Le patron de Tesla et SpaceX, Elon Musk, a fait une prédiction audacieuse lors d’un entretien avec la rédactrice en chef de The Economist, Zanny Minton Beddoes, dans la Gigafactory texane du groupe. Selon lui, « l’argent n’aura plus d’importance en 2036 », une affirmation qui repose sur l’hypothèse d’une production massive de biens et services par l’intelligence artificielle et la robotique.

Ce qu’il faut retenir

  • Elon Musk a déclaré que l’argent perdrait toute utilité d’ici 2036, selon un entretien accordé à Zanny Minton Beddoes de The Economist.
  • Cette prédiction s’appuie sur l’idée que l’IA et les robots pourraient générer une abondance de biens et services, rendant la monnaie superflue.
  • Musk évoque un modèle économique où les gouvernements financeraient directement les citoyens, évitant ainsi l’inflation grâce à une production accrue.
  • Certains observateurs contestent cette vision, soulignant que certaines ressources resteront limitées, comme l’immobilier ou les œuvres d’art.

Cette déclaration, faite le 25 juillet 2026, s’inscrit dans un débat croissant sur l’impact de l’IA sur l’économie mondiale. Musk a expliqué que la valeur de l’argent dépend de l’accès aux biens et services, mais que cette logique serait bouleversée si les machines produisaient davantage que ce que les humains peuvent consommer. « Si tout cela est si abondant, à quoi vous sert l’argent ? », a-t-il lancé, interrogeant la pertinence de la monnaie dans un monde où les besoins matériels seraient automatiquement comblés.

Pour Musk, cette transition vers une économie de l’abondance pourrait aussi entraîner une déflation structurelle plutôt qu’une inflation. Selon son raisonnement, si la production de biens et services explose grâce à l’IA, les gouvernements pourraient augmenter la masse monétaire sans risque inflationniste, à condition que cette création reste inférieure à la croissance de l’offre. « L’inflation est simplement le rapport entre la quantité de monnaie et les biens disponibles », a-t-il précisé. « Si la production augmente plus vite que la masse monétaire, vous obtenez en réalité de la déflation. »

« La déflation, et non l’inflation, pourrait devenir le vrai défi économique des prochaines années. »
— Elon Musk, lors de son entretien avec The Economist

Interrogé sur les risques politiques d’une telle mutation, Musk a évoqué la possibilité pour les États de financer directement les citoyens, par exemple via des paiements issus du Trésor américain. Cette idée s’inscrit dans un contexte où l’automatisation massive soulève des questions sur le rôle du travail, la redistribution des richesses et l’avenir de la monnaie. Cependant, Musk a reconnu son ambivalence face à cette évolution, oscillant entre excitation et inquiétude au quotidien.

Ses propos interviennent alors que l’IA générative et la robotique progressent à un rythme soutenu. Musk a d’ailleurs estimé que l’intelligence artificielle pourrait dépasser l’intelligence combinée de l’humanité d’ici cinq ans, une perspective qui alimente les débats sur les implications sociales et économiques de ces technologies. Pourtant, malgré cette vision futuriste, il n’a pas évoqué le rôle potentiel des cryptomonnaies, comme le Bitcoin, dans ce monde post-monétaire, alors même que sa fortune a atteint près de 1 000 milliards de dollars après l’introduction en Bourse record de SpaceX.

Cette prédiction n’a pas manqué de susciter des critiques. Plusieurs économistes soulignent que certaines ressources resteront intrinsèquement limitées, comme les biens immobiliers rares, les œuvres d’art uniques ou les places de concert en première rangée. Dans ces cas, l’argent conserverait son rôle d’arbitrage entre des demandes concurrentes, rendant sa disparition totale improbable. « Il est peu probable que l’argent disparaisse entièrement, car il servira toujours à allouer des ressources rares », a commenté un analyste interrogé par The Economist.

Cette vision radicale s’inscrit dans un débat plus large sur la valeur du travail et de la monnaie à l’ère de l’IA. Alors que les progrès technologiques remettent en cause les modèles économiques traditionnels, la question de la redistribution des richesses et de la gestion des ressources devient centrale. Musk, dont les entreprises sont à la pointe de l’innovation technologique, incarne cette remise en question, même s’il admet que les bouleversements politiques pourraient être « explosifs ».

Et maintenant ?

Cette prédiction soulève plusieurs interrogations sur les prochaines étapes. Si l’IA et la robotique atteignent un niveau de production suffisant d’ici 2036, les États devront probablement adapter leurs politiques monétaires et sociales pour éviter des crises économiques ou sociales. La transition vers une économie de l’abondance pourrait aussi accélérer les débats sur le revenu universel ou la taxation des robots, mais aucune mesure concrète n’est encore prévue à ce stade. Reste à voir si les gouvernements sauront anticiper ces changements ou s’ils réagiront a posteriori.

Cette déclaration d’Elon Musk intervient dans un contexte où les technologies d’IA et de robotique redéfinissent les frontières de la production et du travail. Si sa prédiction se concrétisait, elle marquerait une rupture majeure avec les systèmes économiques actuels, mais elle soulève autant de promesses que de défis. Une chose est sûre : le débat sur l’avenir de la monnaie et de la valeur du travail ne fait que commencer.

Selon Musk, l’IA et la robotique pourraient produire une telle abondance de biens et services que l’argent, dont la valeur dépend de l’accès à ces ressources, deviendrait superflu. Il évoque un modèle où les gouvernements financeraient directement les citoyens pour éviter les déséquilibres économiques.

Les détracteurs soulignent que certaines ressources resteront limitées, comme l’immobilier ou les œuvres d’art, ce qui rendrait l’argent indispensable pour arbitrer les demandes concurrentes. De plus, une création monétaire massive pourrait, selon eux, entraîner des déséquilibres économiques si elle n’est pas maîtrisée.