stagnait, avec une difficulté inchangée et un hashrate résiduel de 0,15 %. Pour espérer une activation, elle aurait dû produire 2 014 blocs supplémentaires avant le prochain ajustement de difficulté.

Les partisans de Knots pointent du doigt les pools de mineurs et envisagent un hard fork

Face à cet échec, les défenseurs du BIP-110 n’ont pas baissé les bras. Selon Dathon Ohm, l’auteur de la proposition, les principaux pools de mineurs se seraient « entendus pour transformer Bitcoin en dépotoir de données toxiques ». Cette accusation vise notamment les acteurs majeurs du secteur, accusés de bloquer toute tentative de restriction des données non monétaires.

Pour contourner ce blocage, le camp Knots explore désormais la possibilité de modifier le mécanisme de consensus en changeant le Proof of Work. Bitcoin utilise actuellement l’algorithme SHA-256d, exploité par des machines spécialisées (ASIC). En adoptant un autre algorithme, la branche BIP-110 rendrait ces machines inutilisables, permettant à des mineurs utilisant des processeurs classiques ou des cartes graphiques de reprendre le contrôle. « L’objectif est de licencier les mineurs ASIC », résume l’article.

« Les partisans du BIP-110 vont vous faire croire que le 1er septembre est dans trois mois. Voyez-vous un schéma ? » — Luke Dashjr, contributeur à Bitcoin Knots, lors d’un sondage interne.

Deux scénarios possibles, mais un hard fork inévitable

Sur le serveur Discord de Bitcoin Knots, un débat est en cours pour déterminer la stratégie à adopter. Les partisans de la proposition doivent trancher entre deux options : repartir de la branche BIP-110, ce qui signifierait abandonner l’intégralité de l’historique Bitcoin depuis la scission, ou repartir de la chaîne principale, ce qui entraînerait une nouvelle divergence en septembre.

Dans les deux cas, un hard fork serait nécessaire, créant un réseau distinct de Bitcoin. Cependant, aucune hauteur d’activation, aucun algorithme alternatif ni aucune version officielle n’ont encore été annoncés. « Cette incertitude laisse planer le doute sur la viabilité à long terme de cette approche », souligne Cryptoast.

Et maintenant ?

La communauté Bitcoin devra trancher dans les prochaines semaines sur la stratégie à adopter. Si le camp Knots parvient à rallier suffisamment de mineurs et de nœuds à sa cause, un nouveau fork pourrait voir le jour dès septembre 2026. Cependant, le risque d’une fragmentation durable du réseau, avec deux versions concurrentes de Bitcoin, reste élevé. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la faisabilité d’un tel changement et ses conséquences sur la stabilité du réseau.

Pour l’instant, le réseau Bitcoin principal poursuit son activité sans perturbation majeure. Les utilisateurs et les investisseurs sont invités à suivre de près l’évolution de cette situation, qui pourrait redéfinir les règles du minage et de la gouvernance de la blockchain.

Le Bitcoin Improvement Proposal #110 (BIP-110) est une proposition de soft fork visant à limiter l’inscription de données non monétaires dans la blockchain Bitcoin, notamment via l’instruction OP_RETURN. Ce débat oppose les partisans de Knots, qui souhaitent une blockchain épurée, aux défenseurs de Bitcoin Core, qui privilégient la neutralité des règles. L’échec de son activation a exacerbé les tensions au sein de la communauté.

Un changement du Proof of Work rendrait les machines spécialisées (ASIC) inutilisables sur le réseau BIP-110, permettant à des mineurs utilisant des processeurs ou des cartes graphiques classiques de reprendre le contrôle. Cela pourrait réduire la centralisation du minage, dominée aujourd’hui par des acteurs industriels équipés d’ASIC, et modifier la répartition du hashrate.