Selon Le Figaro, le Panama et le Salvador ont déclaré mardi 26 août 2026 l’état d’alerte maximal face au phénomène climatique El Niño, dont les effets se font déjà sentir sur les infrastructures et les ressources naturelles. Cet épisode, considéré comme particulièrement intense par les experts, s’ajoute aux conséquences du réchauffement climatique et pourrait, selon les projections, faire de 2027 l’année la plus chaude jamais enregistrée.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Panama et le Salvador ont instauré l’état d’urgence en raison d’El Niño, un phénomène naturel aggravé par le changement climatique.
  • Le trafic du canal de Panama sera réduit de 36 à 32 transits par jour d’ici mi-septembre, en raison du manque d’eau.
  • Au Salvador, une sécheresse généralisée a entraîné des pertes agricoles estimées à 20 % pour la première récolte de céréales.
  • Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur une hausse de l’insécurité alimentaire en Amérique centrale.
  • Le phénomène El Niño provoque des extrêmes climatiques, avec des zones plus sèches et d’autres plus humides.

El Niño, un phénomène naturel aggravé par le climat

El Niño est un cycle climatique naturel qui se produit tous les deux à sept ans, marqué par un réchauffement des eaux de surface dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial. Ce phénomène perturbe les régimes de précipitations et de températures à l’échelle mondiale. Selon les scientifiques, son intensité actuelle, couplée au réchauffement climatique d’origine humaine, pourrait amplifier les extrêmes météorologiques. D’après Le Figaro, cette combinaison risque de rendre 2027 « l’année la plus chaude jamais enregistrée ».

Au Panama, où le canal reliant les océans Atlantique et Pacifique est un axe majeur du commerce maritime, les autorités tentent de limiter les conséquences de la sécheresse. Depuis plusieurs mois, le niveau des eaux baisse, réduisant la capacité de transit des navires. La semaine dernière, l’Autorité du canal de Panama a annoncé une baisse progressive du trafic, passant de 36 à 34 transits quotidiens dès le 3 septembre, puis à 32 à partir de mi-septembre. Ce canal, long de 80 kilomètres, voit transiter 5 % du commerce maritime mondial, ce qui en fait un enjeu stratégique pour l’économie mondiale.

Le Salvador en alerte rouge face à la sécheresse

Le Salvador, situé en partie dans le « couloir sec » d’Amérique centrale, est particulièrement vulnérable aux effets d’El Niño. Les autorités ont déclaré une « alerte rouge » mardi, en raison d’une sécheresse météorologique et agricole généralisée. Selon la Protection civile salvadorienne, 14 records de température ont été battus en août, et les ressources en eau s’amenuisent rapidement. Les récoltes de céréales de base, comme le maïs, devraient subir une perte d’environ 20 % cette année, selon l’Association de la Chambre salvadorienne des petits et moyens producteurs agricoles.

Le gouvernement salvadorien a déjà mis en place des mesures d’urgence, comme la distribution d’aide alimentaire aux agriculteurs touchés et le renforcement de la surveillance épidémiologique. Près de 80 % du territoire a été placé en état d’alerte, et les autorités surveillent de près les localités en situation de crise. Le Honduras voisin, notamment dans ses régions sud et ouest, subit également des pertes importantes pour les cultures de maïs et de haricots, aggravant la situation alimentaire dans la région.

Un impact régional aux conséquences humanitaires

Les répercussions d’El Niño ne se limitent pas au Panama et au Salvador. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Amérique centrale pourrait être « probablement la région la plus touchée » en termes d’augmentation de l’insécurité alimentaire. Le phénomène touche une vaste zone géographique, du Mexique au nord du Brésil, en passant par les rives du Pacifique et le plateau des Guyanes. D’après les données du programme Copernicus, reprises par l’AFP, environ 110 millions de personnes ont vécu le mois de juillet 2026 le plus chaud jamais enregistré dans cette région.

Cette crise survient dans un contexte où les températures moyennes mondiales sont déjà en hausse, en raison du changement climatique. Les scientifiques soulignent que les épisodes d’El Niño pourraient devenir plus fréquents et plus intenses à l’avenir, ce qui exacerberait les risques de pénuries alimentaires, de conflits pour l’accès à l’eau et de migrations forcées. Les autorités locales et internationales appellent à une préparation accrue pour limiter l’impact humanitaire de cette crise climatique.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’ampleur des dégâts causés par El Niño en Amérique centrale. Les autorités panaméennes et salvadoriennes devraient renforcer les mesures de restriction d’eau et d’aide aux populations affectées. D’ici la fin septembre, le trafic du canal de Panama devrait atteindre son niveau minimal, avec 32 transits par jour, ce qui pourrait perturber davantage les chaînes d’approvisionnement mondiales. Reste à voir si les prévisions des météorologues, annonçant un phénomène El Niño parmi les plus puissants des dernières décennies, se confirmeront et aggraveront encore la situation.

Cette crise rappelle l’urgence d’adapter les infrastructures et les politiques agricoles aux changements climatiques. Les pays d’Amérique centrale, déjà fragilisés par des décennies de vulnérabilité économique, pourraient être contraints de revoir leurs stratégies de résilience pour faire face à des épisodes climatiques de plus en plus violents. Pour les populations locales, l’enjeu est double : survivre à l’immédiateté de la sécheresse tout en préparant des solutions durables pour les années à venir.

Le canal de Panama dépend du lac Gatún, dont le niveau d’eau baisse en période de sécheresse. Or, El Niño réduit les précipitations dans la région, limitant l’alimentation en eau du lac. Sans un niveau suffisant, les navires ne peuvent plus circuler normalement, ce qui oblige à réduire le trafic pour éviter les échouages.