Pour la neuvième édition du sommet Choose France, organisé ce lundi 1er juin 2026 à Versailles, le président Emmanuel Macron réunira des dizaines de dirigeants d’entreprises étrangères venus annoncer des investissements dans l’Hexagone. Un rendez-vous économique majeur, selon l’Élysée, qui promet d’afficher un montant total d’engagements « record ». Pourtant, derrière les annonces médiatiques se cachent deux années de stagnation pour l’industrie française, un secteur en quête de souffle.
D’après Le Monde – Politique, cette édition 2026 du forum annuel se tiendra dans les salons du château de Versailles, symbole de l’attractivité économique que la France cherche à incarner. Des patrons de multinationales, notamment américaines, allemandes et asiatiques, sont attendus pour officialiser des projets d’implantation ou d’expansion sur le territoire. L’Élysée évoque déjà un volume d’investissements « historique », sans préciser de chiffres exacts pour l’instant.
Ce qu'il faut retenir
- Pour la 9ᵉ édition du sommet Choose France, organisé le 1er juin 2026 à Versailles, des dirigeants d’entreprises étrangères annonceront des investissements en France.
- L’Élysée qualifie le montant total des projets de « record », sans donner de chiffre précis.
- Malgré les annonces, le secteur industriel français traverse une période de difficultés depuis deux ans.
Un sommet sous le signe de l’attractivité économique
Lancé en 2018, le sommet Choose France a pour ambition de positionner la France comme une destination privilégiée pour les investissements étrangers. Chaque année, le gouvernement mise sur cet événement pour mettre en avant sa politique économique et attirer des capitaux dans des secteurs variés : technologie, énergie, santé ou encore industrie. Cette année, l’accent sera mis sur les projets liés à la transition écologique et à la souveraineté industrielle, deux priorités affichées par l’exécutif.
« Ce sommet est l’occasion de montrer que la France reste un pays ouvert et attractif, malgré un contexte international complexe », a souligné un conseiller de l’Élysée. Les entreprises invitées, principalement des grands groupes, devraient confirmer des investissements dans des usines, des centres de recherche ou des plateformes logistiques.
La réindustrialisation française en perte de vitesse
Si l’Élysée met en avant les succès du sommet, la réalité industrielle française contraste avec ces annonces. Depuis 2024, le secteur manufacturier traverse une phase de ralentissement, avec des fermetures d’usines, des délocalisations partielles et une concurrence accrue des pays à bas coûts. Les chiffres de l’Insee et de la Banque de France montrent une baisse de 1,2 % de la production industrielle en 2025, après une stagnation en 2024.
Les raisons sont multiples : coût de l’énergie, complexité administrative, manque de main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs, ou encore concurrence déloyale de pays comme la Chine ou certains États membres de l’UE. « La réindustrialisation reste un défi majeur, et les résultats ne sont pas encore au rendez-vous », a reconnu un proche du ministre de l’Économie.
Des promesses qui peinent à se concrétiser
Malgré les discours, les projets concrets se font attendre. Parmi les annonces attendues lors de ce sommet, peu concernent des créations d’emplois massives ou des relocalisations complètes. La plupart des investissements évoqués portent sur des extensions d’activités existantes ou des partenariats technologiques. Un dirigeant du Medef a d’ailleurs tempéré l’enthousiasme officiel : « On parle beaucoup d’attractivité, mais les entreprises attendent des signaux forts : simplification des normes, baisse des impôts de production, et surtout une stabilité réglementaire. »
Les observateurs soulignent également le paradoxe français : un pays qui mise sur l’innovation et la transition verte, mais dont les usines peinent à redémarrer. Le secteur automobile, par exemple, voit ses parts de marché reculer en Europe, tandis que les gigafactories de batteries électriques se font encore rares sur le territoire.
Pour l’heure, le sommet de Versailles servira surtout à entretenir l’image d’une France dynamique, même si les faits peinent parfois à suivre. Autant dire que l’enjeu dépasse largement la simple communication politique.
Le sommet Choose France vise à attirer des investissements étrangers en France et à promouvoir l’attractivité économique du pays auprès des grands groupes internationaux. Il s’agit également de mettre en avant les secteurs porteurs comme la transition écologique, la santé ou les nouvelles technologies.