Égypte : selon Euronews FR, les découvertes récentes gazières effectuées par Eni ont ravivé les espoirs d'une reprise de la production, mais les analystes jugent la pression sur les importations durable.
L'Égypte a enchaîné les grandes découvertes gazières ces deux derniers mois, culminant avec sa plus importante trouvaille dans le désert Occidental depuis quinze ans, alors que la guerre en Iran propulse la demande énergétique à des niveaux record et remet Le Caire en position de redevenir un grand hub d'exportation de gaz.
« Je pense que ces nouvelles découvertes aideront à atténuer les déséquilibres énergétiques dont souffre l'Égypte, mais elles ne devraient pas changer fondamentalement la donne », a déclaré Bill Farren-Price, responsable de la recherche gazière à l'Oxford Institute for Energy Studies.
Ce qu'il faut retenir
- L'Égypte a enchaîné les grandes découvertes gazières ces deux derniers mois.
- La plus importante trouvaille a eu lieu dans le désert Occidental depuis quinze ans.
- Les découvertes ont ravivé les espoirs d'une reprise de la production.
Les découvertes gazières
En avril, Eni et BP ont dévoilé Denise West, un gisement offshore en Méditerranée estimé à environ 2 000 milliards de pieds cubes de gaz.
« Avec 2 000 milliards de pieds cubes de gaz en place, Denise West est la plus grande découverte gazière réalisée en Égypte depuis Nargis, découverte par Chevron en 2023 », a expliqué Martijn Murphy, analyste principal pour l'amont en Afrique du Nord chez Wood Mackenzie.
Début mai s'est ajoutée la découverte de Nidoco N‑2, dans la zone de West Abu Madi, dans le delta du Nil, exploitée par Eni et BP via leur coentreprise Petrobel, qui devrait apporter quelque 50 millions de pieds cubes par jour.
Plus tard en mai, Agiba Petroleum, coentreprise entre Eni et la compagnie publique égyptienne EGPC, a annoncé la découverte de South Bostan‑1X dans le désert Occidental, avec des premières estimations de 330 milliards de pieds cubes de gaz, 10 millions de barils de condensats et de brut, et des réserves totales d'environ 70 millions de barils équivalent pétrole.
Le regain de dynamisme dans le forage
Les trois gisements se trouvent à proximité d'infrastructures déjà en place, un facteur jugé déterminant par les analystes pour les mettre en production rapidement et à moindre coût.
Pris ensemble, ils témoignent d'un regain de dynamisme dans le forage après des années de baisse de la production locale et de pressions croissantes des importations d'énergie sur les réserves de change de l'Égypte.
La question des exportations
Les analystes estiment que les ambitions de l'Égypte en matière d'exportation de GNL ne reposeront pas uniquement sur ses découvertes nationales.
Le Caire continue de se positionner comme un hub régional du gaz, avec des flux potentiels en provenance d'Israël et de Chypre alimentant ses infrastructures et ses usines de GNL.
Et maintenant ?
La question la plus intéressante sera de voir si le gaz chypriote et israélien peut contribuer à rétablir la confiance dans les exportations égyptiennes de GNL à moyen terme.
Il faudra d'abord satisfaire la demande intérieure pour que l'Égypte réalise ces ambitions.
Conclusion
Les découvertes gazières récentes en Égypte ont ravivé les espoirs d'une reprise de la production, mais les difficultés à couvrir la demande intérieure restent. Il faudra attendre les résultats des futures découvertes et des investissements pour savoir si l'Égypte pourra redevenir un grand hub d'exportation de gaz.